Le Temple de Denderah revisité

« Dendérah ! Ce nom évoque chez tous ceux qui ont fait le pèlerinage classique de l’Égypte en felouque sur le Nil la première vision réelle de la beauté la plus pure et la plus antique qu’ils aient eue d’un temple égyptien ! »

Gaston Maspero, Égyptologue.

Dendérah est une des plus anciennes cités d’Egypte où serait inhumé un des morceaux du corps d’Osiris. Créée sous l’Ancien Empire, elle est la capitale du VIeme nome de la Haute-Egypte. A Dendérah où règne Hathor. Trois sanctuaires s’y dressent : de celui d’Ihi, fils d’Horus, il ne reste que la porte monumentale ; mais du temple d’Horus il ne reste pratiquement rien.

Seul le temple d’Hathor a traversé les siècles et laisse des vestiges assez importants et relativement bien conservés. Le temple est construit sous Khéops (Ancien Empire), et est restauré à diverses époques de l’antiquité, jusqu’à l’occupation romaine.

 

Présentation du Lieu :

L’ancien quai du temple de Hathor, dont la longueur atteint les 215 mètres, ainsi qu’une partie de la Route des béliers, reliait Dendera à Edfou. Les anciens Égyptiens croyaient que Hathor, épouse d’Horus, débarquait chaque année de son temple à Denderah vers celui de son époux à Edfou pendant la crue du Nil.

Avec la montée des eaux au moment de l’inondation, il devenait plus facile de réaliser ce parcours sacré qui durait 13 jours. Selon l’égyptologue Ayman Hendy, lors de ce cérémonial, les prêtres de Denderah embarquaient le naos de Hathor dans un petit bateau visant Edfou, dont les prêtres accueillaient le cortège divin. Ensuite, la déesse revenait avec des offrandes considérables. « Cette excursion est décrite sur les bas-reliefs du saint des saints au temple principal de Denderah », explique Ayman Wahby, professeur d’égyptologie à l’Université de Mansoura.

Autour du quai, ont été relevés des blocs composant des portails, ainsi que d’autres qui constituaient le parterre.

Toutes ces opérations de restauration et d’entretien depuis l’époque romaine offre au visiteur actuel une vue panoramique sur des bas-reliefs et des plafonds du complexe architectural qui se poursuivent jusqu’à présent.

Dans la salle hypostyle qui renferme 24 colonnes la restauration a fait apparaître les anciennes couleurs ainsi que les scènes et les inscriptions qui sont désormais claires. Elles représentent en fait l’évolution astronomique des astres et le mouvement du vent tout au long de l’année en Égypte ainsi que les constellations et les inscriptions de la divinité céleste, Nout.

La représentation astronomique sur ces murs est verticale, tandis qu’elle a pris dans le zodiaque une forme cylindrique dans le même temple. Actuellement, la moitié du plafond est visible comme à l’époque ancienne de l’Égypte, faisant apparaître la beauté des couleurs des habits des divinités :

Temple de tous les âges

Denderah fût restauré au fil des époques pharaonique, gréco-romaine et copte. Au sein de la salle hypostyle, une inscription explique que le temple avait été bâti au-dessus des vestiges datés de l’époque de Khéops et réorganisés au cours du règne de Pépi I, fondateur de la VIe dynastie. Aussi, Mentouhotep II, de la XIe dynastie, y avait construit une chapelle. De même, Thoutmosis III avait rebâti le temple et restauré les façades. D’ailleurs, les textes de certains blocs découverts toujours au temple principal marquent les ajouts des rois Amenhotep III, Ramsès II et Ramsès III du Nouvel Empire, et ce sans oublier le roi Shabaka de la XXVe dynastie.

Ces inscriptions témoignent de la participation de tous ces rois et de l’importance de cette région. Mais aucun bâtiment n’existe de l’époque pharaonique sauf le mammisi, ou la maison d’accouchement de la déesse Hathor, édifié par le roi Nectanebo I, fondateur de la XXXe dynastie. En effet, pendant la période de l’accouchement, Hathor devait demeurer au mammisi.

Le complexe de Denderah en comprend deux, un pharaonique tandis que le second est romain et édifié par Trajan. Ces édifices sont décorés de plusieurs scènes qui incarnent la naissance divine d’Ihi, fils de Hathor, avec la présence des divinités locales qui portent des habits en rouge, vert, blanc et en bleu.

Le temple de Denderah comprend des galeries souterraines qui étaient utilisées comme dépôts pour la conservation des trésors de Hathor. Ce sont en fait des habits coloriés des statues de la divinité Ihi, ainsi qu’une statue de faucon en or pur et bien d’autres.

Les enrichissements architecturaux ne s’arrêtent pas aux édifices pharaoniques. L’époque copte y est présente grâce à la basilique qui date du Ve siècle et dont les blocs ont été dérivés du petit temple d’Isis, l’un des temples que comprend le complexe de Dendera. Ainsi remarque-t-on sur les parois de l’église le faucon, signe d’Horus, ainsi que la croix qui ressemble au signe hiéroglyphique, l’Ankh.

Le temple de Denderah semble être la caverne dont les trésors et les secrets sont infinis.  Il faut aussi réétudier les divers blocs afin de reconstruire les différents éléments architecturaux. Reste encore certains éléments architecturaux à étudier afin de connaître leur vraie fonction. C’est l’exemple du sanatorium, dont les récentes découvertes témoignent qu’il est plutôt un atelier de teinture. Afin que Denderah livre tous ses secrets, il faudrait encore au moins un siècle de restauration même si celle-ci progresse assez rapidement comme on peut le constater :

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