Protégé : Copie intégrale du livre strictement personnelle réservée à Marc Hallet

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Le Nombre d’Or Egyptien

Nous savons que les mesures de la Grande Pyramide de Gizeh que l’on attribue à Khéops sont basées sur le Nombre d’Or, mais nous ignorons que le nombre d’or fût utilisé pour l’ensemble du plateau de Gizeh :

Que signifie le Nombre d’Or :

Pour les artistes, qu’ils soient peintres, sculpteurs, dessinateurs ou architectes, le nombre d’or est défini ainsi :

« Pour qu’un espace divisé en parties inégales apparaisse agréable et esthétique, il devra exister entre la plus petite et la plus grande partie la même relation qu’entre cette dernière et l’ensemble »

Euclide ( -325à -265 à Alexandrie), mathématicien de la Grèce antique, auteur des Éléments l’exprime par cette formule :

« Une droite est dite coupée en extrême et moyenne raison quand, comme elle est toute entière relativement au plus grand segment, ainsi est le plus grand relativement au plus petit ».

Pour obtenir le Nombre d’Or, il faut établir la formule suivante :

Soit un segment [AC] et un point B plus proche de C que de A. Alors B sépare le segment selon le nombre d’or lorsque AB/BC = AC/AB, et alors le nombre d’or est la valeur de ces rapports.

On dit que la première utilisation connue du nombre d’or est due au sculpteur grec Phidias (490 – 430 avant JC), qui a décoré le Parthénon.

Mais est il vraiment le premier quand on sait que les Pyramides sont bien plus ancienne que la naissance de Phidias.

Pour certains, le Nombre d’Or est une illusion que l’on pourrait aussi qualifier illusion d’optique.

Autour de nous, beaucoup de rapports s’en approchent, de nombreux artistes l’ont utilisé dans leur oeuvre. On ne peut donc pas nier que, esthétiquement parlant, ce nombre se distingue des autres.

Mais reproduire le Nombre d’Or sur une sculpture, en bas-relief s’avère plus difficile, en effet, on peut toujours gommer un dessin, si on a raté un trait, mais avec la pierre, une fois, qu’elle a été sculptée, il est impossible de parvenir à la précision du Nombre d’Or.

zodiaque-et-spirale

Pourtant, les créateurs du Zodiaque, nous démontre encore, que leur génie est sans limites, prenons la forme géométrique complète du nombre d’Or et superposons-la sur le Disque céleste en nous basant sur la spirale du Cancer :

Nous observons si on part précisément de la moitié du zodiaque dans sa verticalité que la boucle du Nombre d’Or vient se positionner entre les représentations du Cancer et du Lion, ce qui indique la date de la nuit du 21/22 Juin, soit le solstice d’Eté, continuons notre développement est rajoutons la forme géométrique du Nombre d’Or dans la seconde moitié mais à l’envers de la première, cette fois-ci :

Nous remarquons que les deux boucles sont décalées l’une par rapport à l’autre, et tant mieux, car ce décalage est nécessaire pour la suite du développement, notons que ce décalage exprime aussi celui qui s’opère lorsqu’on franchit l’équinoxe d’Automne, les jours deviennent plus courts, c’est à dire que la clarté du soleil vu de la Terre, diminue pour atteindre son point le plus bas au Solstice d’Hiver mais contrairement à la spirale du Cancer, le soleil à partir du Solstice d’Hiver va commencer à se déplacer dans une direction ascensionnelle, c’est à dire que les jours vont rallonger, que la clarté va augmentée.

Traçons une ligne d’une boucle à l’autre pour mieux observer ce phénomène :

Cette ligne bleue coupe le zodiaque précisément en deux, c’est à dire d’égale moitié, elle traverse le Capricorne ( Solstice d’Hiver ) et le Cancer ( Solstice d’Eté ), nous constatons que les créateurs du Zodiaque de Denderah se sont basés sur la trigonométrie pour sculpter le bas-relief des personnages, c’est à dire que ceux-ci n’ont pas été sculptés au hasard.

Continuons le développement avec le nombre d’or, car il faut écarter toute coïncidence, nous allons en tenant compte de la verticale du milieu, voir si le nombre d’or se répète :

Nous observons que le Nombre d’Or, non seulement se répète bien mais qu’il continue d’indiquer la région du Cancer et du Lion, voyons si le Nombre d’Or se répète encore :

Nous observons que le Nombre d’Or se trouve par 3 fois indiqué sur le Zodiaque, tout hasard ou toute coïncidence est donc exclue, les créateurs du Zodiaque de Denderah ont donc réalisé avant de commencer à sculpter le bas-relief, un plan géométrique se basant sur le Nombre d’Or, ce qui démontre déjà que les Grecs ne sont pas les seuls à s’être servi de la trigonométrie.

Les Anciens Égyptiens se sont surpassés vis à vis des Grecs, puisque l’Ancienne Egypte s’est servie de la trigonométrie dans un contexte astronomique, ce qui pour l’époque Antique est unique, car nous étions habitués à l’utilisation du Nombre d’Or principalement dans un contexte architectural comme en témoigne les Pyramides et le Parthénon.

Continuons notre analyse et voyons si nous pouvons découvrir autre chose, car vous aurez remarqué que la forme du Nombre d’Or des deux côtés du Zodiaque, évoque un symbole que nous connaissons tous mais pour mieux, remarquer ce symbole, il nous faut rajouter un cercle de chaque côté et changer de couleur :

Nous obtenons le hiéroglyphe ou symbole du Signe du Cancer, mais certains nous dirons, ce symbole est à l’envers, ils ont raison de le préciser, mais ce sens est le résultat d’une lecture verticale, alors que le Zodiaque a une lecture circulaire, cela signifie que les hiéroglyphes astrologiques et astronomiques sont tous tournés vers le centre du zodiaque comme le sont les personnages du zodiaque de Denderah, superposons un zodiaque des 12 Signes/ Constellations afin de mieux observer l’explication :

Nous remarquons que les deux moitiés formant chacune la forme géométrique du Nombre d’Or forment en réalité le hiéroglyphe du Signe du Cancer comme nous l’observons sur le petit Zodiaque superposé.

Si nous traçons à nouveau une ligne bleue reliant les deux boucles du Nombre d’Or, nous observons qu’elle traverse aussi le Signe/Constellation du Cancer et le Signe/Constellation du Capricorne, nous remarquons que pour se faire, les créateurs du Zodiaque ont tenu en compte la Précession des Équinoxes qui a décalé de quelques degrés, mais cette ligne bleu coupe toujours parfaitement en deux moitiés égales le zodiaque de Denderah :

Si la ligne Bleue coupe le Capricorne presque vers la fin de celui-ci, c’est parce que le Nouvel an se fête aux environs du 19 Juillet, de fait, il est logique que la ligne bleue soit plus proche du Verseau car le Verseau est l’opposé du Lion, le Signe du Lion qui apparaît le 23 Juillet suit bien le Cancer.

Afin de mieux observer le cercle formé par le Nombre d’Or du Solstice d’Eté et du Nouvel An Égyptien, agrandissons cette partie du Zodiaque et nommons chaque personnage par le nom actuel de la constellation qu’il représente :

Voici la même configuration mais avec la version du logiciel d’astronomie Stellarium :

Les Constellations sont identiques et aux mêmes places, ainsi, la spirale du Cancer et le Nombre d’Or du Zodiaque insiste bien sur un seul sens de lecture.

Pour obtenir la forme géométrique du Nombre d’Or, nous avons du nous baser sur un seul sens du Zodiaque de Denderah, celui où le Cancer doit être à l’Est, c’est à dire à droite, avec les pinces vers le bas.

Pourtant le Musée du Louvre transmet ces explications en se basant sur le sens contraire vertical et horizontale comme en témoigne le panneau explicatif du Zodiaque Égyptien exposé.

Pour en savoir plus sur la Geométrie Egyptienne, cliquez sur la vidéo ci-dessous )

Pour découvrir le Zodiaque de denderah encore plus en détails, cliquez sur la couverture du livre ci-dessous :

Khépri est il réellement le Signe du Cancer ?

Selon le livre : « LE FABULEUX HERITAGE DE L’EGYPTE ANCIENNE » de Christiane Desroches Noblecourt ( inspecteur général des musées de France, conservateur en chef du Département des Antiquités égyptiennes au musée du Louvre et professeur d’épigraphie, puis d’archéologie égyptienne à l’École du Louvre, on peut lire :  » Le cancer qui est à l’origine le scarabée kheper, symbole du milieu de l’année à la période la plus chaude, l’éclosion des petits du bousier contenu dans la boule d’excréments qu’il pousse est en lien avec l’éclosion de l’astre solaire, le retour à la vie d’Osiris. »

Malgré que l’Egypte Antique doit beaucoup à cette illustre egyptologue, analysons ensemble ce qu’il en est du dieu Khépri et sa relation éventuelle avec le Signe du Cancer :

Khépri et le Cancer :

Khépri vient de kheperer qui signifie scarabée , et du verbe kheper « venir de ou à l’existence ».

Le dieu qui le représente est soit indiqué sous la forme d’un scarabée ou soit par homme dont la tête est coiffée d’un scarabée ou dont le visage est remplacé par un scarabée.

Mais on connaît aussi des scarabées à tête humaine, à tête de bélier ou de faucon.

kepri visage humain

Aucun attribut particulier ne lui est dévolu en dehors des traditionnels sceptre ouas et croix de vie ânkh.

Ses animaux sacrés sont le scarabée, mais aussi le bélier en raison de son lien avec Atoum.

Ses éléments sont la terre, l’eau et le feu et sa couleur est le noir, dans ses nuances métal (comme celles des scarabées).

On connaît Khépri depuis au moins la 5ème dynastie (2494-2345 av J-C) grâce aux  Textes des Pyramides, où l’on ordonne au soleil d’apparaître sous la forme de Khepri.

Selon les époques et les lieux, il prit de l’importance pour ensuite être assimilé à d’autres dieux, c’est la représentation matinale du dieu-soleil.

Khépri renaît tous les matins avant de devenir Rê, le soleil à son zénith puis Atoum lors du coucher du soleil, ce sont les représentation du cycle du soleil incarné par Amon.

L’astre grandissait d’heure en heure; parvenu à son Zénith, pouvait alors être associé à un taureau ou un homme dans sa force, il était Rê, la gloire de midi.

Le soir, sa stature s’affaiblissait, jusqu’à atteindre la posture courbée du vieillard, appuyé sur son bâton : on l’appelait alors Atoum de la racine verbale « ITEM » : « Parvenir à son terme ». Le nom d’Atoum décrivait verbalement la fin du cycle diurne du Soleil.

La boule d’excréments était considérée comme le symbole du soleil que le scarabée pousse devant lui.

Ainsi fut consacré le dieu Khepri-Rê-Atoum, dieu « trois en un » qui résume en sa personne les trois moments essentiels de la vie de l’astre du jour.

Khépri est représenté comme un dieu autogène, qui est venu au monde de lui même, le voici sculpté et visible dans le temple de Karnak :

Malgré l’importance du culte du scarabée, Khépri n’est pas le seul dieu à être assimilé à ce coléoptère, en effet, la déesse Iousaas ( ou Iousâas ou Ioussas ou Iusaas ) est aussi représentée avec un scarabée sur la tête ou une tête de scarabée symbole de renaissance éternelle comme le dieu Khépri :

La voici représentée ci-dessous sous la forme d’une femme à part entière dans le temple de Sethi à Abydos, dans l’un des 7 sanctuaires :

Son iconographie est aussi proche de celle d’Hathor, c’est-à-dire une femme, la tête surmontée des cornes lyriformes enserrant le disque solaire.

Iousaas se traduit de plusieurs manières :  » Elle est (ou elle vient) quand elle est déjà grande » ou encore  » Quand elle vient, elle est déjà grande ».

Elle est nommée aussi « Main du dieu », titre qu’elle partage avec Hathor pour avoir stimulé le démiurge Atoum lors de la création, en l’incitant à se masturber et ainsi faire apparaître le premier couple divin, Shou et Tefnout).

Son culte très ancien fut rendu à Héliopolis et elle est aussi citée dans les Textes des Pyramides.

Iousâas était considérée à Dendérah comme une manifestation d’Hathor.

A l’époque Ptolémaïque, on trouvait de nombreux bijoux et amulettes représentant un scarabée, pourtant, si le zodiaque de Denderah date de la période des Lagides, aucun scarabée ne figure dessus.

Si le scarabée peut être à la fois le dieu Khépri ou la déesse Iousaas, il n’est certainement pas un crabe, pourtant c’est bien un crustacé qui est représenté entre le Lion et le Gémeaux sur le Zodiaque de Denderah.

Le Crabe Egyptien :

Affirmer que les Anciens Égyptiens se sont servis du scarabée Khépri pour illustrer le Crabe ou inversement, est aller trop vite en besogne, car évidemment ils savaient distinguer ces deux espèces comme en témoigne la maîtrise anatomique du bestiaire égyptien, mais découvrons ensemble, le crabe du Zodiaque de Denderah.

Si on observe bien la constellation du Cancer sur le Zodiaque de Denderah, on constate que ce crustacé à été sculpté à l’envers, c’est à dire que l’on voit son ventre et non pas sa carapace.

En effet, si on observe les pattes d’un crabe réel, elles sont en général tournées vers l’arrière :

Mais le Crabe du Zodiaque de Denderah a les pattes tournées vers l’avant, pourquoi ?

Parce que le crabe du zodiaque egyptien est sur le dos contrairement à tous les autres personnages :

Le crabe retourné du zodiaque est évidemment voulu, car astronomiquement, il faut savoir que quand le soleil est visible et entre dans la constellation du Cancer, l’astre solaire commence à se déplacer à « reculons » , en effet, lorsque le solstice d’été est franchi, le soleil vu de la Terre, cesse de monter ainsi les jours perdent en clarté, c’est à dire, que la durée de la lumière diminue progressivement.

On peut se demander pourquoi les Anciens Egyptiens ont représenté un crabe avec une carapace ronde, en effet la plupart des crabes ont une carapace dont la forme n’est pas forcément circulaire, sauf pour le crabe potamon niloticus, qui vit comme son nom l’indique dans le Nil :

Le crabe Potamon Niloticus a bien une carapace de forme ronde contrairement aux autres espèces de crabes.

Certes, le Potamon Niloticus a des pattes plus longues que celui du zodiaque, mais nous nous servons du Potamon Niloticus à titre d’exemple, non pas en affirmant qu’il s’agit des mêmes crabes.

D’autant que les espèces apparaissent et disparaissent, mais ne confondons pas Astronomie et Zoologie, il ne s’agissait pas pour le créateur du zodiaque de reproduire précisément un crabe, mais de se baser sur la forme de la constellation du Cancer qui évoque seulement un crustacé.

Il se peut aussi qu’il s’agisse d’une araignée de mer ou crabe araignée dont visiblement cette espèce a toutes les pattes tournées vers l’avant et la carapace presque ronde :

Araignée ou crabe araignée

N’écartons pas le fait que le zodiaque a subit une usure du temps et de son nettoyage, il est donc fort probable que certains détails du zodiaque ont disparu ou en tout cas se sont « homogénéiser » à cause du grès dont est constitué le zodiaque.

Une dernière précision, est ce que le sculpteur s’est servi d’un crabe mort ou vivant comme inspiration ? Cela expliquerait pourquoi les pattes du crabe du zodiaque a les pattes tournées dans le même sens…

Khépri est il aussi un crabe ?

Comparativement aux autres zodiaque Égyptiens, notamment ceux d’Esna de l’époque Ptolémaïque, on constate que le crabe tel que sculpté sur le zodiaque de Denderah n’y apparaît pas, il faut s’aider du Lion et des Gémeaux pour situer le crabe nommé Cancer :

Ce qu’on y voit ressemble plutôt à une sorte de scarabée mais ce n’est pas là la seule bizarrerie, car si ce drôle animal que l’on identifie à Khépri représente le crabe du zodiaque, il devrait se trouver derrière le Lion et non devant le félin.

En effet, l’ordre immuable de l’Écliptique ou du Zodiaque est toujours le même, il commence avec le Bélier suivi du Taureau, suivi des Gémeaux et ensuite du Cancer précédant le Lion qui lui précède la Vierge.

Mais étrangement nous observons sur ce détail provenant du plafond du Temple d’Esna, que les gémeaux sont suivis directement par le Lion et non pas par le Cancer.

Ce que donc nous prenons pour la Constellation du Cancer égyptien est en un avatar du Soleil en association avec le Lion, le scarabée étant comme l’avons vu, un symbole solaire.

Mais comment expliquer dans ce cas, que sur ces deux zodiaques datant de la même dynastie, celle des Ptolémée, sur l’un on y voit un crabe et sur l’autre un scarabée ?

Seul le Zodiaque circulaire de Denderah nous montre un véritable crabe en rapport avec le Cancer, si les Anciens Égyptiens ont représenté l’un et l’autre, c’est qu’il y a forcément une différence entre eux :

Voici la liste de tous les Zodiaques que l’on a découvert en Egypte, afin de comparer les anatomies entre elles :

On constate bien qu’aucun scarabée ne se ressemble complètement, pourtant nous avons vu que les Anciens Egyptiens savaient représenter à la perfection le scarabée comme on a pu en juger sur le corps du dieu Khépri mi homme-mi scarabée mais aussi sur d’autres sculptures et bas-reliefs.

Mais il est vrai qu’on pourrait supposer qu’il y a une sorte de superposition entre le scarabée et le crabe, notamment en ce qui concerne les pinces mais c’est là un détail très mince…

Le Zodiaque de Denderah est non seulement un vestige unique parce qu’il est circulaire, mais il l’est aussi, parce que c’est le seul zodiaque égyptien qui arbore un crabe pour illustrer la Constellation du Cancer.

Mais alors pourquoi, le Zodiaque de Denderah est il le seul Zodiaque a arboré un vrai crabe ?

Certains diront :  » Parce que le Zodiaque de Denderah a été sculpté plus tard » mais on peut leur répondre que tous les Zodiaques que nous connaissons datent d’avant l’invasion romaine en Egypte.

D’autres nous diront : « C’est parce que le Zodiaque de Denderah est basé sur l’astronomie et l’astrologie Mésopotamienne !  »

Mais on peut leur répondre que l’on a jamais retrouvé d’artefact mésopotamien représentant le Cancer sous forme de crabe, qui d’ailleurs ne connaissaient même pas la constellation de la Balance.

D’autant que certains disent que c’est la tortue qui qui ferait office de Crabe en Mésopotamie, c’est une théorie mais non une certitude car la Tortue est sensée aussi représentée  la Constellation de la Lyre, voyons voir ci-dessous sur ces artefact mésopotamiens, si nous pouvons observer un crabe :

On voit bien, une tortue au-dessus d’un scorpion mais si celle-ci est sensée représenter le Crabe, elle ne devrait pas se retrouver dans le voisinage du Scorpion, car nous savons que le Cancer symbolise le Soleil du solstice d’été, alors que le Scorpion, lui symbolise la fin de l’automne, par contre, si nous retenons que la Tortue représente la constellation de la Lyre, celle-ci se trouve bien dans le voisinage du Scorpion.

D’autres encore nous diront : « C’est grâce aux grecs qui ont partagé leur culture !  » mais les Grecs sont sensés avoir empruntés leur savoir aux Anciens Égyptiens et aux Mésopotamiens ( y compris la Chaldée ), on pourrait aussi rajouter que si le Zodiaque de Denderah était un mélange de plusieurs cultures, pourquoi arbore t’il uniquement des personnages egyptiens et qui plus est, des personnages remontant à une époque précédant celle de la Dynastie des Ptolémées ?

Si le Zodiaque de Denderah est aussi récent que le prétend le Musée du Louvre, pourquoi est ce un crabe et non pas un scarabée qui est représenté sur le zodiaque circulaire alors que sur le Plafond de la salle hypostyle du même Temple, on observe bien un scarabée même si il n’est pas à la bonne place  ?

Cela reste pour l’instant un mystère qu’aucun archéologue, ni égyptologue n’a su expliquer, bien qu’il suffirait simplement de se dire que les deux zodiaques ne datent pas de la même époque, que le zodiaque circulaire semble plus ancien que le style greco-egyptien facilement reconnaissable des bas-reliefs du plafond de la salle hypostyle du Temple de Denderah.

Le Crabe à travers les Âges :

On sait grâce au sarcophage de Soter qui date du second siècle de notre ère  que le Cancer était encore assez approximatif dans sa représentation mais on se rapproche déjà plus du Crabe :

Pourtant on nous dit que le mot Cancer vient du mot grec : « karkinos » qui signifie Écrevisse et non pas Crabe, certes ce sont tous les deux des crustacés mais leur forme diffère beaucoup :

Mais l’anatomie de l’écrevisse semble bien plus convenir à la Constellation du Cancer que le Crabe :

On peut observer sur le Globe trouvé à Mayence, en Allemagne qui date de la moitié du 2 ème Siècle, que le Cancer représenté à côté du Lion est bien une écrevisse :

Mais l’étymologie du mot Crabe n’a pas que la Grèce comme origine, ce terme est apparu aussi dans la France médiévale au dix-septième siècle environ.

En effet, emprunté par les pêcheurs du nord de la France au mot néerlandais crabe, il s’employait alors au féminin: on disait « la crabe ». Ce mot d’origine germanique désignait tous les crustacés avec des pinces qui serrent : le homard, l’écrevisse, le crabe.

Analyse de l’Ecrevisse : 

L’Ecrevisse est un petit crustacé d’eau douce qui habite les rivières, les lacs, les ruisseaux et les étangs et aussi la Mer ( c’est pourquoi, l’Élément du Signe du Cancer est l’EAU ).

Cependant elle ne s’éloigne pas du lieu de sa naissance ( La Naissance est le terme premier pour désigner les caractéristiques des personnes nées sous le Signe du Cancer , naissance ayant l’extension de la famille, de la mère).
La chair est blanche ( ton chromatique astrologique du Signe du Cancer en analogie avec la Couleur de la Lune ).


L’automne est la période de reproduction des écrevisses, les oeufs ne sont pondus qu’au printemps et ils éclosent environ huit semaines plus tard ( c’est à dire au total, 9 mois de la conception à la naissance comme pour la mère d’un enfant toujours en analogie avec le symbole de la famille du Signe du Cancer ).
Elle ne quitte son refuge qu’à la nuit ( Symbole de la Lune ) tombée pour partir à la recherche de nourriture.

En résumé, le Cancer ( crabe ou écrevisse ) est régi pour l’astrologie par la Lune et non le Soleil contrairement au Scarabée solaire.

Il est donc hâtif d’affirmer que les Anciens Égyptiens voyaient dans le Scarabée notre constellation du Cancer, en effet, il faut retenir pour l’instant que l’Egypte Antique ne pratiquait pas l’Astrologie comme nous la connaissons et que pour eux, le Solstice d’été était symbolisé par l’Étoile de Sopdet la déesse Vache que l’on nommera bien plus tard la Licone, même si certains considèrent à tort que Sopdet représente l’Etoile Sirius du Grand Chien ( Canis Major ), il suffit d’observer sur le Zodiaque de Denderah que Canis Major est identifiée à la Déesse Neith l’Archère :

Si nous observons dans une vision d’ensemble l’entourage du Cancer du Zodiaque de Denderah, nous reconnaissons la déesse Neith ( Canis Major) et au-dessus de celle-ci, la vache Sopdet :

Mais les Egyptologues nous disent que la Vache Sopdet est aussi représentée sous les traits d’une femme avec une étoile au-dessus de la tête, c’est sans doute, elle que l’on peut voir sur le plafond de la salle hypostyle du Temple de Denderah devant le Lion :

Comme on peut le voir sur l’image ci-dessus, le Cancer ou plutôt le Scarabée Khépri faisant office de Soleil naissant sort du con ou de l’entre-jambe de la Déesse Nout, ce qui symbolise aussi le Solstice d’été dans cet ordre selon les personnages du zodiaque rectangulaire, si on tient compte de l’emplacement de Khépri au delà du simple phénomène du lever, zenith et du coucher du soleil accordé au Scarabée.

La déesse Sopdet selon les époques incarnait tantôt une vache, dont certes le lait est blanc comme la Lune, tantôt une femme, qui, certes, symbolise la Mère qui est aussi la symbolique lunaire du Signe du Cancer.

Le Cancer serait donc représenté par Sopdet sur le plafond de la salle hypostyle du Temple de Denderah

Anlayse du  Crabe :

Le crabe lui est considéré durant l’Antiquité comme animal protecteur, sa réputation change au Moyen Âge, comme celle de l’ensemble des créatures marines. Il est même devenu maléfique, symbole des monstres marins marcheurs ; ce rejet est sûrement aggravé par ses habitudes nécrophages.

C’est un représentant de l’ordre des Décapodes, créatures, qui portent 4 paires de pattes thoraciques et deux pinces.
Cet arthropode porte des antennes dont la première paire d’appendices buccaux s’est transformée en mandibules.
C’est pourquoi il fait partie du groupe des Mandibulate, tout comme le Scarabée fait partie de ce groupe.

La carapace peut être ronde, triangulaire ou carrée, les crabes présentent donc des formes très diversifiées et chaque année, on découvre une dizaine d’espèces nouvelles dans les fonds marins.

La démarche du crabe est caractéristique. Ils se meuvent sur le côté. Cela ne les empêche pas d’être très rapides, certaines espèces peuvent atteindre une vitesse de 2 m à la seconde.

Le crabe a la capacité d’adapter l’état de ses pigments en fonction du fond sur lequel il vit (homochromie) : blanc, noir, bleu, rouge …

Le crabe mue régulièrement pour pouvoir grandir. Ce mécanisme, très complexe, permet le renouvellement périodique de l’exosquelette et d’une partie du squelette interne.

Les crabes marins sont des carnivores dont le menu principal est constitué de mollusques gastéropodes, y compris les écrevisses.

Certains crabes peuvent provoquer, chez l’homme, des dérèglements graves, voire la mort, parce qu’ils sont vénéneux, c’est sans doute pour cette raison qu’au moyen âge, on les maudissaient quand il y avait un décès alors qu’en général leur chair est délicieuse.

Le crabe est ovipare. Les orifices génitaux sont situés ventralement, entre les pattes marcheuses. Le mâle retourne la femelle sur le dos et dépose une masse de sperme près de ses orifices génitaux. La ponte a lieu quelques heures après, les ovules sont fécondés au fur et à mesure de la ponte. A l’éclosion, c’est une petite larve qui apparaît; elle nage en pleine eau, passe par plusieurs modes larvaires, avant d’acquérir la forme et le mode de vie adulte.

Les dates de fécondation et fécondité varient selon la température et le milieu, un début de développement ovarien apparait en juillet. Il se poursuit jusqu’en mars de l’année suivante, c’est à dire 9 mois en tout comme pour la période de grossesse d’une maman.

Crabe ou Écrevisse, la forme dans le Ciel de ces deux crustacés, nous donne comme seul point commun entre eux, leurs Pinces.

Vous souhaitez en savoir plus sur le zodiaque de Denderah ainsi que par extension sur l’astronomie égyptienne, n’hésitez pas à cliquer sur la couverture du livre ci-dessous :

La Constellation de la Balance, Egyptienne ou Mesopotamienne ?

