Les Faux Zodiaques de Denderah

Dans cette enquête, nous allons découvrir comment une œuvre peut être prise pour une autre à cause d’un manque certain de scrupule archéologique.

Tout le monde ou presque connaît le célèbre Zodiaque de Denderah, beaucoup d’entre vous, ont publié sur leur sites et blogs, des copies de cet artefact unique en son genre, et pourtant, ces copies ne sont aucunement fidèle à l’original que voici :

Vérifions pourquoi les copies qui circulent depuis deux siècles ne sont pas fiables.

Pour savoir si une copie est fiable, respectueuse de l’original, cette copie doit se superposer parfaitement sur l’original, pour se faire, il suffit de se concentrer sur un ou plusieurs personnages du zodiaque et de voir ce qui se passe :

( il vous suffit de cliquer sur chacune des animations pour la voir s’animer, si ce n’est pas déjà le cas ).

Commençons par la copie de MM. Jollois, ingénieur (1776-1842 ) et Devilliers, ingénieur (1780-1855) ayant fait partie de l’expédition d’Égypte :

On peut remarquer que les personnages ne sont pas précisément à leur place originale comme sur le zodiaque original de Denderah, vous avez sans doute observer au centre de cette animation comment l’hippopotame debout sur ses pattes arrières semble danser comme une « French cancan du Crazy Horse » par rapport à l’original.

Mais ce ne sont pas là les seules erreurs de leur copie, voici entouré en rouge, les endroits où l’on voit les autres erreurs :

Voici maintenant la copie de Dominique Vivant Denon dit le baron Denon, (1747 à 1825 ),  graveur, écrivain, diplomate et administrateur français :

Le Nombre d’erreurs du Baron Denon est encore plus conséquent que celui des ingénieurs Devilliers et Jollois. En effet, observez, entre autre, la minuscule taille du Bélier par rapport au bélier du zodiaque original. De plus, les personnages sont complètement décalés par rapport à l’original, même le cercle de l’artefact est plus grand que celui de l’original, bref, on ne peut vraiment pas se fier au travail de Denon.

Mais ce ne sont pas là les seules erreurs de sa copie, voici entouré en rouge, les endroits où l’on voit les autres erreurs :

Le Baron Denon, ex-directeur général du Musée du Louvre jusqu’en 1815, précise lui même :

« Je n’ai rien étudié, parce que cela m’eût ennuyé. Mais j’ai beaucoup observé, parce que cela m’amusait. Ce qui fait que ma vie a été remplie et que j’ai beaucoup joui. « …

Extrait de sa correspondance avec lady Morgan ( La France, 1817, tome II, pp. 307 ).

On ne pouvait donc pas s’attendre à un travail scrupuleux de la part d’un artiste jouisseur comme Denon.

Voici la copie de Jean-Baptiste Biot (1774-1862), physicien, astronome et mathématicien français :

Sur celle de M.Biot, nous remarquons qu’il y a moins d’erreurs bien que certains personnages sont aussi décalés par rapport à l’original et que la tête des personnages est à peine esquissée en comparaison avec le zodiaque original.

Mais ce ne sont pas là les seules erreurs de sa copie, voici entouré en rouge, les endroits où l’on voit d’autres erreurs :

La différence avec la copie de MM. Jollois et Devilliers ainsi que celle Denon, est que M.Biot a réalisé sa copie à Paris en 1821, contrairement aux premiers qui eux, durent se faire un sacré torticolis en observant le zodiaque toujours fixé au plafond de la Chapelle d’Osiris, éclairé par des torches.
Voici maintenant la « reproduction » en marbre de Jean-Jacques Castex ( 1731 à 1822 ), sculpteur français :

Si on observe bien cette copie en marbre, on se rend très vite compte, que le style égyptien a disparu et qu’il a été remplacé par un style romain sans doute due au trait académique de J.J. Castex, mais ce qu’on ignore sans doute, c’est que ce sculpteur ne s’est jamais basé sur le Zodiaque original comme l’ont fait les autres artistes, ingénieurs et savants de l’expédition, en effet, J.J.Castex s’est simplement basé sur la copie exécutées par MM. Jollois et Devilliers.