 

 

La Balance Égyptienne :

Certains auteurs affirment que la Constellation ou/et le Signe de la Balance est apparu grâce aux Romains et d’autres disent que c’est grâce aux Mésopotamiens. Mais au vu du Zodiaque de Denderah, nous pouvons observer qu’aucune de ses affirmations ne s’avère probable, en effet, si ce sont les Romains à qui nous devons la représentation de la Balance, comment expliquer qu’elle soit présente sur le Zodiaque circulaire égyptien ? Nous savons que Rome a envahi l’Egypte Antique à la mort de Cléopâtre VII, c’est à dire précisément le 12 Août -30, avant cette date, certes Jules César s’était déjà rendu en Egypte, mais d’après les historiens, ce serait juste après juin -48 lorsque son ennemi Pompée se réfugia et mourut au Pays d’Osiris. Ce fait est confirmé par la réforme julienne du Calendrier Romain de l’an 46 av. J.-C, c’est à Alexandrie que Jules César rencontra Sosigène l’astronome grec qui l’aida à appliquer le calendrier Égyptien au Calendrier Romain. Nous constatons avec ce détail concernant Sosigène, que les Romains n’apparaissent pas du tout comme des astronomes ou des personnes instruites des « choses du ciel », puisqu’ils n’ont fait qu’adapter une invention égyptienne, les egyptiens n’avaient donc pas besoin des romains, pour enrichir leur savoir, c’est bien le contraire qui eut lieu. Avant la venue de Jules César en Egypte, les rapports entre Rome et Alexandrie était sporadique, mais en cela concernait principalement et uniquement des relations commerciales, en effet, l’Égypte sous la dynastie Ptolémaïque revendait son blé aux Romains, entre autre. Mais leurs relations s’arrêtaient là, du commerce sans plus, et ce à partir de l’an -250, car auparavant Rome n’avait jamais mis les pieds en Egypte, elle ne le fît que lorsque la Macédoine intervint dans les affaires entre Grèce et Rome, après la mort de Ptolémée II ( -246 ) mais il fallut attendre la naissance et la mort de Cléopâtre VII pour que Rome commence à s’immiscer dans la culture égyptienne mais principalement d’un point de vue politique. Nous pouvons constater en visitant le Temple d’Esna, dont la restauration fût ordonnée par Ptolémée III Évergète II ( -144 à -116 ) mais dont la construction fût ordonnée par Ptolémée Philométor qui règna de -181 à -144, qu’il y figure aussi un zodiaque sur lequel on peut y voir la représentation de la Balance quasiment au milieu de celui-ci près du Scorpion sur la bande inférieure :

Dont voici une photo afin de l’observer conformément à la réalité :

On observe bien juste à côté du Scorpion, une femme portant une balance, cette femme et sa balance seront appelées bien plus tard sous Claude Ptolémée l’astronome Vénus et sa Balance. Mais les Anciens Égyptiens nous le savons la nommaient Maât, la Déesse de la Justice, de l’Harmonie, dont la Balance servait à peser le coeur du Défunt afin qu’il soit juger sur ses actes positifs ou négatifs. Il y a donc une référence très nette et historique entre la Balance en tant que Constellation et la Balance en tant qu’instrument de la Déesse à la Plume. La Maât par extension, signifie conserver l’harmonie entre le Cosmos et la Terre, c’est à dire faire en sorte que la vie d’une personne soit mesurée afin de conserver l’équilibre cosmique. Harmonie, Justice sont des références astrologiques précisément attribuées au Signe de la Balance.

Maat est le concept fondemental de la société égyptienne. La Maat, c’est le monde organisé, l’ordre, la stabilité, la justice. Le principe de Maat c’est l’équilibre entre les forces antagonistes et contraires qui gouvernent le monde. L’univers pour les Anciens Egyptiens est comme une structure harmonieuse réglée selon des lois dont la Déesse Maât est la garante, ses lois établissent un équilibre entre les dieux et les hommes dont Pharaon a la responsabilité. Cette réciprocité est fondamentale dans la culture de l’ancienne Egypte. Présente dans les textes des pyramides ( -4 500 ans ), Maât peut aussi incarner l’avatar de Maât-Tefnout et son frère Shou, les enfants du dieu créateur Atoum-Rê, le Soleil. Cette dualité ou plutôt ce couple que forme la Déesse Maât avec le Dieu Shou, accentue davantage la notion des deux plateaux dela Balance, ce couple de frère et soeur, enfants de Atoum-Ré le soleil semble avoir été repris par les Mésopotamiens pour le culte du dieu du Soleil Shamash et ses assistants Kittu et Misharu apparu dans la seconde moitié du IIe millénaire dont nous reparlerons plus loin. Ci-dessous, on voit la représentation de la Déesse Maât et sa Plume sur la Balance :

Les Anciens Égyptiens accordaient une importance considérable à cette notion de l’Harmonie nommée Maât, au point qu’ils superposèrent la Déesse Maât à la Balance, la Balance devenait donc la Déesse et réciproquement mais il arrivait aussi que l’on représente deux Déesses Maât comme les deux plateaux d’une balance de chaque côté du Défunt , comme ci-dessous dans le sanctuaire d’Amon-Sokaris-Osiris dans le temple d’Hathor près de Deir el Medineh :

La Déesse de la Justice à même un Temple, nommé Temple de Maât à Karnak. Le Culte de la Déesse Maât remonte aux origines de la civilisation Egyptienne, de fait, on est bien forcé d’accepter que si l’Egypte Antique avait crée un seul Signe du Zodiaque, c’est bien celui de la Balance. Voici un exemplaire d’une balance moins sacrée que celle de Maât mais qui était utilisée pour le pesage des denrées dans le quotidien des anciens Égyptiens, datant de la 18ème dynastie ( -1550/-1292 ), elle fut découverte en 1906 par Arthur Weigall et Ernesto Schiaparelli dans l’hypogée de Thèbes :

Elle semble correspondre assez bien à la Constellation de la Balance et du cercle qui y est rattaché comme on peut l’observer sur le Zodiaque de Denderah :

Voici les accessoires de la Balance, des poids trouvés à Uronarti au Soudan ( qui faisait alors partie de Égypte Antique ) datant de la XII ème Dynastie ( -1991 /-1786 ) et qui portent le hiéroglyphe de l’or :

Si il existe des poids, c’est qu’il existe une balance, il ne fait aucun doute que cet instrument de mesure mais aussi instrument divin était fort utilisé dans l’Égypte Ancienne.

deben et poids

Nous observons bien sur la photo ci-dessus, que les anciens Égyptiens étaient habitués à utiliser des poids dans leur quotidien, les poids utilisés avaient diverses formes et diverses unités de mesures et ce depuis l’Ancien Empire.

Le Deben, unité de mesure de poids : 

Le deben (ou tabonon) étaut l’unité de mesure de poids, Deben signifie littéralement anneau de métal.

DEBEN ANNEAUX

À l’époque de l’Ancien Empire, le deben pesait 13,6 grammes, puis, au Moyen et Nouvel Empire, sa valeur est définie entre 90 et 91 grammes. Le deben était subdivisé en 10 qité (1 qité = 9,1 grammes) ou en 12 sénious (ou shâts).

balance-egyptienne

La Balance selon Antoine-Jean Saint-Martin

antoine-saint-martin

Après cette approche matérielle à propos de la Balance, retournons dans les étoiles, et voyons ce que dit Antoine-Jean Saint-Martin ( 1791 à 1832), orientaliste, dans son livre « Notice sur le Zodiaque de Denderah » paru chez Delaunay, en 1822, à propos de la Balance : « L’origine du nom de la balance, dont l’antiquité a été l’objet de tant de discussions, ne remonterait donc, selon nous, guère plus haut que l’an 1172 avant notre ère, et nécessairement elle assignerait une époque plus moderne à tous les monuments de l’Égypte, qui en offrent la représentation. Il ne faudrait cependant pas conclure , de ce que je viens de dire, que la division actuelle du zodiaque n’aurait pas à cela près une origine plus ancienne; quoi qu’il en soit sur ce dernier point, étranger selon nous à la question, nous sommes bien persuadé que le planisphère de Denderah est postérieur au 12 siècle avant notre ère.

L’abbé Testa, comme nous l’avons déjà dit, et M.Visconti, se prononcèrent fortement contre la haute antiquité que l’on voulait assigner au planisphère de Denderah ; ils employèrent, pour combattre ce système,des raisons plus ou moins solides; mais au fonds, elles ne sont que spécieuses, et n’ont rien en elles-mêmes qui puisse amener la conviction d’un lecteur, qui, sans s’embarrasser du résultat, cherche simplement la vérité. On voit qu’ils tiennent trop à ce que le monument soit moderne. Selon l’abbé Testa, il ne peut être antérieur au 3e siècle avant notre ère; Visconti, plus hardi, le rabaisse jusqu’au Ier siècle après notre ère, au temps de la domination romaine, en Égypte. Ils tirent, comme nous, leur plus fort, ou même leur seul bon argument, de la présence de la balance parmi les signes du zodiaque. Le signe de la Balance, disent ils, ne fut connu que vers le temps d’Auguste, antérieurement il était remplacé par les serres du Scorpion; si donc le monument était plus ancien, on y verrait la représentation primitive, et non un signe d’une origine plus moderne.

BALANCE astronomique

Toute spécieuse qu’est cette raison, elle est mauvaise: pour l’écarter, il suffit d’une distinction. C’est dans le zodiaque grec qu’on voit les serres occuper la place de la Balance; pourquoi ne verrait-on pas une autre forme sur un monument égyptien , si ce monument est vraiment égyptien ? L’abbé Testa et M. Visconti croyaient que le planisphère de Denderah avait une origine grecque : mais sur quelles raisons se fondaient-ils eux-mêmes ? La plus forte qu’ils pussent alléguer, était la présence du signe dont l’antiquité est contestée, celui de la Balance. Si l’usage de la Balance, pour désigner la constellation qui porte actuellement ce nom, ne remontait pas plus haut que le règne d’Auguste, il faut convenir que les astronomes, auteurs de cette innovation, auraient été assez mal avisés de la faire, à une époque où le point équinoxial avait déjà abandonné cette constellation.

La présence de la Balance sur le planisphère de Denderah ne peut donc, selon nous, fournir un solide argument contre l’antiquité de ce monument, et contre son origine purement égyptienne, si on peut prouver que cette manière d’indiquer le signe, qui répondait aux serres du Scorpion chez les Grecs, était particulière aux Égyptiens. La forme de la Balance, donnée à la constellation voisine de l’équinoxe d’automne, était donc particulière aux Égyptiens. Il nous semble qu’il est bien facile de concevoir maintenant comment son emploi devint presque universel vers le temps d’Auguste; ce fut une conséquence de la réforme du calendrier romain et de l’établissement de l’année julienne. »

Voilà qui est clair, la Constellation de Balance, dans la forme que nous lui connaissons actuellement, est bien d’origine Égyptienne.

Zodiaque et Sarcophage :

Voici aussi une représentation de l’intérieur d’un sarcophage datant de la période Ptolemaïque où l’on constate bien que la Balance ( à la droite de la Déesse Nout au niveau de sa cuisse droite ) était connue bien avant les Romains :

Cette représentation du zodiaque dans ce couvercle de sarcophage est plus ancienne ( car si on observe le Sagittaire, on constate que celui-ci a encore deux têtes ) mais qu’aussi y sont représentés des scènes purement astronomiques comme celle-ci :

Ce genre de scène se retrouve par exemple dans la Tombe de Senenmout, l’architecte de Hatchepsout( XVIIIe dynastie : -1550/-1292 ) :

Ou dans le Ramesséum de Ramsès II ( XIXe dynastie -1304 / -1213 ), Ainsi nommé par Champollion, le « château de millions d’années », il constituait l’endroit où le renouvellement de l’essence divine de pharaon était célébré. Vaste domaine, ceint d’un haut mur d’enceinte, en son centre se trouvait le temple, entouré de bâtiments pour les célébrations des fêtes, des bureaux administratifs, maisons de prêtres, atelier, entrepôts et un palais où résidait Ramsès lors de sa venue sur le site. :

Ce détail à toute son importance, car il ne s’agit pas juste d’un sarcophage zodiacal mais bien astronomique. Selon Karine Gadré, Docteur en Astronomie de l’Université de Toulouse : « Diverses fouilles, menées au cours du XXème siècle sur les sites d’Assiout, Thèbes, Gebelein, Assouan, etc., ont mis au jour vingt fragments de sarcophages de bois datant de la Première Période Intermédiaire et du Moyen Empire, dont l’intérieur du couvercle est décoré d’une semblable imagerie céleste : des tables qu’Alexander Pogo a été l’un des tous premiers, dans les années 1930, à assimiler à de véritables horloges stellaires. Ces fragments font à présent partie des collections égyptiennes du British Museum, du Musée du Caire, du Musée du Louvre, du Musée de Turin, de l’Institut Archéologique de l’Université de Tübingen, du Musée d’Hidelsheim, etc.  » Il semblerait d’après l’archéologie russe, que le British Musueum abrite des douzaines de couvercles astronomiques de différentes époques, mais que ce sujet a été jugé « non intéressant », c’est pourquoi il est très rare d’en voir… Certains sarcophages comme celui d’Idy offre même des tableaux astronomiques d’une précision telle qu’on s’étonne encore de la place si importante de l’astronomie pour la civilisation de l’Ancienne Égypte.

D’autres sarcophages contiennent une simple représentation de la Déesse Nout ou de la Déesse Mout sans les Signes du Zodiaque, d’autres mêlant les deux. Celui en bois de Heter trouvé par l’Égyptologue Heinrich Karl Brugsch ( 1827-1894 ), est très particulier et vraisemblablement date du début de l’époque Ptolémaïque, car de nombreux détails ne sont pas du tout repris à l’époque Romaine, les détails astronomiques sont en effet totalement absents des couvercles « romains », seuls apparaissent la déesse Noût stylisée à la romaine ainsi que les douzes Signes du Zodiaque comme par ex, dans celui de Soter, son aspect ressemble davantage à une sorte de décoration qu’à un cours d’astronomie comme dans celui en bois de Heter.

Voici un bref résumé de ce qu’on trouve dans le Sarcophage de « Brugsch »: Les 4 Points cardinaux aux 4 extrémités. Les 24 heures divisées en 2 paires de douze heures, celle du jour et de la nuit. La représentation de Orion comme on la trouve dans les tombeaux de Sethi 1 er, de Senenmout, … 5 Planètes sont indiquées en hiéroglyphes à côté de certains signes du Zodiaque. La représentation de certains personnages tel que le Phénix ( ou Héron ) Les 4 personnages symbolisant les 4 vases de Canope Les 12 Signes du Zodiaque dont la Balance dont certains disent que ce sont les Romains qui ont crées cette constellation/signe sur base de l’astronomie mésopotamienne mais alors comment expliquer la présence de la Balance dans le Temple d’Esna ? Et détail important, le couvercle est riche de hiéroglyphes.

Bref, tous ces détails ne se retrouvent plus dans les couvercles de sarcophages de l’époque romaine. Selon « Zeitschrift der Deutschen Morgenländischen Gesellschaft volume  » le magazine de 14 écrit : C’est le 6 décembre 1857, qu’accompagné par son ami Mariette, l’égyptologue Français que l’égyptologue allemand Heinrich Karl Brugsch découvre le fameux couvercle, sur le toit ensablé du toit du temple de Amenophis III, à Thèbes (aujourd’hui Louxor), parmi une grande quantité d’autres sarcophages en bois. Par comparaison avec le sarcophage de « Brugsch », voici celui bien plus simple de Soter :

Mais ce qui est intéressant avec ces deux versions, c’est que même si le sarcophage de Soter date de l’époque gréco-romaine, l’inspiration de l’iconographie, elle est bien égyptienne, comme nous l’avions déjà vu avec le Zodiaque d’Esna ( dont la construction remonte sous Ptolémée Philométor (-181 à -144 ). Comparaison des sarcophages : Il est aussi intéressant de se baser sur le style graphique représentant la Déesse Nout, non pas celui de Soter qui est de style grec avec un tendance byzantine, mais plutôt celui de Brugsch, on a pas l’habitude de voir un tel graphisme chez les Anciens Egyptiens qui nous ont habitués à plus de beauté chez une femme, bien que selon les dynasties, le graphisme diffère selon le pharaon. Comparons le style graphique du sarcophage de Brugsch avec celui du sarcophage de Isetenkheb qui date du début de l’époque saïte, XXVIe dynastie, vers -664 à -500 :

Certes, n’y apparaissent pas les Signes du Zodiaques, mais ce qui est intéressant c’est un « petit » détail entre la Déesse Noût du sarcophage de Brugsch et celui de Isetenkheb :

Ce détail graphique c’est celui des seins de la Déesse du Ciel, en effet, on remarque sur les deux sarcophages que ces seins sont représentés d’une manière très particulière, comme si ils étaient fixés sur les aisselles de la Déesse, pourtant les Anciens Egyptiens savaient dessiner des seins dans une posture logique :

Cette représentations de la poitrine de la Déesse s’explique sans doute par une sorte de « nourriture divine », comme si la déesse était perçue avant tout comme une mère nourricière plutôt qu’une « simple » femme. C’est aussi un fait que la déesse Noût pouvait aussi être représentée par une truie, c’est à dire la femelle du porc, qui nourrit ses petits mais qui est aussi capable de les dévorer, mais cette désignation porcine est tardive, puisqu’elle date du début de la dynastie des Ptolémées. Soulignons au passage que le Sarcophage de Isetenkheb est sensé dater d’une époque plus ancienne que le sarcophage de Brugsch, pourtant il est beaucoup moins élaboré astronomiquement et astrologiquement parlant…

Conclusion sur la Balance Égyptienne :

Yves Lenoble, historien de l’astrologie, a donc tort d’écrire ceci à propos de la Balance :

« Il faut rendre à César ce qui est à César. Il m’est agréable de dire ici, sur cette terre italienne, que ce sont les Romains qui, en remplaçant « les Pinces » par la Balance, vont constituer définitivement notre zodiaque. Il a donc fallu les génies conjugués des grecs et des romains pour que se fixe définitivement le zodiaque des douze signes. La formule grecque « zôdiakos kuklos » fut traduite en latin « signifer circulus » (cercle porteur de signes), « zodiacus circulus » (cercle zodiacal) ou « signorum circulus » (cercle des signes). Par la suite, l’adjectif zodiacus devint également un nom et c’est de ce nom que provient ce terme si utilisé de « zodiaque ».

Mais qu’en est il au juste de la Balance des mésopotamiens ?

La Mésopotamie et la Balance :

Les Mésopotamiens quant à eux, ne connaissaient pas la Balance astronomiquement parlant, pour eux, les plateaux de la Balance représentaient les Pinces du Scorpion, l’origine du Zodiaque astrologique remonte donc aux Anciens Égyptiens, du moins pour son iconographie et aussi son nombre, car un zodiaque sans la Balance, cela fait seulement 11 Constellations pour l’Écliptique pour les Mésopotamiens. Cependant, il existe une théorie, qui consiste à penser que les dieux Kittu et Masuru assistaient Shamash, le dieu Soleil Shamash et que ce sont ces deux assistants qui représenterait symboliquement chacun, un des plateaux de la Balance. Mais cette affirmation est spécieuse d’autant que la balance en tant qu’instrument de mesure est d’origine égyptienne aussi loin que l’on remonte dans le temps, comme l’atteste, les métrologues.

Voyons voir qui est donc ce Shamash et ce qu’il en est de cette balance dite mésopotamienne :

Shamash, en plus d’être le Soleil pour les Mésopotamiens, est aussi le garant de la justice mais dans un sens différent des Anciens egyptiens, en effet, la célébration du dieu Shamash porte sur le fait que rien n’échappe à sa lumière, car il parcourt chaque jour la Terre mais selon la cosmologie mésopotamienne, la surface la Terre est plane et finie, entourée par une mer puis des montagnes situées au bout du monde ! Ce détail de la platitude de la Terre nous fait observer que la Mésopotamie ne connaissait pas la rondeur de notre planète, contrairement aux Anciens Égyptiens. C’est de ces montages qui limitent le Monde, qu’apparaît Shamash le dieu Soleil, Kitu et Masuru eux, symboliserait plutôt l’Est et l’Ouest, qui représente la trajectoire du Soleil qui se « lève » et qui se « couche » vu de la Terre. Shamash est loué, souvent aux côtés de ses assistants, sa parèdre Aya, son vizir Bunene, et Kittu et Misharu, ce qui fait deux plateaux de trop, si on suppose que Kittu et Misharu ont inspirés les plateaux de la Constellation de la Balance… L’instrument qui servait à mesurer la Justice de Shamash était une sorte de scie recourbée et non pas une balance telle que nous la connaissons :

Le culte de Shamash dans les sanctuaires de Larsa et Sippar s’éteint entre le IVe siècle et le IIe siècle avant notre ère avec l’effacement des anciennes traditions religieuses mésopotamiennes et des structures qui assuraient leur pérennité. Durant les trois premiers siècles de notre ère, le culte de Shamash connaît néanmoins un dernier essor plus au nord, dans la ville de Hatra dont le Dieu-Soleil est la divinité tutélaire. Dans les inscriptions en alphabet araméen qui y ont été mises au jour, son nom y apparaît sous la forme šmš (cette écriture ne notant pas les voyelles comme les autres alphabets sémitiques), et est souvent appelé par l’épithète Maran, « Notre maître ». Celui-ci présente alors des particularités par rapport au Dieu-Soleil de la tradition ancienne puisque sa parèdre est alors la déesse appelée Martan, « Notre maîtresse » (qui ne semble pas correspondre à Aya même si son identité exacte reste indéterminée), et que son animal-attribut est l’aigle (Nishra).

Dans les inscriptions locales en alphabet romain, il est assimilé au Sol Invictus par des soldats de la légion stationnant dans la ville durant la première moitié du IIIe siècle. Shamash dispose d’un temple dans la partie centrale de la ville, qui est un vaste sanctuaire enclos dans une muraille, et témoigne là aussi de fortes influences gréco-romaines. C’est donc seulement à partir du III ème Siècle que les Romains incluent la Constellation de la Balance Égyptienne, par le biais de la Justice de Shamash le dieu Soleil, il est intéressant de savoir que le tout nouveau Calendrier de Jules César ou plutôt de Sosigène ne s’est pas imposé aussi vite qu’on le pense, en effet, le Calendrier Romain primitif d’avant le dictateur esclavagiste romain était lunaire ! Revenons à cette théorie concernant la Balance de Shamash dont il existe juste un seul dessin qui en plus n’est pas d’époque, puisqu’il a été réalisé en 1992, qui représenterait Shamash et ses deux acolytes Kittu et Masuru, cette reproduction, si elle est basée sur un vestige officielle, montre en effet, ce qui ressemblerait à une balance :

Ce dessin provient en fait, du dictionnaire illustré : “Gods, Demons, and Symbols of Ancient Mesopotamia” publié en 1992 et écrit par Jeremy Black and Anthony Green, avec des illustrations de Tessa Rickards. C’est à partir de ce dessin que l’ouvrage “Representing Justice : Invention, Controversy, and Rights in City-States and Democratic Courtrooms” écrit par Judith Resnik et Dennis Curtis et publié en 2011, qui traite de l’histoire de la Justice à travers les âges, que certaines personnes avancent l’idée que la Mésopotamie connaissait la Constellation de la Balance. C’est aller un peu vite en besogne, car cette image représente une balance dont la symbolique exprime avant tout la Justice rendue par Shamash mais peux t’on sérieusement à partir de cet instrument de Justice, conclure que les Mésopotamiens connaissaient la Constellation de la Balance ? Évidemment que non, d’autant qu’il est reconnu que les Mésopotamiens ne visualisaient que le Scorpion et ses pinces en lieu et place de la constellation de la Balance… Dans le livre de Judith Resnik et Dennis Curtis, il est indiqué que la tablette d’où est tiré le dessin date des environs de -2350 à -2100, mais ce n’est pas la Tablette qui porte précisément cette date, c’est l’époque supposée à laquelle elle pourrait correspondre, ce qui est très différent, quand on sait que dater la civilisation mésopotamienne n’est pas évident d’un auteur à l’autre…

Selon le dictionnaire de Jeremy Black et Anthony Green traitant des dieux, démons et symboles mésopotamiens, il n’est pas indiqué non plus de manière précise la date de ce dessin, ce dictionnaire indique juste que la tablette d’où est issu le dessin de la Balance daterait de la période Akkadienne, période qui va du XXIVe siècle au début du XXIIe siècle avant notre ère, il s’agit donc pour l’instant de pure spéculation d’autant que cette tablette n’a pas été photographiée, ainsi pour seule preuve archéologique, nous devons nous contenter de ce dessin. Sans aller jusqu’à l’affirmer, ce dessin pourrait très bien avoir été réalisé sur base d’une autre tablette, comme celle-ci par exemple :

Observer comme le bras du personnage de gauche est tordu quasiment de la même manière que celui du personnage du dessin, remarquez aussi au passage, que sur cette tablette ne figure pas de balance, pourtant c’est bien Shamash qui est représenté sortant des deux montages, tel un soleil. Le doute persiste et ne sera éliminé que lorsqu’on pourra voir cette tablette dont provient le dessin en question, mais même si cette tablette existe réellement, pourras-t’on pour autant comparer une balance de Justice avec celle des Anciens Égyptiens, qui elle symbolise l’harmonie de Maât mais aussi l’égalité des jours et des nuits à partir de l’Equinoxe d’Automne ?

En attendant, voici un fragment plus récent qui provient de l’obélisque de Nimrod, datant de l’époque du Roi Assurnazirpal II ( -883 à – 859 ) qui représente aussi une balance :

Pourquoi se contenter d’un dessin alors qu’existe ce fragment, est ce parce que ce fragment n’est pas aussi vieux que certains l’auraient souhaité pour chercher à nous convaincre que les Mésopotamiens connaissaient la Constellation de la Balance même s’ils ne l’ont jamais représentés dans le ciel ?

En tout cas, il existe un bas-relief plus ancien où figure une balance que l’obélisque de Nimrod, il s’agit de celui-ci datant de la VIe Dynastie ( Mereruka vizir du Pharaon Teti ), soit de la période -2345 à – 2333 :

Mereruka, vizier for King Teti 6th Dynasty.

La Balance fondamentalement Égyptienne : 

Entre ce fragment datant du 9 ième Siècle avant notre ère ou le dessin « datant » du XXIV ième Siècle et la Vignette du chapitre 125 du « Livre des morts » ou du « Livre pour Sortir au Jour » datant de l’Ancien Empire ( – 2700 à – 2200 ) que l’on peut voir ci-dessous, il n’y pas photo :

C’est bien l’Égypte Antique qui a le mieux illustré la Balance et ce bien avant les Mésopotamiens qui n’ont fait sans doute que reprendre la symbolique de Atoum-Ré le Soleil pour en faire leur dieu Shamash influencé par le culte solaire de Akhenaton qui correspond bien à la seconde moitié du II millénaire avant notre ère. En tout cas, cette théorie tient historiquement tant que l’on fera de “la balance de la Justice de Shamash” la Constellation de la Balance, car bien là qu’est la confusion, on se base sur une simple balance et on en conclut que les Mésopotamiens connaissaient et représentaient la Constellation de la Balance…

Conclusion sur la Balance de Mésopotamie :

Retenons en conclusion que le Signe de la Balance est régi en Astrologie par la Planète Vénus alias la déesse Aphrodite, c’est donc bien une femme, certes symbolique et mythologique, qui caractérise le Signe de la Balance. De fait, si c’était Shamash qui est à la base de ce Signe, les Romains “adorateurs” de la Mésopotamie, aurait attribué le Soleil ou au moins un homme comme maître du Signe de la Balance, hors ce n’est pas le cas, sans doute que les Romains ont été influencés sans doute par la Déesse Maât que les Grecs ont superposés à leur Aphrodite. Aphrodite est reconnue par les Grecs comme une divinité sémitique, et plus précisément phénicienne.

De fait, elle correspond très probablement à la déesse Ishtar-Astarté, avec laquelle elle partage de nombreux traits. Ishtar est la déesse des Assyriens et les Babyloniens. Les Sumériens l’appelaient Inanna. Elle doit sa renommée à son activité culturelle et mythologique jamais égalée par une autre déesse du Moyen-Orient. À son apogée, elle était déesse de l’amour physique et de la guerre, régissait la vie et la mort. Astarté est une déesse connue dans tout le Proche-Orient, de l’âge de Bronze à l’Antiquité, elle est l’équivalent de la déesse mésopotamienne Ishtar (pour les babyloniens) ou Inanna (pour les sumériens). Cette filiation mésopotamienne concernant Aphrodite alias Vénus démontre bien que c’est une femme qui accompagne la représentation de la Balance, en tant que déesse de la Beauté, de l’Amour, de l’Harmonie et de la Justice et non pas que Justice comme certains veulent nous le faire croire avec le dessin de Shamash…

Mésopotamie et Astronomie :

L’Astronomie Mésopotamienne n’est donc pas celle dont nous nous servons, car comme déjà écrit, cette civilisation du Tigre et de l’Euphrate n’a jamais représenté le ciel comme l’on fait, les créateurs du Zodiaque de Nitentore, de manière si précise, si esthétique, si astronomique, si figurative, si ressemblante à celle d’aujourd’hui. Voici à quoi aurait pu ressembler l’Astronomie mésopotamienne, selon un kudurru datant vers – 1100, conservé au British Museum de Londres :

Ce kudurru n’est pas un zodiaque. Les représentations animales ne sont que des symboles des divinités dont Ningishzida, Adad, Ninurta ou Nergal, Shamash, Enlil, représentés sur des autels. Selon le musée du Louvre : « les kudurru sont le support d’actes de donation de terrains décidés par les souverains babyloniens en faveur de membres de leur famille, ou envers de hauts dignitaires civils ou religieux. Sur celui-ci, le texte, qui couvre toute une face, indique que c’est à son fils Marduk-apla-iddina, futur « pasteur de son pays », que le roi kassite Meli-Shipak accorde une importante donation de terres, dont la propriété s’accompagne de nombreuses franchises. Les kudurru étaient vraisemblablement déposés dans les temples, où ils étaient exposés au regard des fidèles mais aussi des dieux. Trois d’entre eux ont en effet été retrouvés dans leur contexte archéologique, lors de la fouille de sanctuaires. L’inscription portée sur les kudurru est généralement composée de deux parties. En premier vient la description du contenu de la donation, avec les clauses qui lui sont attachées, suivie d’un texte imprécatoire comportant des malédictions divines destinées à frapper tous ceux qui voudraient la remettre en cause. Ainsi l’acte de donation se voit-il non seulement enregistré et exposé aux yeux de tous, mais de plus placé sous la protection de puissantes divinités, dont chacune est représentée sur la stèle par son emblème. » source

On remarque que la forme de ces kudurru n’est pas circulaire et que pour la comprendre, il faudrait savoir lire le langage cunéiforme, les Anciens Égyptiens eux avaient pris soin d’être compris par tous peu importe leur langage, c’est dire à quel point, ils étaient avancés dans la science ou l’Art de l’Astronomie, le Zodiaque de Denderah reste donc accessible même aux analphabètes. Le seul disque « céleste » que la Mésopotamie nous a transmis est celui du Planisphère de la Bibliothèque d’Assurbanipal provenant de Ninive en Assyrie vers -668 à -627, exposé au British Museum de Londres  : Disque Bibliothèque d'Assurbanipal

On voit bien avec ce « planisphère » en argile et non en calcaire sculpté comme le Zodiaque de Denderah que la Mésopotamie n’a jamais atteint la perfection, la géométrie, le degré de finesse de l’Art Astronomique Égyptien Antique comme on peut l’observer sur le Zodiaque de Denderah :

Observez ci-dessous dans ce florilège de représentations officielles de la civilisation Mésopotamienne comme celle-ci n’est jamais arrivé au degré de précision de l’Égypte Antique ( certains dessins circulaires sont des montages récents, en effet la Mésopotamie ne nous a laissé que des Tablettes en terre cuite de format rectangulaires ) :

A part le Scorpion, la Vierge, le Lion, le Sagittaire, le Capricorne, l' »Hydre », l’Aigle et …le Verseau, on ne reconnaît même pas les autres personnages et constatez aussi comme le nombre de constellations est inférieur à celui trouver par les Créateurs du Zodiaque de Denderah et surtout remarquez l’absence de la Balance !

Voici d’autres représentations modernes du ciel rectangulaire mésopotamien, c’est à dire, des montages réalisés au 20 ème siècle, destinés à nous convaincre que les Mésopotamiens savaient aussi représenter la carte du ciel de manière circulaire comme le montre le Zodiaque de Denderah.

Calendrier zodiacal mésopotamien :

calendrier zodiacal du cycle de la Vierge

Ce calendrier zodiacal en argile dit « du cycle de la Vierge » date de l’époque séleucide, ( vers -200 ) provenant de Warka, ancienne Uruk, Mésopotamie du sud, en Iraq. Cette tablette selon le Musée du Louvre nous montre ;: « une partie du personnage de la Vierge figuré par une femme tenant un épi. L’astre radié est identifié par une inscription comme la planète Mercure (« taureau du soleil »), associée à la constellation du corbeau, au-dessus de celle de l’hydre, dont seule la queue est figurée. Une autre tablette (Berlin, VAT 7847), porte l’avant-train de l’hydre, associée au signe de la Vierge et à la planète Jupiter. À chaque mois sont associés des pierres, des plantes et des arbres, des villes et des temples. Le Signe est divisé en douze parties, chaque case correspondant à un mois de l’année ». Les tablettes Mésopotamienne datent d’époques différentes, mais en général celle qui évoquent l’astronomie datent de la période du néo-babylonien ( première moitié du premier millénaire avec une influence Chaldéenne, elles indiquent en général des observations reliées aux apparitions périodiques des astres, les phases et les éclipses de Lune. Mais en ce qui concerne, les éclipses, il n’est prouvé nulle part pour l’instant, que les mésopotamiens en maîtrisaient la prévision, on a longtemps cru que le terme « Saros » étymologiquement sumérien désignait une éclipse lunaire, mais selon Patrick Rocher de l’IMCCE, saros ne désigne qu’un nombre de lunaisons équivalent à un certain nombre d’années.

A l’heure qu’il est, seul le Zodiaque de Denderah prouve de manière incontestable tant astronomiquement qu’égyptologiquement, que les anciens Égyptiens seuls maîtrisaient la science de prévision des éclipses. Par comparaison, en Occident, il fallut attendre l’an 1330 pour que le Byzantin Nicéphore Grégoras puisse prévoir avec exactitude une éclipse solaire mais nous savons que lui avait hérité des travaux Grecs d’Hipparque et de Claude Ptolémée qui eux n’avaient pas réussi à prévoir des éclipses.

Voici un extrait de la conférence de Denis Savoie, chef du département de l’astronomie à Paris qui affirme clairement : « La Civilisation Babylonienne ne connaissait rien à la géométrie en astronomie ! »

D’après Denis Savoie, l’astronomie babylonienne était purement mathématique.

Voilà qui éclaircit plus notre lanterne sur cette formidable »avancée » de l’astronomie mésopotamienne qui en réalité se cantonne pour son iconographie, à quelques personnages, sans plus et s’exprime davantage dans un un contexte astrologique.

Espérons qu’un jour, les chercheurs et égyptologues s’intéresseront à l’Égypte Antique de la même manière que des « mésopotologues » se sont intéressés à la Mésopotamie, car il ne fait aucun doute, que notre vision de l’Antiquité, tendant à nous montrer les Anciens Égyptiens uniquement comme des « adorateurs de chats » sera devenue obsolète.

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Les « 36 décans » du Zodiaque de Denderah

Le plafond astronomique de Sénènmout :

Sénènmout, architecte d’Hatchepsout ( environ -1479 à -1483 XVIIIe dynastie ), a imaginé le fameux temple funéraire de Deir el-Bahari. Pour rester à proximité de sa reine, il a fait construire pour son propre usage une tombe (répertoriée TT 353) qui recèle un document historique de première importance : son plafond astronomique, qui livre de précieuses informations sur l’ampleur et l’exactitude des connaissances astronomiques des anciens Égyptiens.

Nous savons que les Anciens Égyptiens bien avant la Dynastie Ptolémaïque, découpaient le mois en 3 tiers, c’est à dire des périodes de 10 jours.

Cette division est aujourd’hui aussi utilisée par les Astronomes pour observer le ciel découpé mais en degrés selon la base de 30° pour chaque Constellation de l’Écliptique.

Nous pouvons observer sur le plafond de l’astronome Sénènmout qu’il s’était servi de la division par 12 d’un cercle, appliquons la même division au Zodiaque de Denderah, mais en choisissant 36 part de dix degrés chacun :

Nous observons que les créateurs du Zodiaque se servaient aussi de cette division en degrés et c’est grâce à celle-ci qu’ils ont pu répertorier les Constellations, en effet dans chaque « couloir » qui converge vers le le centre représenté par Ursa Minor, la Petite Ourse, notre actuelle étoile polaire, nous pouvons constater que s’y trouve la ou les constellations qui se trouve sur le pourtour du Zodiaque circulaire :

La lettre en rose indique la première lettre du nom latin des Constellations que l’on visualise dans l’espace du rayon vert, voici une adresse pour découvrir, au cas où, le nom complet de la Constellation.

Pour indication, les Constellations en bleu sont celles que l’astronome Claude Ptolémée reprit pour son Almageste, la Constellation en rouge désigne : Libra, la Balance, car c’est grâce aux Égyptiens que nous connaissons cette Constellation devenue aussi un Signe du Zodiaque Astrologique ( les Mésopotamiens et Chaldéens n’avaient que 11 Signes, car pour eux, les Plateaux de la Balance étaient les pinces du Scorpion, c’est pourquoi, cette constellation de l’Écliptique apparaît sur ce montage, du fait de son exclusivité égyptienne ), les Constellations en Violet sont celles que l’on découvrit au 17 ième Siècle mais qui existaient déjà, certes sous un autre nom, mais sous la même forme à l’époque de l’Égypte Antique.

Voici le Zodiaque circulaire sans les couloirs afin que vos yeux puissent recréer ces couloirs afin de bien visualiser les constellations dans ceux-ci :

Évitons de penser qu’il n’existe qu’une seule forme pour les Constellations, en effet, chaque constellation est dessinée par les Astronomes sous différentes formes, prenons par exemple, la Constellation Hercules :

On remarque qu’il existe en général, plus de 4 formes différentes mais officielles pour chaque Constellation.

Si vous ne reconnaissez pas une constellation selon la forme que lui avaient donné les créateurs du Zodiaque circulaire Égyptien, il est nécessaire de faire une recherche dans plusieurs sources différentes par exemple sur Internet, pour trouver celle qui se rapproche le plus des Anciens Égyptiens.

Mais rassurez-vous, celles que les Égyptiens avaient dessinées ont précisément servi de base aux Astronomes qui suivirent jusqu’au 20 ième Siècle de notre ère, car sans l’Égypte Antique, l’Astronomie que nous connaissons n’existerait pas, les Grecs s’en sont inspirés et nous, nous nous sommes inspirés des Grecs.

Les Anciens Égyptiens avaient aussi calculé :

-L’orientation de la Grande Pyramide vers les quatre points cardinaux est irréprochable: elle est exacte, à quatre minutes trente-cinq secondes près, le couloir descendant est aligné avec l’étoile polaire.

-La coudée sacrée, soit 0,635 660 m, multipliée par dix millions, égale 6 356 600 mètres, c’est le rayon polaire de la Terre (6 356,8 km).

-La distance de la Terre au Soleil avec un décalage de – 0,8 %

Il est donc erroné d’affirmer que la Mésopotamie est le berceau de l’Astronomie, comme il est erroné d’affirmer que les Grecs ont développés l’Astronomie en Égypte Antique, si cela avait été le cas, les Anciens Égyptiens n’auraient pas crée la Constellation de la Balance.

Nous savons que cette Constellation qui équivaut à l’Équinoxe d’Automne, c’est à dire à la période ou les jours et les nuits sont de durée égale, est primordiale pour l’Égypte Antique, puisqu’elle représente aussi la Balance de la Déesse Maât et par extension l’Équilibre de l’Univers, son importance dans « Le Livre des morts » dont le titre égyptien est : « Livre pour Sortir au Jour » tire ses origines dans une longue tradition scripturale qui remonte jusqu’à l’Ancien Empire égyptien ( -2700 à -2620 ), évoque à quel point son rôle est important dans la Culture de l’Égypte Antique.

Un dernier point et non des moindres est intéressant à développer, il a été dit à plusieurs reprises dans ce travail de recherche que le Zodiaque n’est pas une carte du ciel d’un moment donné comme le prétend Eric Aubourg, mais qu’il s’agit plutôt d’une encyclopédie.

Les 36 Décans du Zodiaque de Denderah :

On peut lire aussi sur le panneau explicatif du Musée du Louvre :

« La voûte céleste est représentée sous la forme d’un disque soutenu par quatre femmes, aidées par des génies à tête de faucon. Sur son pourtour, 36 génies ou « décans » symbolisent les 360 jours de l’année égyptienne. »

Nous savons à ce stade de notre enquête, que les Anciens égyptiens étaient des géomètres hors pair, de fait comment concevoir qu’ils aient pu à ce point négliger la division d’un cercle en 36 parties égales, si nous tenons compte de ce qu’affirme le Musée du Louvre à propos de ces « fameux » décans :

Si nous observons bien l’image ci-dessus, on constate qu’il y a des espaces entre les personnages qui différent largement de l’espace ( qui d’ailleurs ne devrait pas exister si on divise un cercle par 36 parts ) qui sépare les personnages de ce que le Musée du Louvre nomme le « cercle des décans ».

Ces espaces différents sont visibles en négatif ( couleur bleue ) sur le Zodiaque Circulaire Egyptien.

Pourquoi y a t’il des espaces, pourquoi sont ils de dimensions différentes ?

Et les 36 personnages du « cercle des décans », si ce sont des personnages représentant des décans, pourquoi eux aussi ont ils un rayon de dimension différente les uns par rapport aux autres ?

D’autant que nous avons vu que 3 constellations : Ara ( Autel ), Eridanus ( Fleuve ) et Cetus ( Baleine ) font partie de ces 36 personnages, de fait, il faudrait les distinguer en les ôtant de ce « cercle des décans », ce qui ramène le nombre de ce « cercle des décans » à 33 et non 36.

33 ne correspond plus au système des décans, puisque on nous précise que chaque décan correspond à un tiers d’un douzième du cercle grâce au calcul suivant : 1 douzième divisé par 3.

Certes, il ne faut pas confondre décade ( période de 10 jours ) avec décan ( un période d’un tiers ), mais rappelons que le calendrier nilotique est basé sur un cycle de 360 jours, et que chaque semaine égyptienne comptait 10 jours.

Ce « cercle des décans » n’en donc pas un, d’après l’egyptologue Antoine Gigal, il s’agirait d’un cercle indiquant des heures, non pas en tant qu’horloge mais en tant qu’indications suivant les levers et les couchers du soleil.

Le Nombre 33 correspond à :

-Le nombre d’or (phi=33=or)

-C’est nombre dodécagonal

-C’est le nombre de vertèbres d’une colonne vertébrale humaine normale

-C’est la quantité de lunes orbitant autour de la planète Saturne.

-…

et aussi :

-Le grade le plus élevé de l’ordre des Francs Maçons.

Astronomiquement : la déclinaison 33° indique la position de la Constellation Hydra ( l’Hydre Femelle ), sur laquelle est « posée » la Constellation du Lion comme on peut le voir sur le Zodiaque Égyptien et l’ascension droite 33° semble indiquer la Constellation du Bélier, soit l’Équinoxe du Printemps.

Géographiquement : le 33e méridien Est indique entre autre le tropique du Cancer qui porte ce nom car, il y a environ 2 000 ans, le Soleil entrait dans la constellation du Cancer lors du solstice de juin mais cette latitude traverse aussi l’Égypte, le parallèle 33° Nord traverse également le Pays d’Osiris.

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Le Secret de la Découverte du Zodiaque de Denderah ou l’Imposture de Champollion.

La Découverte de Desaix : 

Voici la lettre que le Général Desaix fît parvenir à Napoléon rentré en France :

« Je suis désolé, d’être obligé de vous parler sur le ton de l’inquiétude. Quand nous serons sortis de cette horrible situation, j’espère trouver moi-même tout ce qu’il me faut et ne jamais plus vous tourmenter. Si l’armée ne traverse pas le désert à la vitesse de l’éclair, elle périra ! Elle ne trouvera pas de quoi désaltérer mille hommes. La plus part des eaux sont dans des citernes qui, une fois vidées, ne se remplissent plus. Les villages sont des huttes entièrement sans ressource. De grâce, mon général, ne me laissez pas dans cette situation. La troupe se décourage et murmure. Faites-nous avancer ou reculer à toutes jambes.  »

Desaix général

Nous nous souvenons que Bonaparte avait donné comme mission à Desaix de descendre plus au Sud de l’Égypte, nous allons donc analyser ce que lui et ces soldats ont découvert pour parler plus en détails du Zodiaque de Denderah.

L’Artiste le Baron Denon, avait obtenu sans peine de suivre la division Desaix lorsque celle-ci remonta la vallée du Nil.

Desaix remonte le nil

On raconte qu’après une longue marche durant laquelle elle avait été en proie à de cruelles privations, la division du général Desaix arrivant le soir à Denderah, saisie d’un sentiment d’admiration à la vue du grand temple, se mit à applaudir ce monument à trois reprises.

soldats-napoléon

Un soldat répondant au nom de Roy, nous narre ce moment :

« Le 23, nous arrivâmes à Denderah, l’ancienne Tentyris, célèbre par le magnifique temple d’Hathor, dont le portique subsiste encore avec ses huit colonnes, brillantes de couleurs que le temps n’a pas effacées, et surmontées de leurs chapiteaux étranges, formés par des têtes de femmes à oreilles de génisse. Derrière le grand temple est le temple d’Isis, non moins remarquable par son architecture. Desaix, qui aux qualités brillantes d’un grand capitaine joignait l’instruction d’un savant et le goût qui distingue un ami des arts, vint avec ses officiers visiter aussi ces ruines. Il s’entretint familièrement avec nous nous demandant compte des observations que nous avions faites avant son arrivée, et nous faisant part lui-même de ses remarques, toutes empreintes d’une justesse et d’une sagacité remarquables. Ainsi, parmi les ornements qui décorent le portique du grand temple d’Hathor, il en signala un qui avait échappé jusque-là aux investigations de tous : c’est un zodiaque circulaire où, au milieu de figures hiéroglyphiques et de représentations de divinités égyptiennes. »

Mais contrairement à ce que raconte la légende, ce n’est pas Desaix qui ramena le Zodiaque de Denderah à Paris, Desaix qu’on nomma « le Juste » fût, et c’est Napoléon qui le souligna lui-même, cet homme qui permit à l’Égypte de renaître de l’oubli du sable du désert, le général Desaix réussit en même temps à accomplir sa mission militaire et à protéger les savants qui l’avaient accompagné.

On dut attendre 21 ans pour que le Zodiaque de Denderah soit déplacé à Paris. Le Temple de Hathor était ensablé depuis des siècles et le resta encore jusqu’au moins 1880, seul la terrasse était accessible, elle servit de garnison pour les soldats de Bonaparte.

denderah vu du ciel

Parmi les soldats, se trouvait donc aux cotés de Desaix le militaire mais « ami des arts », Dominique Vivant (1747-1825), baron Denon, dit «Vivant-Denon» qui fût Directeur Général des Musées et Organisateur du Musée du Louvre  :

Baron Denon

Il avait accompagné l’Expédition Bonaparte en Égypte, où il rédige son Voyage dans la Basse et la Haute Égypte publié en deux volumes en 1802 et qui a connu 40 rééditions au cours du XIXe siècle.

À 51 ans, il réalise sa vocation première : redevenir le dessinateur qu’il a toujours été.C’est en effet lors de la campagne d’Égypte, entre 1798 et 1799, qu’il s’adonne, à cheval, à son passe-temps préféré : le croquis de voyage, le lavis à l’encre brune sur papier blanc ou bleu, le dessin au trait à la plume à la pierre noire ou à la sanguine sur papier calque ou sur papier légèrement orangé.

Denon dessinant

Il ne cesse de se consacrer à l’eau-forte, à la lithographie et au relevé archéologique. Avec le temps, l’œuvre graphique de Denon prend du poids puisque l’on a répertorié près de six cents planches de gravure signées de sa main et pas moins de quatre cents croquis rapportés d’Égypte. Voici ce qu’il a dit à propos du Temple de Denderah :

« J’ai estimé que j’étais dans le sanctuaire des arts et sciences…Jamais le travail de l’homme n’a montré le genre humain dans un point de vue si splendide. Dans les ruines de Denderah, les Égyptiens m’ont apparu des géants. »

Il visita plusieurs fois le Temple de Denderah, et fit le fameux dessin du Zodiaque circulaire, qui, sans être rigoureusement fidèle, suffit, au total, pour donner une idée approximative de l’original :

zodiaque du baron Denon

De retour à Paris, alors que Desaix l’infatigable, meurt le 14 juin 1800 lors de la Bataille de Marengo, en Italie, M. Denon n’avait pas encore publié son dessin, que les personnes qui avaient vu en Égypte le monument original, s’empressaient de faire connaître au monde savant le résultat de leurs premières observations.

Il parut alors dans le Magazine encyclopédique de 1801, des fragments d’une lettre qui contenait une courte description du planisphère et des conjectures sur son antiquité mais le rédacteur du Magasin encyclopédique les avait altérés, en ne les reproduisant pas sous leur forme originale.

Cependant, les théories entreprises pour expliquer le monument astronomique du temple de Denderah étaient exposés à un autre genre d’objection assez grave. Quelques doutes s’étaient élevés sur l’exactitude du dessin qu’ils avaient publié. Puisqu’on n’en possédait qu’un seul dessin. On sentit dès lors combien il était nécessaire, pour terminer s’il était possible cette discussion, de posséder au moins une autre copie pour la comparer avec celle du Baron Denon, à défaut de l’original, qu’on ne pouvait pas encore espérer voir arriver en Europe.

Polémique égyptienne à Paris :

Ce monument était à peine connu en Europe; on n’en possédait encore aucune copie passable, que déjà il était l’objet des recherches des plus savants, et que bientôt il fut une matière de discussion dans tout Paris. L’explication pure et simple du monument fut dès lors le moindre objet dont on s’occupa; on n’y rechercha plus que des preuves, bonnes ou mauvaises, mais toujours très contestables, de l’opinion qu’on voulait soutenir. Frappé de la haute importance du planisphère de Denderah, M.Sebastien-Louis Saulnier, secrétaire général de la police sous l’Empire, puis préfet et député élu en 1815 et 1816 ( 1790 – 1835) :

saulnier

Saunier songea à s’assurer la possession d’un monument aussi célèbre. Bientôt il s’occupa des moyens d’exécuter cette difficile et dispendieuse entreprise, et chargea M.Lelorrain de ramener le disque céleste d’Egypte. M.Lelorrain partit vers le début du Mois d’Octobre 1820, muni de tous les instruments propres à faciliter, de la manière la plus prompte et la plus sûre, l’enlèvement du planisphère. En quittant Paris, il reçut des instructions de quelques membres de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres, qui avait été informée par M. Saulnier de son voyage.

Expédition en Égypte pour ramener le Zodiaque de Denderah à Paris :

carte egypte

A peine arrivé au Caire, M.Lelorrain fut obligé de perdre beaucoup de temps en formalités car les Antiquaires sur place s’étaient approprier des zones qu’on ne pouvait fouiller sans autorisation; qui cela va de soi, étaient monnayer au prix fort, dont le bénéficiaire final était le pacha Méhémet Ali (1769 à 1849 ).

Méhémet Ali, était un Albanais de Macédoine ( la Macédoine était à cette époque sous domination Ottomane ) qui fonda en 1805, la Dynastie des Alaouites, qui elle est d’origine Syrienne Ottomane.

Après la défaite des Français, Méhémet Ali fût envoyé par Sélim III ( 1761 à 1808) qui fût sultan de l’Empire ottoman, pour reconquérir l’Égypte occupée par l’armée française de Bonaparte en éliminant les derniers Mamelouks qui  même si ils étaient au service des sultans ottomans, n’hésitaient pas se révolter contre l’Empire Ottoman.

mehmet ali

Une guerre civile tripartite éclata entre l’armée turque ottomane, les Mamelouks de Mourad Bey ( 1750 à 1801 ) d’Égypte et les mercenaires albanais.

Le vassal Méhémet Ali s’en sort victorieux et est reconnu comme wali (gouverneur de province) d’Égypte, mais il se brouilla avec le sultan Sélim III et entra en guerre contre lui en 1831.

La Dynastie du Pacha Ali dura de 1805 jusqu’en 1952, année de l’abdication du roi Farouk 1er ( 1920 à 1965 ), qui, et c’est pour le moins, assez particulier, fît sculpté une copie du Zodiaque de Denderah sur le plafond d’un de ces palais, au nord de la ville d’Helwan.

ZODIAC FAROUK

L’Égypte Anglo-Ottomane :

Certes, les Anglais sont les vrais maîtres de l’Égypte à cette époque, puisque le Pays des Pharaons devint Protectorat Anglais depuis la défaite de la Flotte Française.

Dans toutes les parties de l’Égypte de l’époque de Bonaparte, les Turques ont cessé de s’opposer à la recherche des antiquités, car les Turques pensent que les européens sont comme des Magiciens, qu’eux seuls ont l’art d’extraire des monuments avec les inappréciables richesses qui y sont contenues.

En conséquence, les Turques vendent aux voyageurs européens les antiquités qu’ils se sont appropriées, ou ils les aident, pour un salaire, à prélever celles qui les intéressent; convaincus qu’ils doivent désormais renoncer à en tirer un parti plus avantageux.

M. Lelorrain n’éprouva donc aucune difficulté à déterminer les habitants du bourg de Denderah, à seconder l’exécution de ses projets. Profitant d’un moment favorable, où on le croyait sur les bords de la mer Rouge, il arrive en cachette à Denderah, et muni de l’approbation du Pacha, commence à exécuter l’entreprise qui l’avait amené en Egypte, aider par quelques Turques qu’ils avaient dégottés sur le chemin, nous étions le 18 avril.

denderah-ensablé

M.Lelorrain fût véritablement ému de découvrir un tel vestige, il l’observa un certain temps, comme dans un moment de recueillement tant, la magnificence du Temple ne laisserait personne indifférent.

On sait que c’est dans les constructions supérieures du Temple de Hathor, à Denderah, qu’était le planisphère de pierre tant convoité.

Entrée sur le côté du Temple de Denderah

En sortant du portique, et en prenant sur la droite pour faire le tour du temple, on trouvait une entrée secondaire, qui donnait sur un escalier sculpté de bas reliefs représentant des prêtres en procession, menant à la terrasse.

dendera-escalier

Une ouverture évidemment forcée à travers l’entablement, donne accès sur la plate-forme qui couvre cette vaste enceinte.

vision sur le toit de la chapelle

Des cultivateurs arabes y avaient construit un village en terre dont les débris existent encore, dans le but probablement de se mettre à l’abri de la cavalerie des Mamelouks ou de celle des Bédouins.

habitations au dessus du temple

La chapelle où se trouvait le zodiaque était directement à l’opposé de la chapelle extérieure :

chapelle-terrasse1

A l’époque de Napoléon, on pénètre dans la chapelle par un grand trou pratiqué de force dans l’entablement de l’édifice :

trou sur le toit

Car n’oublions pas que le Temple avait été ensablé durant des Siècles; ce « trou » conduit dans la première des trois pièces, qui est celle qui contenait le zodiaque.

Le plafond, est entièrement couvert de sculptures, il est divisé en deux portions égales par une grande figure de femme que certains identifient aux Déesses Isis ou Nout; cette figure, dont les bras sont allongés au-dessus de sa tête, occupe toute la longueur du plafond.

plafond de la chapelle de denderah

Pour celles et ceux qui le souhaitent, vous pouvez découvrir le Temple de Denderah comme si vous aviez fait partie de l’expédition de Bonaparte en Egypte, en lisant l’émouvant livre : « Description de l’Égypte, ou, Recueil de observations et des recherches qui ont été faites en Égypte pendant l’expédition de l’armée française  » , édité par l’Imprimerie royale, en 1810, rédigé par Claude Louis Berthollet, Gaspard Monge, …dont voici le lien pour en découvrir chaque page.

Extraction du Zodiaque :

A droite quand on entre dans la chapelle, on voit sur le plafond, une scène astronomique ou astrologique dont il est assez difficile de déterminer le sujet mais qui représente la déesse Nout encadrant une série de 14 barques ( ces 14 barques sont à mettre en relation avec la légende osirienne décrivant la deuxième victoire de Seth sur Osiris et le démembrement du corps d’Osiris en 14 parties, dispersées dans les 14 nomes ou provinces, Isis l’épouse-soeur dans sa seconde quête va tenter de retrouver les 14 fragments afin de reconstituer Osiris, c’est pourquoi cette chapelle est dédiée à Osiris ) ; en face au milieu dans le mur, on voit une ouverture qui donne sur une pièce fermée; et à gauche sur le plafond, on voit le planisphère dont deux cotés sont ornés de « zig-zags » multipliés.