J.J. Castex fût malgré tout payé pour sa mauvaise copie, comme en témoigne cette notice :

18.000 frs de l’époque, ce qui représente une sacrée somme pour un travail aussi bâclé, car ce que l’on lui demanda, c’est de reproduire l’original non pas de se baser sur une copie qui déjà contenait des erreurs.

Mais ce qui est intéressant avec cette « copie » en marbre, c’est qu’on remarque bien qu’il n’est pas aussi facile de respecter la position et l’espace entre chaque personnage, ce qui augmente la valeur technique du véritable zodiaque de Denderah, objet unique en son genre, s’il en est.

La copie de Francois Chretien Gau (1790-1853 ), Architecte et illustrateur, est aussi une copie de celle de M.Biot, hélas M.Gau reprit donc les mêmes erreurs, il esquissa lui aussi les personnages comme si seul comptait pour lui de reproduire leurs emplacements sur le Zodiaque de Denderah  :

La copie de Charles de Hesse-Cassel ( 1744 à 1836 ) ( attention à ne pas confondre avec son homonyme Karl von Hessen-kassel qui lui est né en 1654  et mort en 1730) a aussi réalisé une reproduction très peu fidèle qui fût présentée dans son livre « La pierre zodiacale du temple de Dendérah  expliquée » publié par André Scidelin en 1824, à Copenhague, remarquez comme lui aussi a transformé la Constellation du Lièvre en « oiseau à huppe » :

Zodiaque Charles de Hesse-Cassel  1744 -1836

Nommer son livre avec un tel titre alors que sa copie contient plus de 30 d’erreurs sans parler des hiéroglyphes qui ne sont pas représentés fidèlement ni dans leur formes ni dans leurs significations…

Conclusion des copies du 19 ième Siècle :

Aucune des copies exécutées sous l’expédition de Napoléon Bonaparte, n’est fidèle à l’original du zodiaque de Denderah.

Mais le plus grave est que ni les archéologues ni les égyptologues, n’ont dénoncé ces erreurs ce qui ne les a pas empêché de proposer des théories, des thèses, des analyses aussi rocambolesques que fantaisistes en se basant uniquement sur ces mauvaises copies.

De fait, tous les ouvrages écrits sur le Zodiaque de Denderah ne peuvaient que contenir des erreurs aussi grossières que celles que l’on trouve sur les copies du 19 ième Siècle.

Les « Artistes » plus modernes du Zodiaque égyptien :

En ce qui concerne les artistes ou plutôt les simples coloristes des copies comme celles représentés ci-dessous :

ou ci-dessous :

On constate les mêmes erreurs de décalage, de distances négligées, que les personnages ne sont pas identiques, et certains personnages sont dénudés alors que sur l’original, ils ne le sont pas, bref, elles ne valent pas mieux que les copies du 19 ième Siècle et pour cause, elles s’inspirent des copies du 19e sièlce.

Conclusion  :

Ces copies pleines d’erreurs sont une véritable honte pour l’archéologie, car si l’un ou l’autre se permet de changer les détails d’une oeuvre originale, peut on encore prétendre qu’il s’agit d’une copie sérieuse et fidèle ?

C’est comme si, pour la Joconde de Léonard de Vinci, on prétendait que toutes les copies sont comparables à l’original :

Le Musée du Louvre serait scandalisé si on prétendait qu’il s’agit de la même.

Hélas, il n’en va pas de même pour le Zodiaque de Denderah qui vaut sans doute bien plus que la croûte de Léonard de Vinci, car contrairement au zodiaque de Denderah, la Joconde ne nous apprend rien.

Pourtant, on sait que l’archéologie emploie une méthode très simple pour obtenir une copie exacte d’une pièce originale, il s’agit du décalquage.

Il suffit de poser une feuille calque ou du papier à rouler les cigarettes sur un bas relief et de suivre scrupuleusement les traits originaux d’un bas-relief ou d’un dessin sur une paroi, de grotte par ex :

C’est la seule méthode qui permet d’obtenir une copie vraiment fidèle à l’original.

C’est précisément cette méthode que l’on peut aussi appeler « copie par superposition », que j’ai modestement utilisé pour la copie du zodiaque de Denderah, le résultat est que contrairement aux mauvaises copies citées dans cet article, les personnages de ma copie ne bougent pas du tout par rapport à l’original.

Une bonne copie doit seulement clignoter quand on la superpose sur l’original, c’est la seule garantie d’un travail de reproduction fiable :