On avait pensé qu’il serait facile d’enlever par le haut la dalle qui contenait le planisphère et qu’on pouvait le faire glisser sur un exhaussement du terrain qui se terminait en pente douce, on aurait ensuite, sans beaucoup de peine, conduit le monument jusqu’au Nil, au moyen d’un traîneau préparé à cet effet. Mais M. Lelorrain éprouva plus de difficultés qu’il ne croyait, à cause de l’extrême épaisseur des pierres qui forment le plafond, voici comment il rend compte lui-même de ses opérations :

« Sur des renseignements qui nous avaient été donnés à Paris par des gens qui avaient été sur les lieux, nous avions cru que le planisphère était d’une seule pierre; c’était une erreur.

plan-de-la-chapelle-avec-indications1

Le plafond de la chambre où il était placé était composé de trois pierres; la grande statue occupait le tiers de la pierre du milieu; le planisphère le tiers de gauche; une autre pierre contenant la scène astronomique formait le restant du plafond.

intérieur de la chapelle avec la déesse Nout les bras vers la terrasse

Le Zodiaque occupait entièrement une de ces pierres, et le quart environ de celle du milieu. D’un côté , il touchait le mur, et du côté opposé, à l’une des légendes qui encadrent la grande figure de femme. Les deux autres extrémités étaient bordées par des traits en zig-zag que l’on voit dans beaucoup de bas-reliefs égyptiens et que l’on suppose figurer l’eau. J’avais d’abord pensé à conserver les bordures en zig-zag; mais outre qu’elles n’entouraient pas les quatre faces, et que je pensais que cela n’était qu’un remplissage sans aucun intérêt, je calculai que la grande pierre allait être augmentée de près du double en poids, il me serait alors impossible de la manier; je me suis donc borné à enlever tout ce qui constituait le planisphère, dont la surface se réduit à un peu moins de huit pieds carrés ( 2 m52).

dimensions du zodiaque de denderah

Cette explication me conduit naturellement à entrer dans quelques détails relatifs à l’enlèvement du planisphère. Je fus d’abord très embarrassé pour faire un trou au plafond, afin d’y introduire la scie; il fallait pénétrer des pierres de trois pieds d’épaisseur, et je ne pouvais songer à le faire avec le peu de ciseaux et lames que je possédais; car s’ils avaient été employés à cet usage, il ne m’en serait plus resté pour dégrossir ; j’imaginai donc de scier diagonalement, et au dehors, la pierre de la statue; mais, autre inconvénient, la scie ne voulut pas mordre à sec, encore moins à frais; et pour la faire pénétrer dans la chambre, il fallait tailler en même temps la pierre de support, qui avait trois pieds de hauteur sur autant de profondeur; pour remédier au premier inconvénient, je fis faire des dents aux scies, alors elles commencèrent à travailler, je les fis opérer diagonalement, autant que leur longueur pouvait le permettre ( vous remarquerez que je ne pouvais pas scier perpendiculairement, puisque la masse était de six pieds, et que les scies n’avaient pas plus de cette longueur ); je n’atteignis pas cependant l’intérieur de la chambre.

poudre à fusil

J’imaginai alors un expédient qui me réussit complètement; j’avais emporté de la poudre à fusil; je commençai par miner le morceau que j’avais scié; je le fis d’abord avec beaucoup de précaution, pour connaître la portée de la mine et la force de la poudre, lorsque je fus bien fixé sur ce point, j’opérai avec sécurité. J’eus le plaisir, après deux jours du travail, le plus fatigant, ( puisque j’étais obligé d’opérer moi-même au soleil, par une chaleur de 40 degrés) de parvenir à faire enfin un assez grand trou, que j’élargis ensuite avec des ciseaux et burins, pour y introduire la scie.

Au moyen des précautions que j’avais prises, le jeu de la mine ne fit que peu de dégâts. Je croyais avoir beaucoup gagné; mais il se trouva que l’on ne pouvait pas scier plus d’un pied de pierre par jour; les trois côtés à scier avaient 24 pieds; il aurait fallu perdre un temps considérable et j’étais pressé; on ne pouvait pas ignorer longtemps mon opération; alors tout était perdu. Je fis donc deux autres trous également dans les zig-zags; de sorte que je pus faire manœuvrer à la fois trois scies.

scies 1820

Tout allait bon train ; je voyais mes trois scies opérer; j’avais stimulé mes Arabes qui travaillaient avec une ardeur incroyable; je ne quittais pas un seul instant les travaux pour pouvoir surveiller le mouvement des scies, lorsque je tombai malade, mais de telle sorte, qu’il ne m’était pas possible de remuer; indépendamment d’une fièvre horrible, tous mes nerfs s’étaient retirés vers les articulations. Cet état affreux dura dix jours; je n’avais pas de médecin; je ne jugeai pas à propos d’en faire venir un celui; un de mes Arabes me guérit avec le suc d’une herbe que je ne connais pas. Cependant, il était de la dernière importance de ne pas interrompre les travaux. Mon drogman était très intelligent; il m’avait aidé constamment dans la surveillance de mes Arabes; au moyen d’une forte récompense, je l’engageai à me remplacer: c’est alors que le travail devint irrégulier.

Le drogman, par excès de précaution, et pour ne point entamer le planisphère, donna aux scies une direction oblique, qui a produit une inégalité dans l’épaisseur des pierres et dans la coupe des zig-zags; cette inégalité, au reste, n’a « endommagé » que très « peu » le zodiaque. Si je n’ai pas enlevé la statue et la scène astronomique qui l’accompagne, en voici le motif: il m’eût fallut au moins cinquante jours de travail de plus et de nouveaux outils, les miens ayant tous été usés pour l’enlèvement du planisphère. Si mon opération n’avait pas fait trop de bruit, je faisais faire de nouveaux outils au Caire, et je remontais le Nil; mais, au moment où je partais pour cette ville, un Chef de Tribu donna l’ordre de ne point me laisser enlever le planisphère; cet ordre avait été donné à la sollicitation de M. Henry Salt (1780- 1827) , artiste, diplomate et égyptologue nommé consul-général britannique au Caire en 1815.

henry salt

Il avait été instruit de mon opération. Comme les ruines de Denderah sont dans la partie de l’Egypte dont M. Salt, s’est réservé la possession exclusive, il n’est pas étonnant qu’il ait cherché à empêcher M. Lelorrain d’exécuter son entreprise; la chose est d’autant moins surprenante, que M. Salt songeait lui-même à faire pareille opération Mais l’ordre expédié au chef de tribu trop tard; car en revenant au Temple, j’eus la bonne surprise de voir que mes arabes avaient réussi à extraire complètement le fameux zodiaque. C’est ainsi que je pus faire acheminer le monument jusqu’au Nil, prêt à se diriger vers le Caire. »

vue du nil

Il a fallu 16 jours pour couvrir les 6,5 kilomètres pour traîner la Pierre Zodiacale jusque’au Nil. Et arrivé jusque là, Lelorrain rencontra un autre problème, en effet à cette époque de l’année, le Nil était à son plus bas. Lelorrain dut construire une rampe de 18 mètres de long pour faire glisser la Pierre jusqu’au bord de l’eau. Et lorsque Lelorrain arriva à la charger sur le bateau, l’embarcation faillit couler sous le poids de la Pierre.

On voulut s’en saisir sur le bateau où il était embarqué mais M. Lelorrain eut l’idée ingénieuse de place un mouchoir blanc, attaché au bout d’un bâton, au-dessus du planisphère, et réclama ainsi contre la violation du pavillon de France; ce stratagème ingénieux lui réussit; les autorités du pays n’osèrent aller plus loin, et le monument descendit paisiblement le Nil, sous la sauvegarde du signe protecteur que M. Lelorrain avait arboré.

A peine arrivé au Caire, il eut à soutenir de nouvelles contestations; l’affaire fut portée devant le pacha, qui jugea lui-même, et donna gain de cause au voyageur français; il n’en pouvait guère être autrement, puisque, comme toutes les personnes qui en Égypte ont fait des recherches d’antiquités à cette époque, M. Lelorrain n’avait agi qu’avec la permission du gouvernement moyennant finances…

vue du caire

Le planisphère partit bientôt pour Alexandrie, qu’il quitta le 11 juillet 1820, pour être transporté à Marseille où il arriva à la fin du mois de septembre de la même année, là quelques marchands d’antiquités ont essayer de se l’approprier durant la période de quarantaine mais l’objet ne devait pas rester dans le Sud.

marseille port napoléon

Il fut expédié pour Paris, où il arriva vers le 15 janvier 1821, c’est cette année là, 5 mois plus tard, le 5 mai précisément, que décédera Napoléon Bonaparte.

Paris 19 ème

M. Saulnier réussit à vendre au Roi Louis XVIII ( 1755 à 1824 ) le Zodiaque de Denderah, que le Souverain a payé de ses deniers et dont la somme était 150.000 fr. ( Une commission choisie dans les académies avait fixé le prix du monument à cent cinquante mille francs mais le roi donna , sur sa cassette , la moitié de cette somme ; le reste fut fourni par le ministère de l’Intérieur. C’est ce que atteste Jean-Baptiste Biot, chargé de signer l’acte d’acquisition au nom du gouvernement. ).

louis XVIII

Saulnier dut malgré tout insister comme en témoigne cet extrait de sa correspondance avec la Maison du Roi :

 » Pour mieux convaincre encore V. Exc. du désir que nous avons de traiter avec le Gouvernement, nous proposons de consentir à n’être remboursés que par des paiements successifs qui seraient répartis entre deux ou trois exercices.

L’acquisition du Planisphère de Denderah, si le remboursement en était réglé de cette manière, ne serait assurément ni onéreuse ni gênante pour le ministère de l’intérieur. […] Nous sommes entrés dans ces explications parce que nous voulons constater d’une manière authentique, près de votre Excellence, le désir sincère que nous éprouvons de conserver à la France, où tant de genre de convenances ont marqué sa place, le précieux monument dont nous sommes possesseurs. »

Le monument fut acquis par le Roi en 1823, soit 2 ans après son arrivée à Paris, parce qu’ une commission fût nommée pour expertiser l’artefact.

Constatation sur place à la Bibliothèque Royale :

analyse du zodiaque à la bibliothèque royale

Une réception gigantesque eut lieu, qui dépassa de loin l’engouement des foules pour les expositions Ramsès II, et même Toutankhamon ! Les Savants se réjouirent de l’arrivée de cet artefact égyptien. Charles Émile de Laplace ( 1789 à 1874 ), militaire et homme politique :

charles emile de laplace

rassembla pour un dîner, le soir même de l’arrivée du Zodiaque, plusieurs des plus brillants scientifiques français, dont Dominique François Jean Arago ( 1786 à 1853 ), astronome, physicien, Jean-Baptiste Biot ( (1774 à 1862 ) , physicien, astronome et mathématicien, Claude Louis Berthollet ( 1748 à 1822) , chimiste et Joseph Fourier ( 1768 à 1830 ), mathématicien et physicien ainsi que le chimiste anglais et théoricien atomique John Dalton ( 1766 à 1844 ).

invités de Laplace

La plupart des autres savants ( dont certains d’entre eux cherchant à se faire engager comme académicien ), proposaient des théories sur la datation du zodiaque, d’autres se penchèrent sur les capacités réelles que les Anciens Égyptiens possédaient pour traiter de l’Astronomie.

Les uns prétendirent que, ce temple datant de l’époque gréco-romaine, d’autres qu’il ne s’agissait là que d’un ornement zodiacal sans aucun intérêt. D’autres affirmèrent  que le dessin des saisons était d’une période égyptienne de 2.000 ans antérieure aux grecs.

Pour certains, cette « carte du ciel » ne datait donc pas des grecs et encore moins des Romains, elle indiquerait une période antérieure à Abraham et même au Déluge ( nous verrons plus loin, ce qu’il en est pour sa datation véritable ). Mais, les opinions des savants du monde entier prirent des partis opposés entre eux, à tel point que plus de deux cents « mémoires » furent déposés dans les différentes Académies, tant à Paris, qu’à Berlin, Saint-Pétersbourg, Londres, etc.

Toutes ces spéculations étaient dues aux erreurs que les copies du Zodiaque de Denderah, contenaient en nombre, il suffit par exemple de lire ce que Camille Duteil (1808-1860) concluait encore dans son livre « Traité du zodiaque de Dendérah et des planisphères horoscopiques de l’Inde, de la Perse et de l’Égypte », paru en 1838, chez l’imprimeur Aurélien Castillon :

BOUVIER devenu chacal selon Camille Duteil

Ainsi donc selon l’auteur du Dictionnaire des hiéroglyphes, au-dessous de la Vierge, ce personnage évoquerait un homme dont la tête est surmontée d’un croissant de la Nouvelle Lune et il tiendrait dans ses mains l’Aleph numérique. Ce personnage que l’on distingue bien sur le zodiaque serait donc un chacal, pourtant, nous connaissons bien l’apparence du Chacal, incarné par Anubis :

anubis et le taureau bouvier

Le chacal Anubis a les oreilles droites, sa posture est en général altière, bien droite et on ne le voit jamais tenir une houe, car il s’agit bien d’une houe, c’est à dire l’outil agricole et non pas du symbole de l’alpha numérique :

houe egyptienne

Pourtant, il aurait suffit à Camille Duteil, de se fier à la Constellation de la Vierge dont l’épi de blé qu’elle tient en main symbolise le temps des moissons pour tenir compte de cette houe, pour conclure que son personnage n’a pas une tête de chacal mais celle d’un boeuf ou d’un taureau, ce qui nous indique que le croissant de la nouvelle Lune que Camille Duteil semble voir, n’est rien d’autre que les cornes de ce Boeuf ou taureau, qui rappelons-le était très précieux pour l’agriculture.

bouvier zodiaque

C’est ce genre d’interprétation parmi d’autres qui fît affirmer à certains des théories aussi incroyables que qu’improbables; mais il ne s’agit pas ici de diminuer l’intérêt que l’on pourrait avoir pour le zodiaque de Denderah, au contraire, mais il est important qu’on puisse discerner les extravagantes explications des uns et les explications crédibles des autres, une étude approfondie du contenu du zodiaque égyptien vous est proposé dans le livre « Les Voleurs d’Etoiles ou Le Secret du zodiaque de Denderah ».

Ce qui est particulier dans le cas de Camille Duteil, c’est qu’il faisait partie de ceux qui s’opposaient aux datations des savants comme Biot.

Le clan constitué des penseurs de la chronologie biblique, mené par Monseigneur Affre, Archevêque de Paris qui menaça en bloc tous les blasphémateurs et les impies pris de « zodiacomanie » d’une excommunication totale, nous reviendrons un peu plus loin sur ce clan.

Événement à Paris :

L’arrivée du Zodiaque de Denderah fût un tel événement qu’on en fît même une pièce de théâtre sous le titre : « Le Zodiaque de Paris » écrite par M. Théaulon Ferdinand et Brisset, et fût représentée pour la première fois au Théâtre du Gymnase Dramatique, le 2 septembre 1822.

Feuillets du zodiaque de Paris

Cette pièce de théâtre ne relate en rien le zodiaque de Denderah, ni l’expédition quant à son déplacement, ni l’étude de son contenu, il s’agit seulement de profiter de l’événement de l’arrivée du zodiaque à Paris.

En effet, la pièce raconte par le biais de personnages comme Osiris, Mercure et d’autres, une sorte de rencontre entre l’occident et cette Égypte antique qui semblait se réveiller après un sommeil de presque 2000 ans.

« L’affaire du Zodiaque » en passionnait plus d’un et suscitait toujours autant d’intérêts que même 12 ans après son arrivée en France, comme en témoigne le « Magasin Pittoresque », dans le numéro 40, date de publication 1 Janvier 1833, on en parlait encore : L’article relate :

« À la différence de l’obélisque de Louqsor, cadeau d’État de Méhémet Ali, vice-roi d’Égypte, qui, à l’instigation du baron Taylor puis de Jean-François Champollion, offre à la France au début de 1830, la plupart des oeuvres d’art parvenues à Paris dans la première partie du siècle ont été pillées par des aventuriers ou des archéologues qui ont réussi à les soustraire aux Anglais. Le zodiaque de Denderah, découvert par l’expédition Desaix en Haute-Égypte et dessiné par Vivant Denon, a été rapporté en France en 1821 : un certain M. Lelorrain, mettant à exécution le projet de conquérir pour la France ce fameux zodiaque, s’embarqua avec scies, ciseaux, crics et traîneau confectionnés à Paris. À l’insu des Anglais. il dut faire scier le plafond du grand temple, utiliser la poudre pour accélérer le travail et transporter l’objet jusqu’au Nil. Malgré l’intervention du consul d’Angleterre au Caire, il parvint à gagner Alexandrie et à l’embarquer pour la France, le 11 juillet 1820. Finalement, acheté par le gouvernement, le zodiaque est aujourd’hui placé contre une muraille d’une salle de la Bibliothèque Royale »

MAGAZINE PITTORESQUE

Le Zodiaque de Denderah continua à fasciner même les peintres comme Adrien Guignet ( 1816 à 1854 ) qui n’hésita pas à l’insérer dans son oeuvre Joseph expliquant les rêves du pharaon exposée pour la première fois lors du Salon d’Art du 15 avril 1845 à Paris, rassemblant différents artistes ( son tableau est visible actuellement au Musée des Beaux Arts de Rouen ) :

Joseph Explaining the Dream to Pharoah, Jean Adrien Guignet

Curieuse oeuvre que Théophile Gautier ( 1811 à 1872 ) critiqua comme étant une oeuvre « ratée » qui nous montre le Zodiaque de Denderah positionné verticalement derrière le Pharaon.

Mais pour qui connaît l’histoire de cet artefact astronomique égyptien, on sait que cette peinture est subversive et anticlérical.

Champollion mandaté par le Vatican avait fait une erreur de datation de 2 siècles voir 5 selon d’autres sources, en datant ce zodiaque égyptien du IIe siècle de notre ère et ce afin de contredire tous ceux qui affirmaient que la dalle astronomique trouvée dans la chapelle d’Osiris remontait à une époque antérieure à la naissance du Christianisme.

De fait, l’oeuvre de Adrien Guignet s’oppose ouvertement à la version de Champollion, la marionnette du Pape Léon XII, son tableau est donc un témoignage vivant de la société Française divisée entre raison et spiritualité.

Le Musée du Louvre, futur héritier du Zodiaque de Denderah :

Le futur héritier du zodiaque circulaire Égyptien, fût sans nul doute, le Musée du Louvre qui devint du jour au lendemain, le fameux musée que le monde entier connaît aujourd’hui, mais à cette époque là et depuis sa fondation le le 10 août 1793 par C. C. F. de La Billarderie, comte d’Angiviller (1730 à 1810), le musée se nommait encore sous le nom Muséum central des Arts de la République et exposait principalement des peintures.

C’est sous Napoléon Bonaparte que le musée se remplira d’oeuvres d’arts telles que des sculptures qui furent confisquées comme prises de guerre lors des différentes Campagnes.

C’était d’ailleurs le Baron Denon qui était chargé de « faire son marché » dans les Musées et autres Palais Royaux notamment en Prusse afin d’y choisir les plus belles pièces.

musée du Louvre

Vivant Denon qui avait été le directeur du musée démissionna de son poste le 8 octobre 1815 peu après la dernière abdication de Napoléon. Le musée ferma ses portes, le 15 novembre 1815, il ne rouvrit que le 22 juillet 1816 sous le nom de musée royal du Louvre sous l’ordonnance de Louis XVIII, même si officieusement on continuait à le nommer le Musée Napoléon, nom qu’on lui avait donné sous l’Empire.

C’est en 1922 que le Zodiaque de Denderah déménagea de la Bibliothèque Royale devenue Bibliothèque Nationale et qui sous Napoléon se nommait la Bibliothèque Impériale, ce n’est qu’à partir de 1927 que le musée du Louvre devient musée national, mais

Le Baron Denon était à la fois heureux de voir arriver à Paris, ce Zodiaque qu’il avait esquissé à Denderah, alors qu’il accompagnait les soldats de Bonaparte mais aussi très inquiet du sort qu’allait lui réserver les savants du 19e sicècle, en effet, nous savons que la copie de Denon comporte de nombreuses erreurs en comparaison de l’original.

Il est vrai que le Baron Denon était un artiste et non un archéologue, on ne pouvait lui reprocher son manque de précision. D’ailleurs, il dit de lui-même dans sa correspondance en 1817 avec Lady Morgan (1776 à 1859), la romancière irlandaise :

 » Je n’ai rien étudié, parce que cela m’eût ennuyé. Mais j’ai beaucoup observé, parce que cela m’amusait. Ce qui fait que ma vie a été remplie et que j’ai beaucoup joui.  »

Il est vrai que sans la copie du Baron Denon, le monde n’aurait jamais pu découvrir le Zodiaque de Denderah.

Voici quelques éléments techniques quant à son aspect et non son contenu astronomique, l’analyse de son contenu astronomique vous est proposé dans le livre.

On sait déjà que l’ensemble du planisphère de Denderah présente l’image d’un grand cercle inscrit dans un carré dont les côtés sont d’environ 2 m 52 chacun. Comme tous les édifices de Denderah, le planisphère est en grès, d’un grain fort compact, mais cependant assez friable à la surface, il a environ 28 centimètres d’épaisseur, ce qui donne au tout un poids fort considérable.

Malgré cela , par respect pour l’antiquité de cette pièce importante, et dans la crainte d’en altérer la conservation, on n’a rien voulu en retrancher malgré que c’est le Zodiaque circulaire qui intéressait au plus au point. Quant à l’état de cette pièce intéressante, il est aussi « parfait » qu’on peut le désirer; les seules dégradations qu’on y remarque remontent à une époque antérieure à son arrivée en France mais il était d’une pièce.

C’est sans doute en 1922, lors du déplacement du zodiaque de Denderah de la Bibliothèque Nationale vers le Musée du Louvre, que l’artefact a du tomber et que cette chute fît apparaître cette fracture d’une largeur de + ou – 30 cm que l’on voit au niveau supérieur.

Il faut savoir qu’il n’a pas tout de suite été placé dans la salle 12 bis du Pavillon Sully, en effet, il a été initialement exposé dans la Grande Galerie au rez de chaussée. Il a ensuite été déplacé plusieurs fois et même placé au dessus d’un escalier.

zodiaque fracturé en 1922

Il est évident que Saulnier n’aurait jamais pu vendre à Louis XVIII, un artefact fracturé.

Différences dans les reproductions :

On en conçoit une idée tout autre que celle que pouvaient donner les dessins qui ont été publiés. Noirci depuis longtemps par la fumée des flambeaux par ceux des voyageurs qui l’ont visité mais il a aussi acquis une teinte verdâtre, son état actuel est donc le résultat d’une restauration qui a du aussi participer à le détériorer davantage, en effaçant certains détails des personnages.

La plus fameuse copie faite lors de l’expédition hormis le croquis du Baron Denon, fût celle des ingénieurs des Ponts et Chaussées, MM. Jollois (1776 à 1842 ) et De Villiers (1780 à 1855 ), la présence des ingénieurs étant requise pour l’Isthme de Suez :

Devilliers et Jollois

De Villiers, comme presque tous ses camarades de l’expédition Bonaparte, soufre d’une maladie des yeux, précisément d’ophtalmie. Il est contraint de conduire sa jument les yeux bandés.

Malgré le travail immense de ces deux compères, leur copie contient aussi quelques erreurs, mais on ne peut être qu’extrêmement étonné qu’au milieu des difficultés qui s’opposaient à leur entreprise, qu’ils soient parvenus à réaliser un tel travail, soulignons qu’en ce qui concerne la copie de De Villiers et Jollois, celle-ci fût réalisé alors que le zodiaque se trouvait encore au plafond de la Chapelle d’Osiris.

Cette copie peut nous faire penser qu’ils étaient passionnés par leur travail mais on doit aussi tenir compte de l’état d’esprit de ces deux jeunes gens, dont De Villiers qui semblait assez éprouvé par les conditions de leur séjour, comme en témoigne l’extrait de cette lettre qu’il adressa à son frère resté à Paris :

« Je ne tiens plus dans ce pays, je m’y ennuis à périr, j’y perds mon temps et ma santé; mes plus belles années se passent dans la tristesse. Telles étaient alors les pensées de nous tous. ».

Le duo De Villiers et Jollois est celui qui s’intéressa le plus à l’astronomie égyptienne, comme en témoigne l’excellent livre « Recherches sur les bas-reliefs astronomiques des Égyptiens« , qu’ils publièrent en 1834, qui traite principalement du sujet du Zodiaque de Denderah :

Recherches sur les bas-reliefs astronomiques des Égyptiens

Aucune copie réellement fidèle à l’original :

Sans l’arrivée du monument original, personne n’aurait pu constater les erreurs commises par le duo Devilliers et Jollois, certaines erreurs transformèrent un lièvre en oiseau, d’autres, mirent une seule tête d’un personnage alors que l’original indique un homme à deux faces.

Mais dans l’ensemble, il semble assez extraordinaire qu’ils n’aient pas commis un plus grand nombre d’erreurs car il était impossible de faire mieux dans un local incommode et mal éclairé, où il fallait dans une position verticale, car copier des figures et des signes de très petites dimension et d’un relief trop bas, pour être bien distinguées sur un fond rendu noirâtre par la fumée des torches des soldats de Napoléon, n’était pas chose aisée.

Mais ces inexactitudes offrirent à certains tout un lot de spéculations quant à la date et à l’origine de création de ce fabuleux et unique monument qu’est le Zodiaque, comme Charles François Dupuis ( 1742 à 1809 ), érudit et homme politique :

CHARLES FRANCOIS DUPUIS

démontra ( dans son article « Sur le zodiaque de Tentyra » dans la Revue philosophique du mois de mai 1806 et ensuite dans un Mémoire explicatif du zodiaque chronologique et mythologique, publié la même année ) qu’il s’agissait là d’une période précessionnelle précise, ce Zodiaque, selon lui, indiquait une date au-delà de 12.000 ans.

Mais observons comment Charles François Dupuis, a observé le Zodiaque de Denderah, c’est à dire, dans quel sens il l’a analysé, tout en précisant que Dupuis ne s’est jamais rendu en Egypte et qu’il ne s’est pas basé sur l’original puisqu’il est mort en 1809, c’est à dire avant l’arrivée du Zodiaque égyptien à Paris.

Il s’est donc basé soit sur la copie du Baron Denon, soit sur la copie de Devilliers et Jollois ou encore une autre, mais certainement pas sur l’original.La copie qui accompagna le livre de Dupuis, fût réalisé par C. P. J. Normand ( 1765 à 1840 ), architecte, dessinateur et graveur fût donc copier sur une de ces copies :

Zodiaque charles Dupuis 1822

Dupuis a regardé le zodiaque dans le mauvais sens comme pratiquement tous ceux qui se sont « penchés » sur ce zodiaque.

Pour l’étudier comme il convient, il faut l’imaginer fixé au plafond dans le sens initial par rapport aux autres éléments du plafond de la Chapelle d’Osiris, c’est à dire qu’il faut tenir compte de la Déesse Nout ( la grande figure qui coupe le plafond en deux parties égales ).

Nout ayant toujours le con à l’Est, puisque c’est de là que renait le soleil qu’elle accouche et ensuite Nout avale de sa bouche l’astre solaire à l’ouest.

D’ailleurs, cette copie qui fût publiée en 1822 dans une réédition du livre de Dupuis indique bien en annotations, dans quel sens, le zodiaque était fixé au plafond, lisez-vous même le détail ces annotations :

détail zodiaque

On lit bien en haut à droite la mention  » Tête de la Grande Figure« , de fait, quand on entre dans la Chapelle d’Osiris en venant de la Terrasse qui est d’ailleurs l’unique entrée de cette chapelle qui sert donc aussi de sortie vers la Terrasse, on voit directement la Tête de la Déesse Nout dans le sens de l’entrée de la Chapelle, comme si la Tête de Nout nous regardait alors que nous sommes sur le seuil de la porte d’entrée.

Le sens dans lequel l’observe Charles Dupuis est donc un mauvais sens, puisque lui comme Devilliers et Jollois ont représenté la Déesse comme si elle se tenait debout sur ses pieds comme une personne, ce qui n’est pas le cas, puisque Nout est le Ciel, son corps est donc courbé ou arc bouté comme une sorte de parapluie au-dessus de notre tête.

Cette erreur provient sans doute du fait que lorsqu’on a fait imprimer le dessin de Devilliers et Jollois, l’imprimeur a jugé représenter la Déesse se tenant debout était plus naturel mais alors comment expliquer ces deux bras levés ?

L’explication est simple , elle est dans une attitude de plongeon, si la Déesse « plonge », le zodiaque qui est accroché à elle, doit se voir dans l’autre sens que celui représenté par l’imprimeur.

La Déesse Nout représentant la voûte étoilée, il est donc plus logique de se représenter la déesse avec la Tête en bas,  c’est pourquoi c’est sa Tête que l’on voit en premier quand on entre dans la Chapelle.

Pour bien visualiser cette explication, voici une photographie montrant sur le plafond astronomique de la Tombe de Ramsès VI ( cinquième pharaon de la XXe dynastie  -1145 à -1137 ) :

Tombe de la métempsychose

Les savants de l’expédition d’Egypte en 1798 appelèrent cette tombe, la Tombe de la métempsychose, c’est à dire la migration des âmes après la mort vers un nouveau corps.

On y voit le parcours du Soleil dans le Corps de Nout qui après avoir été avalé renaîtra de son vagin, le sens de la marche, des personnages qui marchent, indique que le soleil après s’être levé à l’Est se couchera à l’Ouest dans la bouche de Nout.

En tenant compte de Nout, le zodiaque doit donc être observé dans un seul sens, comme sur la copie de Jacob Henrik Mansa ( 1797-1885 ) le  lithographe danois qui selon les indications de Charles de Hesse-Cassel ou Karl Landgraf ( 1744 à 1836 ) qui écrivit le livre intitulé  « La pierre zodiacale du temple de Dendérah: expliquée » publié chez André Scidelin en 1824 à Copenhague.

zodiaque de Mansa et Charles de Hesse-Cassel

Certes, c’est toujours une copie de copies mais remarquez comme le zodiaque a basculé de 90° vers la gauche comparé à celui de l’artiste Normand.

Nous pouvons déterminer que la position, de ce Zodiaque réalisé pour Karl Landgraf, est indiquée par la signature du Lithographe Mansa qui en général se trouve toujours en bas à droite d’une lithographie :

Zodiaque Mansa

Voici la signature de Normand pour que l’on puisse vérifier que c’est bien en bas à gauche que figure la signature d’un lithographe, on remarquera au passage que figure en vertical l’annotation « Pieds de la grande figure » c’est à dire les pieds de la Déesse Nout, cette annotation nous indique que Normand pour Dupuis a bien repris tel quel le Zodiaque dessiné par Devilliers et Jollois :

Zodiaque Normand

Cette analyse de signatures est intéressante parce qu’elle nous permet de constater que déjà à l’époque, dans les années 1820, existait des différences dans la manière visuelle de positionner le Zodiaque.

Ce qui démontre que c’est bien à cause de la position qui diffère entre les savants que les dates différent aussi, ce n’est donc pas étonnant que Dupuis le date comme étant si ancien.

Il est arrivé à cette conclusion parce que selon lui,  le soleil était visible le 21 mars dans la Constellation de la Vierge, pour arriver à cette date, il a fait le calcul suivant :

la durée d’une ère est de + ou – 2160 ans, si à l’époque de Dupuis, nous étions dans l’ère des Poissons, il faut pour remonter jusqu’à la Vierge, multiplié par 6 signes la durée d’une ère, c’est ainsi que Dupuis obtient la date antérieure équivalant à 12.960 années par rapport à son époque.

Négligence graphique dans la Description d’Égypte :

Il n’y a pas que le Zodiaque circulaire dont on a fait de mauvaises copies, même les copies du zodiaque rectangulaire de la salle hypostyle contiennent des erreurs, comme ci-dessous avec la Constellation du Bouvier-Méréou dont nous avons parlé plus haut, le Bouvier a été transformée en déesse Hathor et on peut voir aussi que la Constellation de la Vierge a perdu son épi de blé, ce détail est visible dans la planche 18 de la « Description de l’Égypte… » :

On aurait pu s’attendre à plus d’exactitude de la part des savants de l’Expédition Bonaparte, mais ce constat navrant nous démontre que quand une oeuvre n’est pas l’exacte reproduction d’un original, apparaît toutes sortes de spéculations dont on devrait forcément se méfier.

Un autre personnage connu sous le nom de Jean-Jacques Castex ( 1731 à 1822 ), sculpteur, fit partie de l’Expédition d’Égypte :

J.J Castex

Castex fit partie de la commission conduite par Girard, qui part du Caire le 19 mars 1799 pour la Haute-Égypte.

Napoléon avait personnellement demandé à Castex de réaliser une version en marbre du Zodiaque. Il paraît ( nous verrons plus loin, pourquoi on peut en douter ) que le sculpteur réalisa un modèle en cire en 1799, réduit au tiers, du zodiaque de Denderah, d’après les dessins qu’il avait rapportés d’Égypte. Cette copie fût exposée au Salon d’Arts qui eu lieu le 25 août 1819 au Musée Napoléon, même si ce Salon avait mis l’accent sur les peintures.

Le sculpteur mourut dans la misère à l’Hôtel-Dieu à Paris, certes, il était talentueux mais sa copie en marbre n’est en rien fidèle à l’original :

JJ CASTEX COPIE MARBRE

Si on observe bien cette copie, on se rend très vite compte, que le style égyptien a disparu et qu’il a été remplacé par un style gréco-romain sans doute due au trait académique de J.J. Castex, mais ce qu’on ignore sans doute, c’est que ce sculpteur ne s’est jamais basé directement sur le Zodiaque original comme l’ont fait les autres artistes, ingénieurs et savants de l’expédition.

En effet, J.J.Castex s’est simplement basé sur la copie de MM. Jollois et Devilliers, qui eux aussi s’étaient rendu en Égypte, à l’époque où le Zodiaque était encore fixé au plafond.

Il est donc étrange qu’on nous dise qu’il aurait réalisé une empreinte en cire, si cela avait été le cas, il n’y aurait eu aucune différence entre l’original et la copie, d’autant qu’il faut le rappeler l’original du Zodiaque était encore fixé dans la chapelle d’Osiris.

J.J. Castex fût malgré tout payé pour sa mauvaise copie, comme en témoigne cette notice :

18.000 frs de l’époque, cela représente une sacrée somme pour un travail aussi bâclé, puisque cette copie est très loin de ressembler à l’original, mais le décès de J.J Castex, un an après l’arrivée du Zodiaque à Paris, le mit à l’abri des poursuites qu’on aurai été en droit d’établir contre son oeuvre des plus douteuses d’un point de vue archéologique.

Mais ce qui est intéressant avec cette « copie » en marbre, c’est qu’on remarque bien qu’il n’est pas aussi facile de respecter la position et l’espace entre chaque personnage, ce qui augmente la valeur technique du véritable zodiaque de Denderah, objet unique en son genre, s’il en est, voici un lien, pour observer les autres mauvaises copies du zodiaque de Denderah.

J.J.Castex mourut un an après le décès de Napoléon, sa copie prit la poussière pendant quelques années jusqu’à ce qu’un anglais du nom de Beresford Hope ( 1820  à 1887), administrateur du British Museum vers 1860, acquit la copie de Castex.

Hope la donna en 1862 au Fitzwilliam Museum fondé en 1848, à Cambridge en Angleterre, où elle est exposée depuis.

Style Egyptien et style Grec :

On le constate, nous sommes encore loin du sérieux archéologique qui ne verra vraiment le jour qu’à la fin du 19e Siècle.

Il ne s’agissait pas d’essayer de reproduire le Zodiaque de Denderah comme on le fait pour une nature morte, il aurait fallu pratiquer un décalquage archéologique afin de souligner les vrais détails plutôt que de laisser l’imaginaire des artistes, interpréter ce qu’ils semblaient voir.

Les auteurs de ces copies se sont éclairés grâce à des bougies, torches enflammées et autres lampes à huile, de fait, les personnages et éléments du bas-relief du zodiaque ont forcément été déformé à cause de la flamme vacillante des bougies et torches.

Pourtant chacun de ses personnages à son importance, il ne s’agit pas de voir le zodiaque comme un thème astral ou une carte du ciel, mais d’en étudier tous les personnages pour comprendre pourquoi, certains sont là et pas d’autres, en effet on n’y voit pas la déesse Bastet, ni le dieu Bès et encore moins le dieu Sérapis…( le dater de la Dynastie Ptolémaïque est de fait, erroné )

Quel est le rôle, la fonction, le sens de chacun d’entre eux, bref il aurait fallut pousser l’analyse plus loin que celle de se satisfaire de la simple conclusion qui consiste à dire : « Ce Zodiaque est très ancien !« .

La chapelle où se trouvait le Zodiaque est située à l’Est du Temple, et semblait servir d’observatoire, ce qui explique la Terrasse qui donne sur une vue très dégagée.

Ptolémée XII est il vrai commanditaire du Zodiaque de Denderah ?

Il semble que les grecs n’étaient pas aussi avancés qu’on le pense en astronomie du moins en ce qui concerne la représentation astronomique à en juger le marbre sculpté datant de la même époque que le Zodiaque de Denderah, c’est à dire de la période hellénistique, vérifiez-le vous même.

Le Zodiaque de Denderah est aussi égyptien qu’on peut le désirer; les figures ont toute la « sécheresse » commune au style de dessin Égyptien.

Zodiaque de denderah

Le Vatican contre le Zodiaque :

Monseigneur Affre (1793 à 1848 ), archevêque de Paris, fût un fervent critique des conclusions des savants tels que Dupuis, à propos des dates anti-biblique qu’ils accordèrent au Zodiaque de Denderah :

archeveque Affre

Il écrivit une lettre à l’Académie pour attirer l’attention de ses honorés membres sur la façon dont « certains orientalistes utilisaient les travaux du regretté Champollion pour créer une science à laquelle personne ne comprendrait rien et uniquement pour obtenir des chaires d’égyptologie à 5 000 livres par an. »

Il précise de manière claire que : « Tous les interprètes du zodiaque de Dendérah sont des ennemis de la religion ».

La colère de Affre s’explique par l’atmosphère religieuse des années 1820, à cette époque encore toute récente, selon les interpréteurs de l’Ancien Testament de ce temps, la terre n’existait pas 10.000 ans avant notre ère, en effet selon la Bible la création de la Terre remontait à peine à l’an -2349.

Voici un extrait de la conversation entre Affre et Olympe Philippe Gerbet ( 1798 à 1864 ) autre homme d’Église mais aussi écrivain et journaliste, cette conversion a eu lieu quelques temps avant l’arrivée du zodiaque à Paris, l’artefact était encore fixé au plafond du temple de denderah mais cela n’empêcha certains de commencer à polémiquer sur la remise en question de la bible :

Affre :  « J’espère bien ne jamais vous suivre dans cette triste voie. Arrière toute philosophie qui n’aurait pas pour résultat de confirmer en moi les convictions catholiques!

Gerbet : « Vos convictions catholiques! Vous ne savez donc pas qu’il n’est plus possible aujourd’hui, en présence des découvertes de la science, de croire ce qu’enseigne l’Église? »

Affre : « Quelles sont ces découvertes? »

Gerbet : « Avez-vous entendu parler du Zodiaque de Denderah?

Affre : « Non. C’est la première fois que ce nom est prononcé devant moi. »

Gerbet : « Le Zodiaque, que l’on appelle de Denderah parce qu’il a été découvert, pendant les campagnes de l’armée française en Égypte, dans le grand temple de Denderah, l’ancienne Tentyris, représente l’état du ciel à l’époque où il fut dessiné. Or, pour retrouver cet aspect céleste, il faut remonter à quarante-cinq, à soixante-cinq siècles. Que devient dès lors la chronologie de la Bible ? »

Affre : « Êtes-vous bien sûr de ces calculs ? S’il y a désaccord entre la Bible, qui a pour elle une certitude infaillible, et un monument très incertain, le bon sens dit qu’il faut se prononcer pour la Bible Mais, attendons!.  »

L’Archevêque Denys Affre s’était vivement opposé aux défenseurs du Zodiaque de Denderah, comme étant la preuve en pierre que la Bible se trompait quant à la datation de la création du Monde, mais il n’était pas le seul à brandir le crucifix contre, ce qu’il considérait être, les vampires de l’égyptologie, un autre allié à sa cause, vint le rejoindre dans son combat pour l’entretien de la Foi.

Ce renfort se fît par la personne du savant Ennius-Quirinus Visconti, archéologue, sous-bibliothécaire du Vatican et Ministre de la République Romaine (1751- 1818) :

visconti, archéo

Ennius-Quirinus Visconti selon son érudition, eut même droit aux égards de Napoléon qui le fît Chevalier de l’Empire le 2 juillet 1808, il occupa aussi, un temps, le poste de conservateur au Musée du Louvre de 1803 à 1815.

Cet ami du Pape et de l’Empereur des Français, fût inhumé au cimetière du Père-Lachaise, après avoir avoir vécu une vie aussi riche que diversifiée, tant sur le plan politique qu’archéologique. Mais Visconti mourut avant l’arrivée du Zodiaque à Paris.

Les Défenseurs de la Foi :

Affre et un autre Abbé du nom de Domenico Testa dont l’histoire retint moins le nom mais qui écrivit néanmoins un livre « Dissertazione sopra due Zodiaci novellamente scoperti nell’ Egitto » ( Dissertation sur deux Zodiaques – l’autre Zodiaque est celui qui a été découvert à Esné – nouvellement découverts en Egypte ), se prononcèrent fortement contre la haute antiquité qu’on voulait attribuer au planisphère de Denderah.

Ces défenseurs de la Foi, trouvèrent un appui, non moins étonnant en la personne en vogue à cette époque.

champollion jf

Jean-François Champollion dit Champollion le Jeune ( 1790 à 1832 ), le « père » de l’Égyptologie fût surtout intéressé par le décryptage des Hiéroglyphes sur les Temples, mais effet il ne montra pas de réel intérêt au Zodiaque de Denderah et pour cause, il n’avait aucune notion d’astronomie.

Sa seule réelle capacité fût de se servir des travaux précédant son siècle, qui comme en atteste cet extrait de la main de Bernard de Montfaucon :

bernard de monfaucon

Montfaucon avait déjà bien mâché le travail de traduction à Champollion dont on fît malgré cette édition datant de 1719, le jeune prétendu prodige qui réussit enfin de compte, à juste traduire la langue française du siècle précédant le sien :

CHAMPOLLION l'imposteur

Mais pour conserver sa place et son salaire lui permettant de nourrir ses huit enfants; Champollion affirma que le zodiaque égyptien est beaucoup moins ancien que certaines propositions avancées par ces collègues.

D’après Champollion, le Zodiaque daterait seulement de la période Romaine aux environs du IIe ou IV Siècle de notre ère…Il est évident qu’il voulut plaire ainsi au Pape Léon XII et éviter l’excommunication qui menaçait tous les défenseurs du Zodiaque de Denderah.

Sans réellement avancer de date précise, il confirmait la période avancée par Ennius-Quirinus Visconti, archéologue du Vatican. Source

Champollion à l’arrivée du Zodiaque à Paris, ne maîtrisait pas encore la traduction des hiéroglyphes, puisqu’il fallut attendre le 27 septembre 1822 soit un an après l’arrivée du Zodiaque de Denderah, pour que Champollion écrive la lettre à M. Dacier relative à l’alphabet des hiéroglyphes phonétiques dans laquelle il fait part de sa découverte d’un système de déchiffrement des hiéroglyphes.

Il faudra encore deux ans à Champollion pour publier aux frais de l’État, son Précis du système hiéroglyphique des anciens Égyptiens et ouvrir les portes de l’égyptologie scientifique, soit 3 ans après l’arrivée du Zodiaque de Denderah.

« C’est un système complexe, une écriture tout à la fois figurative, symbolique et phonétique, dans un même texte, une même phrase, je dirais presque dans un même mot. » écrit-il.

Champollion l’ami du Pape, selon le livre « Champollion inconnu : lettres inédites » de Léon de la Brière (1845 à 1899), paru chez Plon, en 1897 (pp. 171-204 ) dit lui-même :

« Il est difficile d’être mieux accueilli à Rome que je ne l’ai été… Parmi mes bons amis de Rome je compte surtout Monsignor Domenico Testa ( dont nous avons parlé plus haut ) , prélat secrétaire des Brefs aux Princes, celui qui écrivait dans le temps contre le zodiaque de Dendérah. Il m’a reçu à bras ouverts, et comme ayant porté le dernier coup à la bête ( la bète étant les Savants du Zodiaque ) , c’est un vieillard d’une gaieté charmante, homme d’esprit et fort instruit. Il m’a absolument épousé et je lui rends de bien bon cœur toute l’affection qu’’il m’a témoignéeJ’ai eu l’honneur d’être présenté au Pape, qui m’a accueilli de la manière la plus aimable…

Sa Sainteté a daigné me recevoir quoique malade. Le tout s’est passé de la manière la plus aimable. Le Pape, qui parle très bien français, a bien voulu me dire trois fois que j’avais rendu un beau, grand, et bon service à la religion par mes découvertes.« 
Sa découverte n’étant pas le déchiffrement des hiéroglyphes mais bien l’annulation de la haute ancienneté du Zodiaque de Denderah…
En 1822, Champollion écrit et publie sa « Lettre à M. le rédacteur de la Revue encyclopédique, relative au Zodiaque de Dendéra » dans la Revue encyclopédique, XV, juillet 1822, p. 232-239, dans celle-ci il s’autorise avec un culot déconcertant alors qu’il n’a aucune compétence en astronomie, à répondre à M.Biot qui situe le Zodiaque circulaire à la date de l’an -716. Source :  CHAMPOLLION ET LE ZODIAQUE
Le Pape voulut lui offrir un poste de cardinalat mais Champollion refusa ne souhaitant pas être exclu du milieu égyptologique. Malgré son refus, le Pape sollicite alors le roi de France pour que soit attribué la Croix de la Légion d’honneur.
Champollion fût le premier à recevoir cette Croix de la part d’un Roi, en l’occurrence de Charles X, en 1825.
Certains ont interprété cet événement comme une reconnaissance officielle mais ce que l’on ignore, c’est que ce n’est pas le Roi en personne qui lui remit la Croix de la Légion d’Honneur, comme le précise André Bessière, mémorialiste.
De toutes évidences, le succès de Champollion provient davantage d’un contexte politique qu’égyptologique.
Champollion l’opportuniste :

Une autre raison aurait poussé Champollion à négliger l’analyse du Zodiaque de Denderah, en effet, si celui-ci avait rejoint le groupe des savants, il n’aurait sans doute, jamais pu se voir confier par le roi Louis XVIII, cette mission en Égypte, qu’il espérait tant.

Champollion aurait apprit l’art de l’opportunisme, sans doute auprès de son mentor, Antoine-Isaac, baron Silvestre de Sacy ( 1758 à 1838 ), linguiste :

Baron de sasy

Silvestre de Sacy reçut, en 1813, le titre de baron de l’Empire juste avant la Restauration et après les Cent-Jours, il devint membre de la commission d’instruction publique, puis du conseil royal et fut plus tard, nommé administrateur du Collège de France et de l’École spéciale des langues orientales.

C’est ainsi qu’en tant que royaliste, il s’offrit les faveurs du roi Louis XVIII et celle du Pape Léon XII.

Certes de Sacy dans un premier temps avait désapprouvé le travail de son élève Champollion, de Sacy considérant que la bible en matière de langage hiéroglyphique était l’ouvrage Hieroglyphica écrit par Horapollon.

Voici une courte vidéo où on peut voir des acteurs jouant le rôle de de Sacy, de Champollion et de l’abbé Testa, débattant de la polémique religieuse de l’arrivée du Zodiaque à Paris en Janvier 1821, précisons néanmoins que Champollion l' »expertisa » en 1822, n’en déplaise au réalisateur de ce film documentaire sur la vie de Champollion.

Mais l’opportunisme religieux de Champollion lui valut d’être discrédité par les autres savants, notamment le géographe Edme François Jomard ( 1777 à 1862 ), qui écrivit l’excellent ouvrage Mémoire sur la population comparée de l’Egypte ancienne et moderne, paru en 1820, publié à l’Imprimerie impériale.

jomard

Jomard fût secrétaire de la commission scientifique égyptienne sous Bonaparte, il devint l’un des plus fervents détracteurs de Champollion. Il n’acceptait pas, semble-t-il, que Champollion prétende « connaître » mieux l’Égypte que ceux qui ont foulé son sol durant la fameuse campagne d’Égypte. Jomard situait la date du Zodiaque de Denderah vers 1200 avant notre ère.

Jomard tentera, en vain, de toutes ses forces d’empêcher Champollion d’obtenir le poste de conservateur de la division égyptienne et orientale du musée du Louvre que le roi Louis XVIII lui octroie le 17 mai 1826.

Voici la lettre que Jomard adresse personnellement à Jean-François Champollion, extraite du livre « Les deux Champollions, leur vie et leurs oeuvres » par Aimé Champollion-Figeac, page 123 :

Lettre de Jomard à Champollion J

Mais il n’y avait pas que Jomard qui avait Champollion dans le collimateur, un autre illustre personnage, Thomas Young (1773 – 1829), physicien, médecin et égyptologue britannique, ne l’appréciait pas du tout non plus  :

tHOMAS yOUNG

Young fût présenté comme étant le premier à avoir su déchiffrer les hiéroglyphes, en effet de nombreux égyptologues considèrent son article publié dans l’Encyclopaedia Britannica en 1818, intitulé Egypt, comme le véritable fondement de l’égyptologie moderne.

Nul doute, que si Champollion n’avait pas été le protégé du Pape, celui-ci n’aurait pas pu rivaliser avec les savants de son époque…

Les Savants contre l’Église :

Mrs Jollois et Devilliers, les célèbres ingénieurs de la Campagne d’Egypte répondirent à l’Abbé Testa l’ami de Champollion, qui avait donc écrit un livre sur le Zodiaque de Denderah, par le biais de leur livre « Recherches sur les bas-reliefs astronomiques des Égyptiens« , paru aux Éditions Carilian-Goeury, en 1834 :

« Non seulement la haute opinion, que nous en avions conçus d’abord s’est confirmée, mais nous sommes restés convaincus, qu’ils sont les plus parfaits sous le rapport de l’exécution et qu’ils ont été construits à l’époque la plus florissante des sciences et des arts de l’Égypte.

Du temps des Romains les arts étaient perdus. Ni les moyens de travailler les grandes masses et de les adapter aux Monuments, ni les anciens outils n’existaient plus. Les sciences, les peintures, les couleurs, tout était perdu, ou au moins avait été dérobé par la haute prêtrise à la connaissance des mortels. Tout ce que les Grecs et les Romains ont bâtis en Égypte a « disparu » de la terre, pour exemple, le Temple d’Isis que l’Empereur Auguste a fait construire juste derrière le Temple de Denderah.

Tandis que les merveilles Égyptiennes, à la destruction des quelles tant d’ennemis ont travaillés, font et feront encore longtemps l’admiration des savants et de tous les amateurs du beau, du grand et du magnifique; les rois de la XIIe dynastie firent bâtir dans chaque ville un temple, pourquoi celui de Denderah aurait elle du attendre l’arrivée des Romains pour en recevoir un, et qui plus est, un temple astronomique ? »

Le Trio de croyants contre le Zodiaque de Denderah : 

En fait, il est assez simple de comprendre pourquoi le trio Testa, Visconti et Champollion parle du IIe Siècle comme date pour le Zodiaque de Denderah, c’est à cette époque qu’on situe la naissance de Claude Ptolémée, le célèbre astronome et astronome qui a vécu à Alexandrie.

Il était inconcevable pour ces trois-là, que les Anciens Égyptiens aient pu maîtriser l’astronomie avant les Grecs, n’oublions pas que Claude Ptolémée avait placé la Terre au centre de l’Univers, avec le soleil lui tournant autour.

De fait, cette version biblique de l’astronomie ne devait surtout pas être dérangée par une Egypte Ancienne qu’on cantonnait à être juste « adoratrice de chats », voici d’ailleurs un extrait de sa Lettre à M. le rédacteur de la Revue encyclopédique, relative au Zodiaque de Dendéra » : 

CHAMPOLLION ET LE ZODIAQUE

« Il ne suffit pas de posséder à fond, la savante théorie de l’astronomie moderne, il faut encore une connaissance exacte de cette science telle que les Anciens Égyptiens l’avaient eux-mêmes conçues avec toutes ses erreurs et dans toute sa simplicité… »

Voilà qui est navrant de condescendance de la part de celui qu’on désigne comme le « Père de l’Egyptologie…

Autocrata ou Emperator ?

L’abbé Testa se fia au mot grec « autocrata » qu’avait identifié Champollion, non pas sur le zodiaque mais dans le Temple de Denderah lorsque celui-ci se rendit en Egypte de 1828 à 1829.

Ce mot « autocrata » d’après Champollion désignerait un empereur romain mais le célèbre linguiste ne désigne précisément lequel…

Mais le mot « autocrata » ne désigne pas un empereur Romain, puisque qu’à l’époque gréco-romaine, voir même totalement romaine depuis l’an -30, année de la mort de Cléopâtre VII, la langue usitée depuis la fondation de l’empire romain par Auguste, est le latin et non le grec !

Le mot empereur en latin se dit  imperator et non pas « autocrata« .

D’ailleurs en grec, le mot empereur se traduit par αυτοκράτορας, autokpatopas et non pas « autocrata« .

Précisons aussi qu’il n’y a jamais eu d’empereur à l’époque de la Grèce qu’elle soit d’occident ou d’Egypte, à l’époque de la Dynastie Ptolémaïque.

Et qu’il a fallut attendre l’An 0 pour en voir apparaître…bref, bien essayé…

Dupuis le Maudit : 

Le Livre du savant Charles-François Dupuis dont nous avons analyser la conclusion qu’il fait du zodiaque de Denderah continua même après la mort de son auteur à donner des cheveux blancs à  l’Archevêque de Paris Msr Affre.

Mais du fait de l’érudition et de la notoriété de Charles-François Dupuis, peu de personnes auraient osé remettre son érudition en question et son décès après la publication de son livre sur le Zodiaque, ne fît qu’amplifier l’impact de cette découverte sur la société du 19 ième Siècle.

Il faut savoir qu’à cette époque, le statut d’un personne savante était grandement considéré surtout après sa mort, salir la mémoire d’un républicain était donc un sujet délicat, d’autant que beaucoup de lecteurs du livre de M.Dupuis étaient d’accord avec lui.

Est ce parce que la société républicaine voulait rompre avec le lien religieux comme elle le fît avec le décret de séparation de l’Église et de l’État voté par la Commune de Paris (1871) ou bien parce qu’elle pensait vraiment que cette datation si lointaine était exacte, quoi qu’il en soit, « l’affaire fu Zodiaque » fît »grand bruit ».

Quant à M. Antoine-Jean Saint-Martin, Membre de l’Institut de l’Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres, et orientaliste (1791- 1832) :

antoine saint martin

Il écrivit dans sa « Notice sur le Zodiaque de Denderah« , lue à l’académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres, dans sa séance du 8 février 1822 :

notice sur le zodiaque de denderah saint martin

« Il est clair maintenant que, si le monarque sous le règne duquel s’est fait le planisphère ou zodiaque circulaire de Denderah, était fils d’un roi égyptien; si ce prince a régné avec sa sœur, conformément à l’usage de son pays, et si on ne peut pas prouver d’ailleurs qu’il était un Ptolémée, on ne doit pas aller le chercher parmi les empereurs romains, puisqu’il n’y en a aucun, à qui une pareille circonstance puisse convenir« .

Camille Duteil dont nous avons déjà vu son approche du Zodiaque de Denderah, n’hésite pas dans son livre : « Traité du zodiaque de Dendérah … » à critiquer sévèrement Champollion, le « père » de l’Égyptologie :

critique champollion

« Du reste, nous devons prévenir dès à présent, et nous le démontrerons en mille occasions que M.Champollion le Jeune n’a rien compris aux hiéroglyphes, qu’il ne connaissait même pas la valeur exacte et complète d’un symbole…« 

Doit on conclure que Champollion était réellement incompétent ou qu’il s’agit ici d’un règlement de comptes entre Champollion et l’auteur du Dictionnaire des Hiéroglyphes, paru chez Charles Lawalle et réédité depuis 1839.

Voici une autre critique du travail de Champollion provenant du livre écrit par Julius Klaproth ( 1783 à 1835 ), linguiste allemand : « Examen critique des travaux de feu m. Champollion, sur les hiéroglyphes » paru à Paris, Imprimerie de Dondey-Dupré en 1832 :

champollion vu par Heinrich Julius von Klaproth

« ...car M.Champollion , au lieu de s’empresser à expliquer ce monument, dont le sens était connu par le texte grec, et de se servir de la partie hiéroglyphique pour constater les découvertes qu’il annonçait au monde savant, s’est contente de citer quelques groupes et des passages excessivement courts, de sorte qu’on peut assurer qu’il ne lisait et comprenait pas la dixième partie des quatorze lignes hiéroglyphiques qui restent de ce monument, endommagé par le haut.

Le fait est, et tout juge impartial doit en convenir, qu’on ne pourra se flatter d’être parvenu à une intelligence tant soit peu étendue de l’écriture hiéroglyphique, avant d’avoir fait pour l’inscription de Rosette ce que M.Champollion a négligé de faire ou n’a pas pu exécuter. »

C’est pour le moins éloquent…On se rend compte avec ces textes d’époque, que Champollion n’est pas le « dieu de l’égyptologie » qu’on a tendance actuellement à idolâtrer…

Ce qui est certain en tout cas, c’est que Champollion ne pouvait qu’avoir de sérieuse lacunes en astronomie et en Histoire, en effet, il n’était ni astronome et encore moins historien, comme nous l’a démontré Eric Aubourg, astro-physicien au Commissariat à l’énergie atomique et au laboratoire APC de l’Université Paris-Diderot.

D’après ce dernier et cela est aisément vérifiable, le Zodiaque indique bien l’éclipse solaire qui eut lieu le 7 mars -50, année astronomique :

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Diodore de Sicile ( 1er Siècle avant l’ère commune ), historien et chroniqueur grec, auteur de la Bibliothèque historique, l, LVII, et LXXXI, nous a écrit  :

« Il n’y a pas de pays où les positions et les mouvements des astres soient observés avec plus d’exactitude qu’en Égypte. Les Égyptiens, profitant de conditions favorables, firent de l’astronomie leur propre science, qu’ils étudièrent les premiers. Ils conservent, depuis un nombre incroyable d’années, des registres où ces observations sont consignées. On y trouve des renseignements sur les mouvements des planètes, sur leurs révolutions et leurs stations; de plus, sur le rapport de chaque planète avec la naissance des animaux, enfin sur les astres dont l’influence est bonne ou mauvaise. En prédisant aux hommes l’avenir, ces astrologues ont souvent trouvé juste; ils prédisent aussi fréquemment l’abondance et la disette, les épidémies et les maladies des troupeaux. Les tremblements de terre, les inondations, l’apparition des comètes et beaucoup d’autres phénomènes ‘qu’il est impossible au vulgaire de connaître d’avance, ils les prévoient d’après des observations faites depuis un long espace de temps. On prétend même que les Chaldéens de Babylone, si renommés dans l’astrologie, étaient des émigrés égyptiens, qui avaient appris leur science astronomique des Égyptiens. »

Ce qui démontre bien que cette éclipse solaire n’est pas le fruit du hasard mais bien une maîtrise du savoir astronomique des Anciens Égyptiens, maîtrise qui ne s’acquiert pas du jour au lendemain, puisqu’il fallut attendre plus de 1000 ans pour qu’en Occident on puisse avec exactitude prévoir une éclipse solaire.

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Transfert du Zodiaque de Denderah de la Bibliothèque  vers le Musée du Louvre :

En 1922, le fonds égyptien de la Bibliothèque Nationale est transféré au musée du Louvre, c’est ainsi qu’entrent au musée le Zodiaque de Denderah…

Avant de continuer plus loin dans ce transfert, voici le compte-rendu d’un certain Emile Baraize qui s’occupa de poser le moule du Zodiaque sur le plafond de la chapelle d’Osiris :

« Par ma lettre du 16 Janvier 1914, je sollicitais la demande au Gouvernement français d’un moulage du zodiaque circulaire de Denderah qui est au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque nationale a Paris.

Il s’agissait de poser ce moulage à la place de I’original et de boucher ainsi I’ouverture restée béante au plafond d’une des chambres du temple d’Osiris place à l’angle nord-est de la terrasse du grand temple d’Hathor.
La requête reçut bon accueil et le moulage parvint au Caire quelques mois après, mais les événements de la première guerre Mondiale ne permirent pas de s’occuper tout de suite de I’installation, et ce n’est que dernièrement que j’ai pu effectuer le travail.

La mise en place a été rendue plus difficile par le fait que le moulage n’avait pas été exécuté selon les indications que j’avais données. La position horizontale que cette reproduction devait occuper demandait une solidité plus grande que pour un tableau placé verticalement. Aussi j’aurais désiré que le plâtre eut une épaisseur de cinq centimètres et fût renforcé par une toile métallique noyée dans la masse; or la plaque qui a été envoyée n’avait que deux centimètres d’épaisseur et n’était consolidée que par de la bourre de coton. Outre le cadre, il y avait sous le moulage un double croisillon en bois à I’extrémité de chaque traverse fût fixée a l’aide de crampons à des poutrelles en fer à I’autre crampon fût placé au milieu de la plaque, attachée à deux tiges de fer reliant les côtés opposés du panneau central.

Entre les quatre poutrelles j’établis un plancher protecteur au dessus des voûtes de briques, l’espace entre le niveau du dallage et le plafond fût rempli en maçonnerie, sauf le creux nécessaire pour une chape de ciment qui achève de remettre le tout à la hauteur de la terrasse.

Une couche de peinture fût passée sur la surface même du moulage tant pour le préserver que pour atténuer le contraste trop violent qui existait entre le blanc du plâtre et la teinte très sombre des pierres antiques fortement enfumées.

Le plafond de la salle est formé de trois grandes dalles; le zodiaque est gravé sur deux de ces pierres et le joint est marqué très visiblement sur le moulage : c’est ce qui m’a permis de remettre le morceau exactement en place; j’ai dû tenir compte aussi de la bande de pierre détruite tout autour du carré lorsque le zodiaque avait été scié après que les dalles eurent été amincies pour en diminuer le poids.

La réparation ayant été faite et I’aspect de la salle rendu semblable à celui qu’elle avait lorsque le zodiaque fut signalé pour la première fois par les membres de la Commission d’Egypte, des grilles en fer avec toile métallique ont été posées aux ouvertures de la chambre pour éviter à la fois les chauves-souris et les dégradations qui pourraient être dues à la malveillance.

E. Baraize.

 Denderah, le 20 mars 1920. »

On peut se dire que les deux chefs de chantiers qu’ont été Lelorrain pour l’enlèvement et E.Baraize pour le remplacement, ont tous deux une singulière vision du travail accompli sans dommages :

Copie en plâtre du_zodiaque_à_Denderah

En 1922 donc, le fonds égyptien de la Bibliothèque Nationale est transféré au musée du Louvre, c’est ainsi qu’entrent au musée le Zodiaque de Denderah et la Chapelle des Ancêtres de Karnak, Chambre qui fût ramenée en France par Émile Prisse d’Avesnes ( 1807 à 1879 ), aventurier, explorateur , égyptologue, archéologue et journaliste :

emile Prisse d'Avesne, egyptologue

Émile Prisse d’Avesnes contribua avec Thomas Young et Champollion au déchiffrage de l’écriture égyptienne. Durant deux longs séjours qu’il accomplit en Égypte, de 1827 à 1844, puis de 1858 à 1860. C’est du premier, qu’il rapporte deux fameux artefacts, le fameux papyrus Prisse, alors qualifié de  » plus ancien livre du monde » ainsi que la « Salle ou chambre des Ancêtres » de Touthmosis III, aujourd’hui exposée au Louvre.

Il faut savoir comme nous l’avons vu avec Claude ( ou Jean ) Lelorrain, que le droit ou la permission de faire des fouilles en Égypte n’était accordé qu’au compte goutte et que pour agir en toute liberté, il fallait donc déjà montrer sa « carte d’égyptologue ».

Prisse d’Avesnes ne possédait pas un tel laisser-passer, c’est pourquoi prétendant agir  » dans l’intérêt de la France », il déroba cette liste royale, car la concurrence égyptologique faisait rage déjà à son époque, car selon lui, une expédition Allemande, dirigée par l’égyptologue Karl Richard Lepsius ( 1810 à 1884 ) faisait route vers Karnak :

kARL LEPSIUS

Après le décès de Champollion, Karl Richard Lepsius étudie de manière systématique sa  » Grammaire égyptienne », publication posthume en 1836 mais pas encore largement acceptée. Lepsius développe l’explication de Champollion des hiéroglyphes, et affirme (contrairement à Champollion) que les voyelles ne sont pas écrites.

C’est en 1842 que paraît l’édition, par Lepsius, du livre des morts ou Livre pour Sortir au Jour des Anciens Égyptiens, composé à partir d’un papyrus qu’il étudie à Turin.

Cette même année 1842, Lepsius est chargé par le roi de Prusse Frédéric-Guillaume IV (1795 à 1861 ) de la direction d’une expédition en Égypte qui durera de 1842 à 1845, par une convention avec le vice-roi égyptien Méhémet Ali, l’expédition de Lepsius est autorisée à emporter des objets originaux, et même de les démonter comme par exemple les linteaux et les montants d’une porte, où apparaît le nom du pharaon Neterikhet Djéser ( IIIe dynastie – 2740 à 2573 ).

Craignant que Lepsius ne s’approprie les fameuses tables de Karnak nommée « La Chapelle des Ancêtres », Prisse d’Avesnes les ramena en France en 1844, non sans risques.

Ce monument fût signalé dans les écrits de Champollion, lors de son séjour de 1828 à 1830, la plupart des archéologues et aventuriers connaissaient donc son existence.

D’avesnes avait vu la salle des ancêtres menacée d’un côté par l’expédition prussienne de Lepsius et d’un autre côté par les envahisseurs Ottomans, que l’on nomme à tort « Egyptiens », sans égard à tout sentiment d’appréciation ou de vénération pour la haute valeur des documents historiques qu’ils détruisaient.

Pour eux, une pierre, est une pierre, il était plus facile d’aller en desceller dans les temples et même sur les pyramides plutôt que de se rendre dans une carrière…

Il faut aussi préciser qu’ils avaient l’autorisation officielle du Pacha Ali d’agir comme des vandales, la religion islamique autorise de fait, la destruction de tout ce qu’elle juge comme étant de l’idolâtrie ou du moins en concurrence au dieu des Musulmans.

La Salle des Ancêtres, dont les bas-reliefs, aux couleurs magnifiquement conservées, énumèrent une imposante série de souverains, formant ainsi une précieuse chronologie.

Aussi, avant de commencer à desceller les pierres, Prisse d’Avennes entreprend un estampage en papier de ces reliefs, pour témoigner de l’état dans lequel ils se trouvaient alors.

liste royale

Si Lepsius n’apprécie guère les Égyptiens modernes, qu’il allait jusqu’à mépriser, Prisse d’Avennes lui a depuis longtemps appris les mœurs et la langue du pays, c’est pourquoi il craignait tant qu’avec le temps, ne disparaissent tous les vestiges de l’ancienne Égypte, recyclés en vulgaires maisons ou mosquées. Mais l’égyptologue Allemand voulant aussi cette Salle des Ancêtres est pris de vitesse par Avesnes.

La légende voudrait que les deux archéologues se soient croisés sur le Nil, Lepsius montant à bord de l’embarcation du Français, et qu’ils auraient discuté sur la caisse contenant la chronologie.

Il faut mettre cet épisode sur la façon qu’ont certains d’embellir les histoires, car le voyage de Prisse d’Avesnes s’arrêta avec son retour à Paris le 15 mai 1844, alors que Lepsius revint de son exploration de la Nubie à Thèbes, seulement le 2 novembre 1844.

Cette période de 6 mois entre le retour à Paris de Prisse d’Avesnes et Lespsius qui remontait de son exploration de la Nubie, nous pousse à croire que l’ethnologue Français avait davantage craint le vandalisme des Ottomans que l’expédition Prussienne…

C’est à cause de ce vol, que Prisse d’Avesnes ne pût désormais prendre que des photos lors de ses séjours en Égypte, car l’égyptologue Auguste Mariette ( 1821 à 1881 ), l’avait dénoncé auprès du milieu restreint des égyptologues comme étant un vandale ne respectant pas le patrimoine de l’Ancienne Égypte.

Il est vrai que Prisse d’Avesnes, ramena les Tables de la liste royale dont une partie est hélas illisible à cause de la méthode non-orthodoxe qui fut utilisée quand il l’a déroba.

Mais on lui accorda malgré tout, par la suite, son statut d’égyptologue, puisqu’en livrant cette Chapelle des Ancêtres au Musée du Louvre, il reçut la Légion d’Honneur, sur la recommandation du philologue helléniste, épigraphiste et archéologue Jean-Antoine Letronne ( 1787 à 1848 ), ce dernier avait succédé à Champollion pour la chaire d’archéologie.

C’est donc en 1922, que la Chapelle des Ancêtres se retrouva exposée au Musée du Louvre, la même année? l’archéologue et égyptologue Britannique Howard Carter ( 1874 à 1939 ) découvrit la tombe de Toutankhamon.

La Chapelle des Ancêtres et le Zodiaque de Denderah :

A propos de Thoutmôsis III, il est intéressant de savoir que la salle 12 Bis du Pavillon Sully, où est exposé le Zodiaque de Denderah, est divisé en deux parties, à droite on peut voir le Zodiaque exposé au plafond :

Salle-12-bis-droite-partie-gauche-zodiaque

Et à gauche, on peut voir la reconstitution de  » la Chapelle des Ancêtres  » :

Salle-12-bis--partie-gauche-chambre des ancêtres

Le Zodiaque de Denderah, précurseur de la Laïcité Française :

La polémique qu’avait soulevé l’étude du Zodiaque Égyptien par les savants du 19 ème siècle stimula donc l’apparition des prémisses de la Laïcité.

On peut dire et même affirmer, que le Zodiaque de Denderah est venu ponctuer un tel débat de société qui avait déjà commencé en 1801, c’est à dire, lors de la période où le dessin du Zodiaque Égyptien exécuté par le Baron Denon, circulait déjà dans tout Paris.

Le Concordat de 1801 fut signé le 26 messidor an IX ( Juillet 1801 ) à minuit, ce concordat, en créant des relations officielles entre l’État français et la papauté, nécessita une réorganisation de la hiérarchie catholique en France. En effet, après la Révolution Française de 1789, les ecclésiastiques avaient dû prêter serment de fidélité à la Constitution, si ils voulaient échapper à la guillotine.

Signature_du_Concordat_entre_la_France_et_le_Saint-Siège,_le_15_juillet_1801

C’est dans ce climat politico-religieux qui dura de 1801 à 1905,  que la France hérita de la Loi de 1905, c’est à dire, la Loi de séparation des Églises et de l’État.

Fin de l’enquête, dossier classé, Champollion fût bien un imposteur et de la pire espèce.

Les Vases de Hapy

Cet article est une annexe qui n’est pas forcément le reflet complet du livre « Les Voleurs d’Etoiles ou le Secret du Zodiaque de Denderah », à lire en ligne, que vous trouverez à cette adresse.

Il s’agit plutôt d’une anecdote qui se présente comme une analyse de l’actualité et de l’époque où fût sculpté cet artefact égyptien.

Elle nous met en garde contre des événements liés aux inondations qui débordent des Vases du dieu Hapy, car c’est lui qui prend la Place de Horus-Jupiter.

Pour comprendre l’urgence qui consiste à prendre en compte les changements de Hapy, il est important d’expliquer aux Politiques incompétentes qu’il est grand temps de changer de système de société car c’est la vie de Milliards d’individus qu’il s’agit de préserver de l’indifférence à l’égard non pas du réchauffement de notre Planète mais plutôt de la problématique de la montée des eaux et des inondations majeures à travers le monde

Si rien n’est fait, l’humanité se retrouvera sous les eaux, comme c’est la volonté de Hapy de l’illustrer par les deux vases qu’ils fait couler sur l’Ère du ( des) Poisson qui se termine inexorablement, n’en déplaise au Vatican et à la République.

 

agrandissement-piscis-austrinus

 

Voici quelques chiffres et diagrammes qui aideront à une meilleure et plus rapide clarté.

 

statistiques des inondations

states inondations

stats catas finance

 

 

couverture-du-livre12

Certains d’entre vous, ont entendu parler du Zodiaque de Denderah et ont peut être même eu le privilège de voir l’original exposé au Musée du Louvre ou celui qui est fixé au plafond de la Chapelle d’Osiris sur la Terrasse du Temple de Denderah en Égypte, mais qui est une copie en plâtre.

Il faut savoir que le Musée du Louvre ne vous le présente pas comme il devrait être vu, ce que vous en savez, c’est tout au plus qu’il contient deux éclipses qui contrairement à ce que l’on croit ne font pas dater ce zodiaque de l’an -50/-51, ces éclipses indiquent la date de l’an -50/-51, ce qui n’est pas la même chose…

Beaucoup d’écrivains, savants et autres auteurs sont convaincus que le Zodiaque de Denderah fait référence à une date dans le lointain passé de Égypte Antique. Ce zodiaque est unique en son genre, puisque c’est le seul zodiaque circulaire composé de la sorte que l’on a retrouvé jusqu’ici.

Avant d’aller plus loin, prenons en compte ce que Diodore de Sicile ( -99 à -50 ), l’historien et chroniqueur grec, auteur de la Bibliothèca historica, nous révèle :

« Il n’y a pas de pays où les positions et les mouvements des astres soient observés avec plus d’exactitude qu’en Égypte. Les Égyptiens, profitant de conditions favorables, firent de l’astronomie leur propre science, qu’ils étudièrent les premiers. Ils conservent, depuis un nombre incroyable d’années, des registres où ces observations sont consignées…»

Livre premier, chapitre LXXXI Source.

L’Égypte Ancienne maîtrisait à la perfection le langage du ciel que l’on nomme plus prosaïquement l’Astronomie, comme nous allons le voir même si encore beaucoup trop d’égyptologues et archéologues restent convaincus que l’Égypte Antique était davantage une civilisation religieuse qu’une civilisation centrée sur l’astronomie, mais sans doute, n’ont ils pas étudié de près le Zodiaque circulaire de Denderah pour s’en rendre compte.

Pour explorer le Zodiaque de Denderah, nous avons évidemment besoin d’une bonne photo en haute résolution pour en observer les détails :

Eric Aubourg l’astro-physicien nous indique que nous pouvons observer une éclipse solaire représentée par Isis tenant un animal par la patte, cet animal, nous l’avons vu dans l’article  sur le débat du réel ‘animal que tient la Déesse Isis, qui est donc un suidae nommé communément Sanglier ou porc sauvage et non pas un Babouin comme le prétend E.Aubourg.

Les anciens Égyptiens maîtrisaient suffisamment la représentation animalière pour ne pas se tromper dans les proportions, de fait, si cela avait été un babouin, celui-ci aurait eu la même taille que la Déesse Isis, ce qui n’est pas le cas.

E.Aubourg prétend donc que la Déesse Isis retiendrait par la queue un personnage symbolisant la Lune incarné par le dieu Thot, mais nous pouvons observer qu’elle tient non pas la queue, mais bien la patte d’un animal, la patte d’un sanglier :

Isis-et-la-patte-de-sanglier

Après cette précision,  E.Aubourg,  nous indique et c’est là le véritable apport de cet astro-physicien pour l’Égyptologie, que figure une éclipse solaire qui aurait  eu lieu le 7 Mars -50 du calendrier astronomique ou le 7 Mars -51 du calendrier civilo-religieux.

Mais si cela n’était pas une éclipse solaire, mais plutôt une simple Pleine Lune ?

La Pleine Lune du Mois Pachon :

Dans l’Égypte antique, Pachon ou « Pakhon » ou « Pachons », signifiant celui de Khonsou, est le neuvième mois du calendrier nilotique ( basé sur la crue du Nil ).

Ce mois correspond à mars-avril, du 16 Mars au 14 Avril, prenons pour exemple, la date du 8 Mars 2012, on constate bien qu’il y a une Pleine Lune, dont l’apparition se fait aléatoirement dans le Mois de Mars, puisqu’il y a une Pleine Lune par mois :

Si dans le Tableau ci-dessous sont indiqués les deux mois Pharmouthi et Pachons, c’est parce que comme on peut le remarquer,  la Pleine Lune du Zodiaque de Denderah est en partie à cheval sur le mois précédent le Mois Pachons, c’est pourquoi, le tableau vous montre la Pleine Lune du Mois du 8 Mars, qui correspond mieux à celle du Zodiaque.

Mais à titre d’informations, il y a eu une Pleine Lune le 19 Mars 2011 et une autre le 14 Mars 2006 et encore une autre le 11 Mars 2009 et il y en aura une le 16 Mars 2014, ce qui démontre bien que la division du Zodiaque de Denderah comme cet article vous la propose n’est pas une erreur.

Il est donc fort probable selon les années, que la Pleine Lune du Mois de Mars -50 de datation astronomique du Zodiaque de Denderah a eu lieu le 15 ou 16 Mars.

Nous remarquons aussi, que cette Lune débute en partie dans la Saison Péret mais que la plus grande partie de cette Lune se trouve dans la Saison Chémou, il suffit de savoir que chaque Saison égyptienne compte 4 Mois et que ceux-ci s’écoulent dans le sens des aiguilles d’une montre, autrement dit, à la fin de la Saison Chémou, c’est la Saison Hekhet qui commencera :

zodiaque de denderah pleine lune du 8 mars 2012

Nous remarquons bien cette étrange « coïncidence » entre la Pleine Lune du 8 Mars 2012 et cette Pleine Lune et Éclipse Solaire sur le Zodiaque de Dendera.

Cette « coïncidence » est intéressante, car si il s’agit d’une Pleine Lune, Eric Aubourg s’est peut être trompé ou du moins a été trop vite en conclusion.

Ces conclusions hâtives sont par exemple celles concernant nos planètes du système solaire qui sont aussi représentées sur le Zodiaque de Denderah, voyons où le Musée du Louvre les indique :

panneau explicatif du zodiaque Louvre

Vous l’avez sans doute remarqué, le Musée du Louvre expose à l’envers son panneau explicatif du Zodiaque de Denderah, mais pour ceux et celles qui ont lu mon livre et les articles en annexes,  nous savons que c’est là une erreur astronomique, mais ce n’est pas ce qui nous préoccupe pour l’instant.

Nous cherchions les planètes de notre système solaire sur le zodiaque Égyptien, mais le Musée du Louvre confond des Constellations avec des planètes.

Prenez le cas de « Horus le Rouge » que le Musée du Louvre assimile à la Planète Mars qui semble être incarné par un personnage qui semble marcher sur le dos du Capricorne.

Qu’est ce qui permet au Musée d’être aussi affirmatif  ?

Est ce parce que « Horus le Rouge » est représenté par un Faucon ? Mais dans ce cas, il y a quasiment une douzaine de planètes Mars sur ce Zodiaque, puisqu’il s’y trouve presque une douzaine de Faucons, 11 précisément.

A défaut d’autres explications, retenons pour l’instant que cet « Horus le Rouge est la planète Mars ce qui est un véritable non-sens égyptologique puisque si le Faucon incarne un astre, c’est le Soleil et non pas Mars.

Sans doute que le Musée du Louvre, c’est contenter de la couleur Rouge de Horus, pour assimiler cette couleur à la Planète Mars.

La Planète Mars est aussi d’après la mythologie et religion romaine, le dieu de la Guerre, il incarne aussi comme à l’accoutumée entre romains et grecs, son pendant grec le dieu Arès, qui dit Guerre dit sang, qui dit sang, dit Rouge… ).

Mais cette allusion mytho-astrologique ne suffit pas, car si ce Horus le Rouge est Mars, d’autres problèmes se posent.

Pour visualiser ces problèmes, déposons le Soleil sans tenir compte de la réelle proportion de celui-ci sur la Petite Ourse qui se trouve au centre du zodiaque égyptien. ( bien sûr  la place du Soleil ne réside pas dans cette région du ciel mais le soleil est bien au centre de notre système )

Dessinons les ellipses de chacune des planètes que le Musée du Louvre a identifié, commençons par celle de Mars en dessinant une ellipse entourant Horus le Rouge  :

panneau explicatif du zodiaque Louvre ellipse de Mars

Pour être juste, nous devons tenir aussi tenir compte de la forme plus étroite de cette ellipse :

panneau explicatif du zodiaque Louvre ellipse verticale de Mars

Dans un sens ou dans l’autre ( périhélie et aphélie ) , nous constatons que l’ellipse de Mars englobe toutes les autres planètes, Vénus et Mercure qui sont plus proches du soleil, sont forcément à l’intérieur de l’ellipse de Mars mais par contre Jupiter et Saturne devraient être à l’extérieur de cette ellipse Marsienne, étant donné que Jupiter et Saturne sont des planètes qui se trouvent bien plus éloignés du Soleil que ne l’est Mars :

système solaire

On constate avec cette image de la vision astronomique de notre système que le Musée du Louvre a donc tort de faire de ce personnage qu’il nomme  « Mars Horus le Rouge ».

Ce que le musée du Louvre prend pour Mars est en réalité la Constellation du Cygne c’est pourquoi, il y a deux oiseaux au dessus de la tête de ce faucon qui est aussi un oiseau.

Le Cygne est une grande et brillante constellation, parfois appelée la Croix du nord (en référence à la Croix du Sud). L’oiseau qu’elle représente s’étend sur la Voie lactée estivale, paraissant en migration vers le sud.  Son nom lui est donné par Ptolémée dans le Livre VIII de l’Almageste datant du IIe siècle, mais lui l’appelait « L’oiseau »

Cette constellation est associée à plusieurs oiseaux légendaires de la mythologie grecque :

Selon l’une des légendes, le dieu Zeus s’était déguisé en cygne pour séduire Léda, dont il eut pour enfant les Gémeaux et Hélène de Troie.

Il pourrait également représenter Orphée, métamorphosé en cygne après son assassinat et placé dans les cieux à côté de sa lyre.

Enfin, on dit qu’un jeune homme nommé Cygnus était l’amant du malheureux Phaéton. Après que celui-ci se fut écrasé en conduisant les chevaux du Soleil, Cygnus se mit à chercher son corps désespérément dans le fleuve Éridan où il tomba. Cygnus plongea tant de fois dans le fleuve que Zeus eut pitié de lui et le changea en l’oiseau aquatique qui porte depuis son nom.

Répertoriée par les astronomes grecs, cette constellation était alors désignée sous le nom de l’Oiseau.

Elle fut également désignée sous le nom de Croix de Sainte-Hélène par Julius Schiller en 1627 à une époque de christianisation massive du ciel (la constellation de la Croix du sud en est aussi contemporaine).

Pour info étymologique, Cygnus est une adaptation de « Signus » en latin qui signifie signe ( de croix) , d’où la confusion phonétique opérée depuis Julius Schiller.

superposition oiseaux du capricorne

Nous remarquons aussi les astronomes modernes s’accordent à relier cette constellation dit du Cygne à plusieurs oiseaux.

En effet, nous observons bien des oiseaux à cet endroit du Zodiaque de Denderah et de l’écliptique astronomique :

Stellarium-Zodiaque de Denderah-Cygne

Les constellations voisines sont bien les mêmes ( comme nous l’avions déjà vu dans mon livre qui offre une explication détaillée pour chacune des constellations ).

Le zodiaque dans cette position ou ce sens nous indique logiquement que le Sud se trouve en bas, ce qui corrobore bien avec l’observation astronomique qui dit que : « L’oiseau qu’elle représente s’étend sur la Voie lactée estivale, paraissant en migration vers le sud. ».

Il s’agit bien sur le Zodiaque de 3 oiseaux transformés en un seul oiseau que l’on nommera Cygne, cette constellation n’est donc pas la planète Mars.

Les Anciens Égyptiens ont su représenter correctement notre système solaire, ils étaient bien plus avancés qu’on le croit et même plus avancés que les Mésopotamiens, comme nous allons le voir plus loin.

Revenons à la Pleine Lune Éclipse du Zodiaque, nous nous étions basés sur la Pleine Lune du Mois Pachons à cheval sur la Saison Pharmouthi et Chémou, converti en langage calendaire grégorien, il s’agit de la Pleine Lune du 8 Mars 2012.

Continuons pour voir quelles sont les autres correspondances astronomiques du Zodiaque de Denderah.

Vue du ciel astronomique du 31 décembre 2012 :

Nous avons besoin d’une carte du ciel astronomique du 31 décembre 2012 fournie par le logiciel d’astronomie connu sous le nom de Stellarium :

31 décembre 2012

Tenons en compte uniquement la position des planètes y compris notre soleil.

Nous constatons déjà sur le Zodiaque de Denderah en animation ci-dessous que les astres visibles à l’oeil nu s’y trouvent bien en lieu et place des « petits cercles » que l’on voit sur la tête de certains personnages, cliquer dessus si l’animation ne se met pas automatiquement en marche :

Les 3 Astres les plus lointains :

Les ou le créateur(s) de ce zodiaque maîtrisai(en)t à ce point l’astronomie que plus de 2000 ans après qu’il fut sculpté, le Zodiaque de Denderah reflèterait très précisément le ciel du 31 décembre 2012 visible à partir du Temple de Denderah à Quina, en Egypte, mais cette vision du ciel est valable aussi pour l’Occident puisque le fuseau horaire de l’Egypte coïncide exactement avec le Fuseau horaire par exemple le fuseau de la France, selon certaines époques de l’année, il n’est donc pas aussi important de tenir compte du lieu.

Si le Zodiaque de Denderah est l’exact reflet du ciel de 2012, vous vous demandez pourquoi certains petits cercles au-dessus de la tête de certains des personnages ne désignent pas eux aussi un astre ?

Ce n’est pas un oubli de la part des créateurs du zodiaque, mais tout simplement, parce que dans la première étape de cette analyse, il était inconcevable de penser qu’à l’époque antique, les Anciens Égyptiens avaient pu déjà répertorier les astres modernes en plus des 7 astres classiques, mais pour plus de précision, voici un court rappel historique concernant la découverte des trois astres modernes :

Uranus :

Uranus fut observée à de nombreuses occasions avant que son caractère planétaire ne soit formellement identifié: elle est en général prise pour une étoile. La plus ancienne mention date de 1690 lorsque John Flamsteed l’observe au moins six fois et la catalogue sous le nom technique de « 34 Tauri » . L’astronome français Pierre Charles Le Monnier observe Uranus au moins douze fois entre 1750 et 1769, notamment durant quatre nuits consécutives. Sir William Herschel la découvre officiellement le 13 mars 1781 lors d’une recherche systématique d’étoiles doubles à l’aide d’un télescope.

Neptune :

Neptune n’est pas visible à l’œil nu et comme Uranus, elle a été découverte qu’après l’invention du télescope. Pourtant, cette découverte se démarque de celle des autres planètes: elle a été faite uniquement par le calcul à partir de la trajectoire et des caractéristiques d’Uranus. Le télescope ne servira qu’à la confirmation de la découverte.

Plusieurs astronomes ont manqué de faire la découverte par les moyens traditionnels (observation au télescope). Les dessins astronomiques de Galilée montrent qu’il a observé Neptune le 28 décembre 1612 alors qu’il regardait Jupiter. La planète est alors répertoriée comme une simple étoile,. Il la remarque de nouveau dans le ciel un mois plus tard, le 28 janvier 1613, et constate même qu’elle a bougé par rapport à une étoile voisine. Ce ne peut donc être une étoile, mais Galilée ne tire aucune conclusion et n’en reparlera plus par la suite. Comme il pensait qu’il s’agissait d’une étoile, il ne peut alors être crédité de sa découverte.

Neptune est également observée par Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande (1732-1807) le 10 mai 1795 et par John Herschel, fils de William Herschel (qui a découvert Uranus), sans rien noter de particulier. La planète semblant échapper aux astronomes, la découverte reviendra à un mathématicien.

Le Mathématicien Le Verrier communique ses résultats à l’Académie des sciences le 31 août 1846. Devant le peu d’enthousiasme des astronomes français, il décide de faire alors appel à une de ses connaissances: l’astronome prussien Johann Gottfried Galle de l’observatoire de Berlin.Vers minuit, Galle trouva Neptune, à moins d’un degré de l’emplacement calculé. Il attendit quelques heures pour vérifier si l’astre a bien bougé, avant de confirmer qu’il s’agissait bien de la planète recherchée.

Peu de temps après sa découverte, Neptune fut appelée simplement «la planète extérieure à Uranus» ou comme «planète Le Verrier». En Angleterre, James Challis, directeur de l’observatoire de Cambridge mettait en avant le nom d’Océan, le Titan, fils d’Ouranos (équivalent grec d’Uranus).

Gustav Wilhelm Ludwig von Struve, l’astronome russe s’est prononcé en faveur du nom de Neptune, le 29 décembre 1846, à l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg et depuis cette planète fait référence au dieu romain des océans mais nous savons que la culture romaine est globalement calquée sur la culture grecque qui, elle nommait ce dieu sous le nom de Poséidon.

Pluton :

Pluton fut découverte lors de la recherche d’un corps céleste permettant d’expliquer les perturbations orbitales de Neptune, hypothèse proposée par Percival Lowell comme étant la Planète X.

Percival Lowell meurt en 1916 mais l’équipe de l’observatoire Lowell, après avoir pris des photographies permettant de confirmer la découverte, télégraphie la nouvelle au Harvard College Observatory le 13 mars 1930.

De nombreux observatoires se mettent alors à observer cette nouvelle planète, afin de déterminer son orbite le plus précisément possible. En reprenant des clichés antérieurs, Pluton est rétroactivement observée sur des plaques photographiques remontant jusqu’à 1909.

La planète est nommée à la fois en référence au dieu romain des enfers ou mondes souterrains et à Percival Lowell dont les initiales forment les deux premières lettres de Pluton. Le nom fut suggéré par Venetia Burney, une jeune fille de onze ans d’Oxford, en Anglettere. Passionnée de mythologie et d’astronomie, Venetia Burney trouva approprié d’associer le nom le dieu du monde souterrain à ce monde obscur et glacé. Son grand-père qui travaillait à la bibliothèque universitaire d’Oxford en parla à l’astronome Herbert Hall Turner, qui transmit l’idée à ses confrères américains. Le nom de Pluton fut officialisé le 24 mars 1930.

L’absence de Pluton étant due au fait que cet astre n’est plus considéré comme une planète à part entière depuis 2006 :

Si on s’aventure à vouloir placer malgré tout Uranus et Neptune sur le Zodiaque de Denderah, on remarque avec grand étonnement que ces 2 astres modernes trouvent aussi leur place dans les petits cercles, incroyable, non ?!

Nous verrons plus loin ce qu’il est pour Pluton, mais cet astre y trouve aussi sa place, aussi étonnant que cela puisse paraître.

«Mais c’est une coïncidence! » se diront les sceptiques, certes, en plus de Pluton, il reste deux «petits cercles» sans astres désignés mais nous verrons plus loin aussi ce qu’il en est pour ces deux « petits cercles ».

Cette observation du ciel du 31 décembre 2012 sur base du zodiaque de Denderah, est elle juste un hasard, une pure coïncidence ?

Vérifions avec d’autres dates si celles-ci nous offrent la même vision du ciel, prenons par exemple l’année 2013 mais en gardant le même jour, le même mois et la même heure :

31 décembre 2013

Nous constatons avec cette date du 31 décembre 2013 que les Astres ont forcément bougé de place par rapport à leurs emplacements de 2012, et c’est logique, puisque les astres ne sont pas fixes et que la date a changée.

Nous verrons plus loin, la durée relative à chaque astre afin de constater que tous  ne bougent pas en même temps, si nous prenons par exemple le cas de l’astre Vénus, celui-ci met + ou 7 jours à se déplacer de 30 ° par contre Jupiter met + ou 1 an à se déplacer de 30°, ainsi donc pour qu’une carte du ciel puisse être identique à une autre , il faudrait + ou – 26.000 ans, c’est à dire une «Grande année» pour que cela se produise.

Continuons notre enquête en gardant le même jour, le même mois et la même heure mais pas la même année, choisissons cette fois-ci l’année 2011 :

31 décembre 2011

Pour cette date du 31 décembre 2011, les astres ont forcément aussi bougé.

Vous vous demandez pourquoi ce Babouin assis au milieu d’une barque est sensé représenté le soleil ?

Le Soleil Babouin :

En effet, il n’a pas véritablement de « petit cercle » au-dessus de la tête, la raison en est toute simple, vous le savez, les Égyptiens honoraient certains animaux comme de véritables dieux à qui ils attribuaient des rôles cosmiques.

Les Anciens Égyptiens se servaient du babouin pour représenter le Soleil, parce que le Babouin est le seul animal qui à son réveil, regarde le Soleil se lever en poussant des cris dans sa fameuse posture que l’on retrouve en général sur toutes les statuettes et illustrations graphiques qui le représentent.

Les cynocéphales, appelés quelquefois hati, « les adorateurs », symbolisent aussi l’adoration du soleil levant, comme, par exemple, au chapitre XVIe du Livre des morts ou sur la base de l’obélisque de Louqsor conservée au Musée du Louvre. Le haut de la porte centrale du temple d’Ammon à Médinet-Abou est orné d’une série de ces animaux, ainsi que la corniche extérieure du grand temple dédié au Soleil à Abou Simbel.

Le Babouin est certes aussi assimilé à la Lune, mais ce statut-là est tardif et lui a été accordé par la Dynastie Ptolémaïque mais ce statut lunaire est aussi partagé avec Thot l’Ibis mais aussi le dieu Khonsou , mais ces deux-là n’ont jamais été assimilé au soleil.

Le Hiéroglyphe au-dessus de la Tête de ce Babouin, se traduit justement par : « Celui qui se trouve au milieu de la barque sacrée » faisant référence au Soleil :

Le Babouin n’a donc pas de «petite cercle» parce qu’il illustre  le Soleil et son cas particulier s’explique du fait qu’en tant qu’astre solaire, il fallait bien le distinguer des autres objets célestes.

Astronomie Égyptienne ou Grecque ?

Les Créateurs du Zodiaque de Denderah sont vraiment fameux, certains pourront ergoter en disant : « Oui mais le Zodiaque de Denderah datant de la période ptolémaïque, le mérite en revient aux Grecs et non aux Égyptiens… ».

Ce serait là une grande erreur de proposer cette conclusion, car le Zodiaque circulaire de Denderah ne semble pas du tout dater de l’époque ptolémaïque pour plusieurs raisons :

-Il n’y a aucun élément grec dessus ni en tant que personnage, dieu ou homme ni en tant qu’architecture ou décor ou objet, son style est résolument égyptien, nous savons que les Ptolémée honoraient le dieu Sérapis en plus des autres divinités grecques, pourquoi ne sont elles pas représentées ?

-Un autre détail qui a toute son importance est l’absence de la constellation du Centaure, alors que les 47 autres Constellations des astronomes  Claude Ptolémée et Aratus sont représentées sur le Zodiaque, comme démontré dans l’animation ci-dessous ( en rouge les 12 Constellations/Signes du Zodiaque et en bleu les 36 Constellations extra-zodiacales ) :

Voici en représentation panoramique la superposition des Constellations extra-zodiacales attribuées à tort à Claude Ptolémée :

Cette absence du Centaure démontre déjà que le Zodiaque de Denderah est plus ancien que la mythologie grecque dans laquelle on trouve le mythe du Centaure.

La Constellation du Centaure :

Ceci dit, les Anciens Égyptiens d’avant la Dynastie Ptolémaïque ont quand même représenté la constellation du Centaure sous sa forme « constellaire » mais sous l’apparence d’un autre personnage.

Astronomiquement, la constellation du Centaure est à chercher dans le ciel de l’hémisphère sud en s’aidant des Constellations de l’Hydre ( le Serpent géant sur lequel on voit le Lion ), le Loup ou Canidé ( le Molosse qui tire la langue ) et d’autres constellations telle que la Balance, la Vierge, nous retrouvons ces mêmes constellations représentées en tant qu’animaux ou humains dans le style égyptien sur le détail du zodiaque de Denderah ci-dessous :

Nous observons dans cette partie provenant du bas du zodiaque circulaire, que les Anciens Égyptiens ont placé leur avatar du Centaure dans le bon hémisphère, celui du Sud, cet avatar représente une femme assise qui tient un enfant debout sur une main de cette femme, derrière elle, on remarque un homme à tête de taureau, derrière cet homme-taureau, on remarque un gros chien, genre molosse, au dessus de la femme assise, on remarque un long et grand serpent sur lequel se tient un lion et un oiseau et derrière cet oiseau, on remarque une femme debout tenant un épi de blé dans la main.

Regardons ce que le logiciel d’astronomie Stellarium offre lui comme environnement pour la Constellation du Centaure :

Les scènes du zodiaque de Denderah et du ciel de Stellarium sont presque identiques, l’homme-taureau a cependant disparu, pourquoi ?

Isis tenant Horus enfant dans ses bras a été remplacée par Claude Ptolémée l’astronome Grec par la Constellation du Centaure, que les Astronomes nomment Chiron, nous savons que Chiron était une sorte de précepteur, c’est à dire un éducateur d’adolescents, en effet, de nombreuses sculptures le représentent avec un enfant pré-ado, le Centaure aurait enseigné notamment à Céphale, Héraclès, Iphiclès, Ulysse,…

A l’opposé des centaures, êtres frustes et cruels, Chiron était réputé pour sa sagesse et sa science.

Ce qui est intéressant avec le mot Centaurus ou Centaure, c’est qu’étymologiquement « Cen » vient du mot Cenobite du latin coenobita (moine), dérivé de coenobium et du grec ancien κοινόβιον koinóbion, (« vie en commun « ), qui signifie : une forme de vie monastique en communauté, les centaures vivaient bien en communauté mais loin des hommes.

Le cénobite désigne donc ceux qui vivaient séparés les uns des autres et qu’on appelait aussi anachorètes, c’est à dire un ermite ou citoyen qui refuse les obligations de la ville, par l’entreprise d’un exil volontaire.

Les centaures étaient justement considérés comme des « parias » depuis que les centaures se jetèrent sur Héraclès pour le tuer, mais hercule en tua plusieurs et poursuivit les autres.

Le mot « Taurus », lui signifie évidemment Taureau.

On dit aussi que centaure vient du grec ancien Κένταυροι, Kéntauroi, une étymologie ancienne fait dériver leur nom de deux mots grecs : κεντειν, kentein, « piquer », et ταυρος, tauros, « taureau ».

Les deux versions étymologiques gréco-latine s’entendent toutes les deux sur le mot taurus/tauros.

Pourtant, le mot qui désigne Cheval en grec, se dit Hippo et non pas Taurus, il n’y a donc aucun rapport entre l’homme-cheval et le Centaure et pourtant tout le monde s’accorde à faire du Centaure un homme mi-homme mi-cheval, c’est là que l’on reconnait la corruption du ciel Égyptien et de notre langage par les Grecs.

Le nom de Chiron est issu du grec ancien Χείρων / Kheírôn), dérivé du mot grec Kheir qui signifie main, cette racine étymologique évoque aussi l’habileté avec les mains, mais cette main ne serait elle pas plutôt l’évocation de la main de la déesse Isis comme celle qu’elle place en face de Horus enfant sur le zodiaque ?

Si on observe la version fidèle mais colorée du Zodiaque, on constate que la forme de la Constellation du Centaure se superpose parfaitement sur deux personnages :

Nous remarquons que la constellation du Centaure avec ce montage se superpose aux personnages de Isis/Horus enfant et le personnage mi-homme mi taureau qui tient dans ces mains le manche d’une houe, c’est cet instrument agricole qui fût transformé en lance que tient le Centaure pour tuer la constellation Lupus ( le Loup ) :

Ce canidé est d’ailleurs représenté sur le zodiaque égyptien par un chien du genre Molosse juste derrière l’homme-taureau à la houe :


Ci-dessous, nous pouvons observer la superposition du Centaure grec sur le zodiaque de Denderah :

A moins d’être de mauvaise foi, nous constatons bien que les grecs ont transformé le ciel égyptien en gardant toutefois, et ce malgré eux, la représentation des anciens egyptiens qui a servi de base à Claude Ptolémée et Aratos, les astronomes grecs.

Nous savons que les Grecs n’accordaient pas un rôle important à la femme contrairement aux Anciens Égyptiens, c’est pourquoi le culte de l’homosexualité ou la pédérastie qu’évoque le mythe du Centaure et des jeunes garçons a remplacé l’image de la Déesse Isis tenant dans ses bras son pré-ado Horus , mais la fonction d’enseignement ou d’éducation a demeuré comme on peut le voir sur le Zodiaque, puisque Isis semble apprendre à Horus enfant à se tenir debout.

En s’aidant des constellations voisines, la superposition de la constellation du centaure s’accorde parfaitement en lieu et place de ce qu’on devait nommer à l’époque des Anciens Égyptiens, la Constellation d’Iset ( Isis ) tenant dans ses bras le jeune Heru ( Horus ), le Zodiaque de Denderah est le seul vestige qui témoigne encore du ciel Égyptien, qui est donc bien typiquement égyptien :

Voici quelques représentations les plus courantes mais officielles de la Constellations du Centaure, afin de bien observer que la superposition est juste :

Si les Rois Grecs de la Dynastie Ptolémaïque avaient commandé ce zodiaque à un sculpteur égyptien, le sculpteur ne se serait pas amusé à sculpter des personnages qui ne font pas partie de la Mythologie Grecque, si on suppose que les Constellations actuelles reprennent les personnages mythologiques grecs et c’est le cas, mais comme déjà précisé les personnages du Zodiaque de Denderah ne sont pas du tout Grecs, astronomiquement parlant.

Pour autre preuve, les deux personnages ( Isis et Horus enfant ) qui incarnent la constellation du Centaure ne se retrouvent pas dans la salle hypostyle sur le grand zodiaque rectangulaire visible sur le plafond de la salle hypostyle, ce zodiaque-là, lui date bien, graphiquement parlant, de la dynastie Ptolémaïque.

Cette absence est importante car les égyptologues, du moins ceux du Musée du Louvre, affirment que le petit zodiaque circulaire et le grand zodiaque rectangulaire datent de la même époque parce qu’on les observe dans le même Temple, mais c’est là encore une erreur, car on ne date pas un artefact antique sur la base de deux éclipses comme c’est le cas du zodiaque circulaire, c’est comme si par ex, dans notre futur, en l’an 2958 , on retrouve la Tour Eiffel avec un graffiti dessus représentant l’éclipse solaire de 1999 et qu’on conclura que la Tour Eiffel a été construite en 1999….

Le Zodiaque de Denderah est plus ancien, c’est pourquoi, il a été placé sur la Terrasse, comme si le Temple de Denderah était un musée astronomique rassemblant des zodiaques de différentes époques, d’ailleurs selon l’Auteur en égyptologie Antoine Gigal :

« Il est d’ailleurs courant de retrouver des éléments beaucoup plus anciens dans les structures de l’égypte antique car chaque dynastie procédait à de scrupuleuses restaurations. » Source

Pour conclure sur le Centaure, cette constellation du ciel austral était déjà connue des Grecs et apparaît chez Eudoxe de Cnide (4ème siècle avant notre ère), Aratos de Soles (3ème siècle avant notre ère), il est donc incontestable que le Zodiaque circulaire de Denderah est plus ancien qu’on l’affirme, sinon, y apparaîtrait la constellation du Centaure…

Les Deux Éclipses du Zodiaque Circulaire de Denderah :

A propos des deux éclipses lunaire et solaire que l’on peut observer sur le zodiaque circulaire de Denderah, voici comment elles sont représentées, commençons par celle du 25 septembre -51/-52 mais tenant en compte que ce zodiaque circulaire égyptien unique offre plusieurs visions, c’est pourquoi, on peut y retrouver le Soleil plusieurs fois à des endroits différents :

Sachant que la Petite Ourse nous sert d’étoile polaire, c’est à dire qu’elle se trouve juste au-dessus de notre tête, la Terre est forcément directement en dessous de notre étoile polaire dans ce cas, pour qu’une éclipse lunaire se manifeste, il faut que la Terre soit entre le Soleil et la Lune, c’est donc l’ombre de la Terre émanant des rayons du soleil, qui se projette sur la Lune, comme indiqué sur le zodiaque de Denderah.

Une éclipse lunaire est une éclipse se produisant à chaque fois que la Lune se trouve dans l’ombre de la Terre. Ceci se produit uniquement lorsque la Lune est éclairée, et, quand le Soleil, la Terre et la Lune sont alignés ou proches de l’être.

Deux conditions sont requises pour que cela arrive. D’abord, la Lune doit être pleine, c’est-à-dire que, par rapport au Soleil, elle doit se trouver juste derrière la Terre.

Voici un schéma technique montrant comment se déroule une éclipse lunaire :

Cette éclipse lunaire a eu lieu du 25 Septembre -51 ( ou -52 selon que l’on tient compte du calendrier astronomique qui n’intègre pas l’année 0 ), la Lune d’Horus sous la forme de l' »oeil d’Horus » comme on peut le voir sur le Zodiaque circulaire de Denderah se trouve bien dans le voisinage des Poissons avec en opposition la Vierge qui se trouve juste au dessus de notre fameux Centaure.

Voici la carte du ciel du 25 septembre -51 provenant du logiciel d’astronomie Stellarium, on y observera la même représentation que sur le zodiaque circulaire de Denderah :

Éclipse du 7 Mars -50/51 :

En ce qui concerne, l’éclipse solaire du 7 mars -50 ( ou -51 selon que l’on tient compte du calendrier astronomique qui n’intègre pas l’année 0 ), le soleil doit être occulté par la Lune, le soleil qui était en bas ou au Sud sur le Zodiaque circulaire doit donc se retrouvé au Nord dans le voisinage des Poissons.

Ce qui est logique, puisque le soleil ne se trouve plus dans le voisinage de la Balance/Vierge lorsqu’il est visible au mois de Mars, ce zodiaque circulaire de pierre se lit donc non pas dans plusieurs sens, mais offre plusieurs lectures différentes en gardant toujours le même sens à la manière d’une sorte d’ancêtre de l’astrolabe que l’on peut moduler.

Le Soleil dans le cas de la date du 7 Mars -50 est représenté par le cercle enfermant Isis tenant par la queue un sanglier et non pas un Babouin comme l’affirme Eric Aubourg, l’Astro-Physicien :

Sans trop entrer dans les détails de la Mythologie Égyptienne afin de ne pas trop nous écarter de l’aspect astronomique , sachez seulement que le Sanglier est un avatar du dieu malfaisant Seth qui a, selon la légende, crevé un oeil au dieu Horus devenu adulte, cet oeil fût remplacé par la Lune mais Seth a aussi poursuivi le père d’Horus, Osiris ( dans ce cas, avatar du Soleil nommé Ré ou Râ ) qui lui s’est réfugié sur la Lune.

Osiris est considéré aussi comme le dieu des « morts »  mais on trouve dans la tombe de Néfertari ( XIXe dynastie ou -1296 à 1186 ) la formule :  » Osiris se repose en Rê et Rê se repose en Osiris « .

Contrairement à ce qui a été souvent affirmé à la suite d’une erreur, ce que les Chaldéens appelaient « Saros » n’a rien à voir avec les éclipses et ne permettait en aucun cas de prédire une éclipse solaire visible dans le monde connu de l’époque Antique.

La fameuse prédiction d’éclipse solaire de Thalès relatée par Hérodote ( -484 à -420 ), est probablement exagérée. Cette éclipse s’est bien produite le 28 mai -585 et était visible dans cette partie du monde. Mais une prédiction d’éclipse suppose des outils théoriques et mathématiques très avancés, qu’on estime n’avoir été élaborés qu’au IIesiècle avant notre ère par Hipparque (-190 à -120) grâce à sa théorie des épicycles..

Mais une fois ces outils élaborés, il faut encore dresser des tables très précises. On ne sait pas avec certitude quand les premières tables permettant des calculs d’éclipses ont vu le jour mais elles sont antérieures à Claude Ptolémée, qui les a perfectionnées, et elles n’existaient pas en Grèce avant Hipparque. On ne sait pas si Claude Ptolémée a effectué avec succès de tels calculs, mais en tout cas il a mis au point la méthode.

À partir de Claude Ptolémée (90 à 168 ), on vérifiait une éclipse après qu’elle est lieu, car pour la prédire avec justesse, il aurait fallu effectuer de fastidieux calculs, le plus souvent en vain, lors de chaque nouvelle lune. La première prédiction d’éclipse solaire établie de manière certaine, dont on possède le calcul, est celle du 16 juillet 1330, réalisée par Nicéphore Grégoras à Byzance.

Voici la représentation de l’Éclipse solaire indiquée sur le Zodiaque de Denderah, cette fois-ci, proposée par le logiciel d’astronomie Stellarium :

Comme on peut le constater, les Anciens Égyptiens n’ont pas attendu Hipparque  et sa théorie des Epicycles ou Claude Ptolémée et son Amalgeste pour prévoir une éclipse solaire qui, plus est, est gravée dans la pierre !

Le ciel du 7 Mars -50 du Logiciel est donc lui aussi identique à celui du zodiaque circulaire de Denderah, puisque nous remarquons que le cercle enfermant Isis tenant le Sanglier se trouve bien dans les Poissons comme le soleil s’y trouve aussi pour cette date :

Ces deux éclipses nous montrent et démontrent que les Anciens Égyptiens étaient de véritables maîtres dans l’art de représenter les phénomènes cosmologiques ainsi que de véritables maîtres dans l’art de communiquer ces phénomènes par l’art graphique, car comme vous le savez maintenant démontrer le phénomène d’une éclipse solaire n’est pas à la portée de tout le monde, aucune autre civilisation antique même celle des Sumériens/Babyloniens n’a su représenté de manière aussi simple, aussi accessible à tous, la difficile discipline de l’astronomie.

Pour ceux et celles qui se demandent pourquoi ces deux Éclipses sont représentées sur le Zodiaque, quels événements important elles indiquent, eh bien c’est très simple, l’an -50 est l’année du décès de Ptolémée XII.

Nous arrivons donc enfin, à cette prophétie du Zodiaque de Denderah qui indiquerait la Fin de l’Égypte Antique, que les Anciens Égyptiens ont vraisemblablement prévu bien avant que l’Égypte ne soit marchandé aux Romains par Ptolémée XII.

Ptolémée XII, le Fossoyeur de l’Égypte Antique :

Né vers -98 ( l’année 117 a également été proposée), Ptolémée XII, Neos Dionysos Philopator Philadelphos, dit Aulète (le Flûtiste) est probablement le fils de Ptolémée IX et d’une mère inconnue, peut-être une concubine, parfois identifiée à Cléopâtre IV, il est aussi connu sous le nom de Tophus (le Bâtard).

Il est porté sur le trône par la foule d’Alexandrie composée largement d’une population grecque  en -80 tandis que son frère règne sur l’île de Chypre. Il épouse sa sœur, Cléopâtre VI Tryphaïna, selon les usages de sa lignée et est couronné à Alexandrie (non à Memphis comme l’aurait exigé la tradition) en 76 seulement.

Très vite, il s’affirme comme un vrai Lagide, par son incompétence politique et ses excès en tous genres.

Or, tandis qu’il se livre à ses débauches, Rome hésite sur la conduite à tenir envers ce souverain lagide : reconnaître sa légitimité ou annexer son royaume, l’Égypte ne l’oublions pas était le « grenier à blé » de la Rome Antique.

Cette année-là, la question de l’Égypte se pose de façon cruciale soulevant la question de la légitimité de Ptolémée XII, produisant un prétendu testament de Ptolémée XI Alexandre II cédant déjà l’Égypte au peuple romain.

En 59, Ptolémée XII verse à Jules César, une énorme somme contre sa reconnaissance officielle avec le titre d’ « ami et allié du peuple romain », c’est-à-dire, dans la pratique, ni plus ni moins que Ptolémée XII devient vassal de Rome mais n’oublions pas que c’est le seul moyen pour Ptolémée XII de faire reconnaître son statut de Pharaon, du fait que celui-ci est contesté, mais cet accord avec les romains, n’est pas sans intérêt pour Rome, en effet, celle-ci décide de s’approprier le royaume de Chypre, dont le frère de Ptolémée XII en était le roi.

En 58, le Sénat romain a réglé le sort du royaume indépendant de Chypre dont le roi préféra se donner la mort plutôt que de se soumettre ne voyant pas venir à lui l’aide qu’aurait du lui envoyer son frère Ptolémée XII, ce dernier prudent, refuse d’intervenir.

Les Alexandrins, furieux chassent Ptolémée XII qui se réfugie d’abord brièvement à Rhodes ( Mer Égée, près de Chypre ) et ensuite à Rome tandis que sa fille aînée Bérénice IV Épiphane monte sur le trône d’Égypte.

Mais les banques romaines refusent d’aider Le Bâtard dans un premier temps, puisqu’il ne dispose plus du trésor royal mais Ptolémée XII tente de se concilier les hommes influents et, ayant obtenu quelques assurances vagues, il quitte Rome pour Éphèse ( Turquie ) à la fin de l’année 57.

Ptolémée XII devra patienter jusqu’en l’an -55 pour que l’opportunité de remonter sur son trône se représente et pour se faire, il imagine un plan machiavélique :  faire croire que l’Égypte veut envahir la Syrie qui elle est assujettie à Rome, et ainsi profiter de l’armée romaine pour rentrer sans crainte, pour sa vie, en Égypte.

Ptolémée XII de retour en Égypte, est rancunier,  il fait exécuter sa fille Bérénice ensuite il gouvernera encore trois ans sous la protection d’une garnison romaine.

« Contre toute attente », Ptolémée XII meurt de mort naturelle en -51 après avoir désigné pour successeurs son fils aîné Ptolémée XIII, âgé d’une dizaine d’années, et sa demi-soeur Cléopâtre VII, âgée de dix-huit ans.

La suite, nous la connaissons, Cléopâtre VII tombe amoureuse de Marc Antoine le Romain, l’ennemi juré d’Octave futur Empereur Auguste, ce dernier envahit l’Égypte officiellement à la mort, par le suicide, de Cléopâtre VII, fille de Ptolémée XII.

Nous venons d’en prendre connaissance, Ptolémée XII fût donc « bel et bien » le véritable fossoyeur de l’Égypte Antique, et son règne marqua bien la fin au sens propre comme au sens figuré du statut de Pharaon.

Autres Événements de l’an -51/-50 :

La Mort de Ptolémée XII étant naturelle, personne n’aurait pu prévoir que l’an -51/-50 serait une année à ce point déterminante pour Égypte Antique, personne, sauf les prêtres astrologues, car, il ne s’agit pas seulement de prédire la mort d’un homme, mais de toute une civilisation.

Cette année-là annonçait donc la fin de l’Égypte Antique mais annonçait aussi le début d’une autre civilisation, celle de Rome, certes, Rome existait depuis déjà quelques siècles, mais l’An -51/-50 annonce le début du futur Empire Romain, voici en quelques détails se qui se déroula lors de cette année -51 :

-Jules César termine la Guerre des Gaules en contrôlant le pays entier. Après avoir vaincu Vercingétorix à Alésia l’année précédente, il bat Coréus, chef des tribus gauloises bellovaques et véliocasses.

-Jules César organise systématiquement la Gaule, dont la soumission lui donne un immense prestige et d’énormes moyens d’action. Son armée lui est dévouée, et il a de l’argent.

-Début d’un réchauffement climatique (fin en 200).

-Disette ( famine ) en Égypte de -50 à -48.

Le Zodiaque indique donc aussi une sorte de prévision astrologique comme une carte du ciel personnelle non pas celle de Ptolémée XII mais bien de toute une civilisation.

Datation du zodiaque circulaire de Denderah :

Le zodiaque circulaire de pierre a été sculpté, de toute évidence, bien avant l’an -50/51, certes, il indique cette année-là, mais même son style graphique est plus ancien que celui de la Dynastie Ptolémaïque.

Le Zodiaque de Denderah remonterait plutôt à l’époque de Sénènmout XVIIIedynastie ( -1550 à 1292 ), l’architecte-astronome de la Reine-Pharaon Hatchepsout, car dans la tombe de Sénènmout, on peut voir sur le plafond des formes circulaires qui ont certainement servies de base à la vision circulaire du zodiaque même si dans le cas des « cercles de Sénèmout », ceux-ci désignent les mois Égyptiens et non une année entière, mais la division en 12 Mois est bien à la base de la division du zodiaque en 12 Signes :

Voici ci-dessous, le Zodiaque de Denderah divisé par les mois Égyptiens du Calendrier Nilotique, division à la manière de Sénènmout, nous remarquons que cette division inclut aussi les Signes de l’Écliptique, appelé couramment Zodiaque, et nous remarquons aussi que l’Éclipse Solaire du 7 mars -50/-51 ou la Pleine Lune apparaît bien dans le Mois Pachons ( Mars/Avril )

Les lignes rouges indiquent les 3 Saisons Égyptiennes, chaque saison comportant 4 mois, eh oui 3 saisons et non 4 comme en Occident, mais cette différence n’altère en rien la maîtrise de l’astronomie Égyptienne, au contraire :

Pour bon nombre d’Égyptologues et Archéologues à commencer par Champollion, l’Égypte de la Dynastie des Ptolémée avait un style graphique et architectural sans finesses, sans grand art, sans souci du détail, par contre le zodiaque circulaire de Denderah reflète le même souci du détail que celui des premières dynasties.

Nous conclurons sur l’origine du Zodiaque de Denderah en rajoutant un fait indéniable, c’est qu’il a fallu plus d’une journée pour sculpter ce chef-d’œuvre de pierre, de fait, il n’a pas été sculpté la veille ou dans la matinée des éclipses qui se sont déroulées en l’an -50…

Après avoir répondu à ceux qui affirment que le Zodiaque de Denderah est d’origine grecque, revenons en à notre carte du ciel du 31 décembre 2012 et répondons à la question restée en suspens :

«Pourquoi deux petits cercles au-dessus de la tête de certains des personnages ne sont pas désignés aussi par un astre ?»

Nous avons répondu en ce qui concerne l’un de ces deux cercles, puisqu’il s’agit du Soleil pour l’Éclipse Lunaire du 25 septembre -51 selon le calendrier astronomique.

Nous avions vu que les 2 astres Modernes que sont Uranus et Neptune prennent place sur le Zodiaque, mais qu’il manquait Pluton la planète disqualifiée depuis 2006.

Comment expliquer que même Pluton serait représenté sur le Zodiaque de Denderah ?

Nous savons que seuls les astrologues modernes qui tiennent compte des découvertes modernes en astronomie, comme ce fût le cas pour Uranus et Neptune, rédigent des thèmes astraux intégrant l’astre Pluton.

Voyons ce que dit Diodore de Sicile a propos de l’astrologie et de l’Ancienne Egypte :

«…On prétend même que les Chaldéens de Babylone, si renommés dans l’astrologie, sont une colonie égyptienne et qu’ils furent instruits dans cette science par les prêtres d’Égypte…»

Que l’on «croit» ou non à l’astrologie, il suffit juste de savoir que les Astres de notre système solaire et aussi ceux qui sont en dehors comme les 3 astres modernes sont rattachés à une symbolique ou plutôt une caractérologie reliée à une divinité Gréco-romaine, c’est pourquoi, il est intéressant de visualiser aussi le zodiaque de Denderah sous un œil astrologique. Précisons néanmoins que cette référence mythologique ne fait pas partie d’une «croyance» mais plutôt d’une Culture générale.

En très résumé, voici la liste des divinités gréco-romaines majeures « rattachées » symboliquement à leur astre respectif et leur qualificatif mythologique :

-Soleil = Apollon = dieu de la beauté, etc…

-Mercure = Hermès = dieu des commerçants, etc…

-Venus = Aphrodite = déesse de l’harmonie, etc…

-Lune = Diane/Artémis = déesse de la Source, etc…

-Mars = Arès = dieu de la Guerre, etc…

-Jupiter = Zeus = dieu de l’autorité, etc….

-Saturne = Cronos = dieu du temps, etc…

-Uranus = Ouranos = dieu du ciel, etc…

-Neptune = Poséidon = dieu de l’océan, etc…

-Pluton = Hadès = dieu des enfers, etc…

Cette liste attire votre attention sur le fait qu’un astre indique au delà de son statut astronomique, aussi tout un ensemble de références mythologiques en plus d’être simplement un astre gazeux ou tellurique de telle ou telle masse comme le pensent les astronomes.

N’oublions pas que dans l’Antiquité, l’astrologie et l’astronomie n’était qu’une seule et même entité, les astrologues se servaient et se servent encore de ces références mythologiques pour dresser un portrait ou une période dans la vie d’une personne.

C’est ce qu’on appelle une «influence planétaire», c’est à dire que contrairement à ce que l’on conclut hâtivement, il n’y pas un lien visible ou invisible qui relie un astre à une personne, il s’agit simplement d’établir ou plutôt d’inclure dans votre date de naissance, le caractère de ces divinités gréco-romaines selon la position de ces astres dans votre thème astral.

Voici maintenant la liste des symboles qui représentent graphiquement les Signes et les Astres dans laquelle nous avons inclus Pluton puisque les astrologues modernes continuent à utiliser cet astre malgré sa disqualification du rang des planètes par les Astronomes modernes, mais qu’importe son rang, Pluton est aussi un personnage de la Mythologie Grecque :

astro-signes-et-planetes

 

Nous avions parlé au début de cette enquête, de la durée relative à chaque astre afin de constater que tous  ne bougent pas en même temps selon les dates, voici donc la durée zodiacale pour chaque astre :

Mercure met + ou – 7 jours pour parcourir un signe et + ou – 88 jours pour parcourir tout le zodiaque
Vénus met + ou – 20 jours pour parcourir un signe et met + ou – 243 jours pour parcourir tout le zodiaque.
La Lune met + ou – 2 jours pour parcourir un signe et met + ou – 28 jours pour parcourir tout le zodiaque.
Mars met + ou – 58 jours pour parcourir un signe et met + ou – 687 jours pour parcourir tout le zodiaque.
Jupiter met + ou – 1 an pour parcourir un signe et + ou – 12 ans pour parcourir tout le zodiaque.
Saturne met + ou – 2 ans pour parcourir un signe et 29 ans pour parcourir tout le zodiaque.
Uranus met + ou – 7 ans pour parcourir un signe et + – 84 ans pour parcourir tout le zodiaque.
Neptune met + ou – 13 ans pour parcourir un signe et + ou – 165 ans pour parcourir tout le zodiaque.
Pluton met + ou – 20 ans pour parcourir un signe et + ou – 248 ans pour parcourir tout le zodiaque.

Où se trouve donc Pluton sur un thème astral daté du 31 décembre 2012 ( hélas le logiciel d’astrologie n’a pas inclut la ville de Denderah dans sa liste, nous sommes donc obligés de nous baser sur la ville du Caire qui se trouve bien plus au nord de la Ville du Temple du Zodiaque, il y a donc forcément un léger décalage entre la carte astrologique et la carte astronomique, mais de quelques degrés seulement)  ?

31 décembre astrologique tropicalPluton se trouve « en » Capricorne ce jour-là, précisément là où Pluton se trouve sur le Zodiaque de Denderah :

31 décembre 2012 zodiaque de Denderah

Incroyable non, hasard, coïncidence, avancée astronomique égyptienne, qui sait ?!

Nous en avons terminé avec cette courte parenthèse astro-mythologique qui était nécessaire pour la suite de notre enquête sur le Zodiaque de Denderah.

Pourquoi les Antiques et Claude Ptolémée s’en sont tenus à 7 Astres alors qu’ils semblaient connaître les 3 astres les plus éloignés ?

7 ou le nombre humain :

NOMBRE 7 planétaire

Selon Macrobe ( né vers 370 et mort vers 430 ) écrivain, philosophe et philologue dans son oeuvre « Commentaires du songe de Scipion« , livre premier :

« Le nombre septénaire règle les séries de la vie de l’homme : Sept heures après l’accouchement, on peut prononcer si l’enfant vivra. C’est au septième jour de sa naissance que se détache le reste du cordon ombilical. Après deux fois sept jours, ses yeux sont sensibles à l’action de la lumière, et après sept fois sept jours il regarde fixement les objets, et cherche à connaître ce qui l’entoure. Sa première dentition commence à sept mois révolus; et à la fin du quatorzième mois, il s’assied sans crainte de tomber. Le vingt-unième mois est à peine fini, que sa voix est articulée ; le vingt-huitième vient de s’écouler, déjà l’enfant se tient debout avec assurance, et ses pas sont décidés« .

Le nombre septénaire, à cause de son rapport aux sept planètes, a occupé le premier rang parmi les nombres sacrés chez tous les peuples de l’ancien monde.

Précession des Équinoxes :

precession-de-la-Terre

Les Anciens Égyptiens connaissaient le phénomène de la Précession des Équinoxes bien avant qu’on ne l’attribue à Hipparque le Grec ( -190 à -120), cette théorie est soutenue par Cyril Fagan l’astronome écossais qui a écrit « Le Zodiaque des Égyptiens » paru chez Pardes.

L’astrologie Sidérale qui tient compte du décalage des Signes par rapport à la Précession des Équinoxes  a fait décaler le Zodiaque tropical de 24 degrés ( 1° =  71, 7 ans).

Le Zodiaque Tropical basé sur les 4 saisons occidentales ne peut que différer du zodiaque sidéral pour une simple raison : l’astrologie Tropicale est apparue avec Claude Ptolémée le Grec, astronome et astrologue ayant vécu vers le 2 ème siècle.

Notre calendrier d’origine égyptienne :

calendrier nilotique

En très bref, il faut savoir que notre calendrier grégorien fût inspiré par le Calendrier Julien et que celui-ci fut inspiré du calendrier Égyptien lorsque Jules César demanda à l’astronome Sosigène d’Alexandrie de mettre de l’ordre dans le calendrier lunaire romain pas assez fiable, le calendrier solaire égyptien est donc à la base de notre calendrier actuel.

Voici maintenant quelques autres aspects de la maîtrise de l’astronomie par les Anciens Égyptiens.

Découvertes astronomiques Égyptiennes  :

Machine d'Anticythère

Les anciens Égyptiens connaissaient donc déjà les astres modernes et d’autres maîtrises astronomiques telles que :

1° Le Zodiaque gradué en 360 °; comme le démontre par ailleurs la graduation de la Machine Anticythère datée du 1 er siècle avant l’ère des Poissons.

Voici le zodiaque gradué en 360 ° avec comme 1 er degré de départ le Bélier comme indiqué dans le Calendrier Thébaïque:

Entre 0° et 30° on peut remarquer que la queue du Bélier indique précisément le point de départ du Zodiaque Sidérale ou Tropicale, selon que l’on fait commencer le Bélier le 21 Mars ou le 15 Avril.

2° La connaissance par les Anciens Égyptiens de l’existence de la constellation de Ophiuchus que l’on nomme aussi le Serpentaire et que certains considèrent comme étant le 13 ième Signe.

Voici le Zodiaque à 13 Signes avec Ophiuchus le Serpentaire représenté par les Anciens Égyptiens :

3° La projection azimutale équivalente bien avant que Johann Heinrich Lambert ( 1728 à 1777 ) ne prétende l’avoir trouver.

Voici la projection azimutale équivalente représentée par les Anciens Égyptiens sur le zodiaque de Denderah, car sans cette projection, ils auraient été impossible pour eux de reproduire notre ciel d’une manière circulaire et ce bien avant que le mathématicien alsacien Johann Heinrich Lambert ne s’attribue la paternité d’une telle vision en 1772. 

On peut voir en bas en rouge indiqué par la lettre L ( Libra en latin, c’est à dire la Constellation de la Balance) cette constellation qui n’est pas, comme l’affirme certains, une invention romaine:

Voici ce que Yves Lenoble, historien de l’astrologie écrit à propos du Signe ou Constellation de la Balance :

« Il faut rendre à César ce qui est à César. Il m’est agréable de dire ici, sur cette terre italienne, que ce sont les Romains qui, en remplaçant « les Pinces » ( du Scorpion ) par la Balance, vont constituer définitivement notre zodiaque. » 

Pourtant si on se réfère au Temple d’Esna, dont la restauration fût ordonnée par Ptolémée III Évergète II ( -144 à -116 ), on y voit bien la Constellation de la Balance, ce Signe est de plus le seul dont on ne peut pas douter de l’origine égyptienne puisque qu’il est présent aussi en représentation philosophique sur des papyrus qui remontent à – 2700 …

C’est donc bien aux Anciens Égyptiens à qui nous devons notre actuel zodiaque mais certainement pas aux Gréco-romains comme ose l’affirmer Yves le Noble.

4° L’axe oblique de la Terre d’où le décalage de l’écliptique par rapport au centre du Zodiaque de Denderah.

Voici maintenant la représentation de l’axe oblique de la Terre selon la position des Étoiles Circumpolaires, bien avant que l’astronome James Bradley n’en proclame la trouvaille en 1748 :

Voici l’axe oblique de notre Terre vu de profil représenté de manière schématique, afin de bien visualiser l’axe oblique par rapport à la vue en plongée ou vue du haut visible sur le Zodiaque circulaire de Denderah :

5° Autres détails visibles sur le Zodiaque de Denderah, tels que le Nombre d’Or, l’emplacement exact des Constellations les unes par rapport aux autres  : 

Voici le calcul du Nombre d’Or en relation avec la course du soleil, on peut voir le Cancer qui annonce le Solstice d’été, c’est à dire le moment de l’année où le soleil commence sa course à reculons, c’est à dire à « redescendre » alors que jusqu’au 21 juin, il n’a fait que monter depuis le 24 décembre suite au Solstice d’Hiver, le fait qu’il aille à reculons, indique et explique pour que les Anciens Égyptiens ont choisi le Crabe pour le Cancer afin d’illustrer cette époque de l’année, ce crustacé à bien la réputation de se déplacer à reculons :

Voici aussi l’identification de 72 de nos 88 constellations actuelles avec leur place précise pour chacune dans notre ciel, remarquez aussi que les Anciens Égyptiens, connaissaient déjà 24 des constellations dites modernes redécouvertes à partir du 16 ème siècle :

72 CONSTELLATIONS

Il existe bien sur d’autres découvertes égyptiennes antiques «bien avant l’heure» , car la liste des découvertes astronomiques égyptiennes ne s’arrête pas à ces quelques exemples, vous pourrez mieux les découvrir dans le livre « Les Voleurs d’Étoiles ou le Secret du Zodiaque de Denderah ».

Optique Égyptienne :

Historiquement, l’optique est apparue dès l’Antiquité, la thèse la plus probable concernant la première création du verre est fixée à l’époque de l’Antiquité égyptienne (vers -2600 av J.C), les anciens égyptiens ont commencé par utiliser des verres naturels, comme l’obsidienne, puis ont appris à fabriquer eux-mêmes le verre dont l’application fût évidemment multiple.

Né du sable et du feu, le verre prit son véritable essor avec Thoutmosis III, pharaon d’Égypte ( -1483 à -1450 ) qui serait le premier à avoir fait naître l’industrie verrière.

Utilitaires, décoratifs, ou encore parures pour les princesses et pharaons, les objets en verre acquièrent très tôt de multiples usages, il est remarquable de constater que les premiers verres présentaient des compositions très voisines de celles de nos verres industriels modernes.

L’invention de la loupe ou de la lentille date de la même époque que Thoutmosis III, on a retrouvé des petites formes polies de verre, bien transparentes, et à travers lesquels on voit parfaitement.

Les premiers travaux d’optique pratique visent la mise au point de lentilles et remontent aux anciens Égyptiens, il s’agissait de cristaux polis, en général de quartz :

Certes, il faut de puissants télescopes pour observer les astres modernes, mais quoi qu’il en soit, ces astres modernes sont bien représentés sur le Zodiaque de Denderah.

Même si les astronomes réfutent la théorie des ères, ils n’hésitent pas pourtant à nous donner des chiffres, nous l’avons vu avec le degré converti en années, un degré équivaut précisément à 71,7 ans que l’on arrondit en général à 72 ans, un autre nombre apparaît aussi c’est le fameux « 2160 » ans qui correspondrait à la durée d’une ère, mais ce chiffre, lui n’est pas défendu par les astronomes, pourtant, si on s’en sert, c’est parce qu’on a multiplié une section de 30 ° par 72 ans, ce qui donne 2160 ans, mais nous l’avons vu, le nombre 72 est un nombre arrondi, si on veut être précis, il faut retenir 71,7 ans comme équivalent à 1°, en effet, si on multiplie 30° par 71,7 ans, cela donne 2151 ans.

2160 ans ou 2151 ans ?

On lit souvent qu’une ère a une durée de 2160 ans mais cette durée est approximative, c’est un nombre « arrondi », c’est pourquoi il est important de remettre les pendules à l’heure quand on parle du Temps.

On sait officiellement depuis Hipparque qu’un 1° astronomique équivaut + ou – à « 72 ans » et que la durée d’une ère est de + ou – 2160 ans et qu’une « Grande Année » est de + ou – 26.000 ans.

Ne pourrait on pas être plus précis, surtout quand on traite d’astronomie ?

Prenons le nombre de 26.000 ans ou « Grande Année » :

26.000 ans divisé par 12 ( Ères ) = 2166,6666666666666666666666666667 ce résultat ne correspond plus au nombre tant évoqué de 2160 ans ( et il correspondra encore moins si on se base sur 13 ères si on pense qu’il y a 13 « Signes » ).

Un autre calcul si on se base sur le nombre précis de 360° nous montre encore une erreur quant à la notion de degrés :

360° x 2160 ans : 26000 ans = 29,907692307692307692307692

Un degré n’équivaut pas à 72 ans mais précisément à : 71, 7 ans, car si on multiplie ce nombre d’années qu’est 71,7 ans par 30°, on obtient précisément 2151 ans.

Si on multiplie une ère de 2151 ans par 12 ( Eres ) on obtient : 25812 ans

On peut se fier à ces données, si on reprend le calcul :

360° x 2151 ans : 25812 ans = 30 comme 30°.

Ces calculs nous ont permis donc de définir une fois pour toutes la durée exacte d’une Ère qui équivaut en échelle de temps à une durée précise de 2151 ans.

Nous l’avons vu l’an 0 n’existe pas dans l’Astronomie, les astronomes passent directement de -1 à 1.

Le Point Vernal ou Équinoxe du Printemps se détermine lorsque le Soleil est visible à O° et O heure.

La capture d’écran ci-dessous indique précisément le moment où le Bélier n’est plus « concerné » par le Soleil et montre précisément le lieu où il commencera à être visible dans la Constellation des Poissons, en -139 :

Image

Partant de cette durée précise de 2151 ans et de la capture d’écran du 24 mars -139 à 04h02 : on obtient : -139 + 2151 = l’an 2012, voici la capture d’écran du ciel du 20 Mars 2012 :

Certes, on peut penser que le Soleil est encore visible dans les Poissons mais si on se base sur l’image ci-dessous reprenant la partie du ciel établie par le découpage de l’UAI :

Et qu’on la compare avec la capture d’écran du 20 Mars 2012, on se rend compte que le Soleil ne sera plus visible dans la Constellation des/du Poisson(s), à la fois, grâce au calcul des 30° mais aussi grâce à la délimitation ( virtuelle ) des Constellations établie par l’union Astronomique ou l’UAI ( cliquez sur l’animation ci-dessous, si elle ne s’active pas automatiquement ) :

L’An -139 ou la Précession des Équinoxes :

L’An -139 correspond à la date où l’Astronome Grec Hipparque constata que l’étoile Spica de la Constellation de la Vierge ( la Constellation de la Vierge est précisément à l’opposé direct de la Constellation des Poissons ) s’était décalée de 1° degré par rapport à l’Écliptique selon les observations que l’on avait fait et établit, certains disent que c’est sur base du catalogue d’étoiles de Timocharis d’Alexandrie ( (env -320 à – 260 )

L’An -139, début de la Précession des Équinoxes ou/et de l’Ère des Poissons ? : 

Quittons un instant l’astronomie et plongeons dans nos livres d’histoire pour nous intéresser de près ce qui se passa sur le plan humain pour les personnes qui vivaient en -139.

C’est en l’An -139 que la traduction en grec de la Thora juive fût complètement achevée. Cette traduction fût commandée par Ptolémée II afin que politiquement, le fils du Général de Alexandre le Macédonien, puisse conserver le calme dans la Ville d’Alexandrie dont la population bigarrée recensait un certain nombre de Juifs dont certains furent les esclaves travaillant sur la construction du célèbre Phare ( c’est de ces juifs-là dont parle la Bible dans son chapitre sur la « Fuite hors d’Egypte » car avant les Ptolémées, il n’y a jamais eu d’esclaves juifs en Égypte selon les archéologues ).

Cette traduction référencée de la Thorah fût nommée  « La SEPTANTE » ( en allusion à 70 ou 72, c’est à dire le nombre des traducteurs requis ), fût commandé par un certain Aristée, un noble Juif qui se fît passer pour un Grec afin que la Dynastie Grecque intègre et reconnaisse la culture Juive.

La traduction fût donc terminée en -139 ( année où Hipparque remarque la Précession des Équinoxes …) et elle servit de base de référence à ce qu’on nommera la Bible, quelques siècles plus tard.

Cette traduction combinant la Culture Juive et la Culture Grecque ( notamment dédié à Zeus ), plongea l’Occident dans une spiritualité religieuse qui nous imposa Jupiter alias Zeus le « Dieu des Dieux », en « Dieu Unique »…

La Traduction contenue de références mythologiques grecques fût ensuite traduite en latin,  les Prêtres coiffés de leur mitres ( tête de poisson )

carpe-poisson-mitre

des différents conciles crurent qu’il s’agissait là, de sources divines et en firent la structure de la religion que nous connaissons.

Nous le savons, le Poisson Carpe est un plat traditionnel dans la communauté juive…

Un autre élément figuratif du Poisson est le symbole de rassemblement des premiers chrétiens, à savoir le dessin d’un poisson :

ichtus-poisson

L’ichtus (du grec ancien ΙΧΘΥΣ, qui signifie « poisson ») est un symbole chrétien utilisé du Ier siècle au IVe siècle avant que lors Concile de Nicée qui eut lieu en 325, sous la coupe de l’empereur Romain Constantin devenu le premier Pape Chrétien, fît rédiger le Nouveau Testament avec d’autres symboles chrétien, tel que l’ankh égyptien transformé en croix.

Deux livres préfigurent le Christ et sa Passion sous la forme du Poisson : le Livre de Tobie et le Livre du prophète Jonas (dans l’Ancien Testament). Le «  Signe de Jonas ». Il est aussi fait allusion au poisson abondant comme signe de vie abondante dans le prophète Ezéchiel.

Le poisson est ensuite un symbole important du Nouveau Testament au même titre que le pêcheur : multiplication des pains et des poissons, pêche miraculeuse, poisson pêché par Pierre dans lequel il trouve un statère, poisson grillé de la résurrection (Jean:20).

Les premiers chrétiens persécutés par les autorités romaines l’utilisaient comme code secret pour se reconnaître entre eux.

Le poisson représente aussi l’eau du baptême. Par ailleurs, le mot forme, en grec ancien (langue véhiculaire davantage parlée dans l’Empire romain que le latin), un jeu de mots puisque c’est aussi l’acrostiche du nom attribué à Jésus sur laquelle repose la foi chrétienne.

Christ viendrait donc de Ichtus le Poisson qui fût latinisé en Christus.

Les astronomes devraient donc remettre en question leur point de vue astronomique, en le nuançant, certes, le Zodiaque ou plutôt l’Écliptique ( pour ne pas trop les froisser ) ne peut pas être divisé en 12 à parts égales puisque la taille des constellations varient, mais à moins d’être aveugle, une ère en l’occurrence celle des Poissons, régit bien notre datation calendaire, puisque même les astronomes sont obligés de préciser pour un phénomène astronomique, si il s’agit d’avant ou après J.C. …

Il ne fait aucun doute historiquement parlant, que nous avons bien été régi par l’ère des Poissons par l’entremise de l’Église Catholico-Romaine.

Il est donc temps que nous mettions fin à ce débat stérile soulevé par les astronomes qui persistent à nous rappeler que les Constellations n’occupent pas toutes le même nombre de degrés selon leur tailles et que astronomiquement parlant une ère est « virtuelle » car ne se mesurant pas telle la magnitude d’une étoile ou la masse d’un astre.

Les Catholiques eux, comptent bien à partir de l’An 0 qui est assez proche de Hipparque l’astronome Grec et du Livre de la « Septante », c’est qu’ils tiennent compte à leur manière de la Précession des Équinoxes et du décalage en degrés de l’Étoile Spica appartenant à la Constellation de la Vierge, autre symbole chrétien.

A moins que les Catholiques qui tiennent compte de l’an 0, ne souhaitent qu’ honorer la nomination d’Auguste le Romain à la tête de l’Empire qui en tant que Pater patriae  signifiant « père de la patrie » allait régner en créant les fondations de notre actuelle société ?

Quoi qu’il en soit le début de l’Empire Romain annonce bien la fin de l’Ancienne Égypte, dont Ptolémée XII a été le fossoyeur.

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Si vous souhaitez en savoir plus sur le Zodiaque de Denderah, n’hésitez pas à découvrir l’enquête archéo-égyptologique :

 «Les Voleurs d’Etoiles ou le Secret du Zodiaque de Denderah»

Enquête et analyse illustrée rassemble 1600 pages très documentées.

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